Une organisation saisit la Cour européenne pour retirer les symboles religieux dans les lieux publics
L'organisation juridique chrétienne ADF International a annoncé le 16 janvier intervenir en faveur de la préservation des symboles religieux dans les lieux publics en Grèce. Cette prise de position fait suite à la récente procédure entamée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) visant a examiner si l’affichage d’icônes chrétiennes porte atteinte aux droit à un procès équitable et à la liberté de religion des citoyens.
C'est une procédure qui risque d'avoir des conséquences lourdes pour toute l'Europe : la présence de signes religieux peut-elle altérer l'équité d'un jugement ? L'organisation ADF International a annoncé le 16 janvier venir en aide à la Grèce dans cette affaire et rappelle les enjeux fondamentaux de cette prochaine décision.
L’organisation Union Athée de Grèce a récemment demandé à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) la supression des symboles religieux dans les lieux publics et particulièrement dans les tribunaux. Elle estime que le pays ne dispose d’aucune base juridique permettant l’affichage de ces symboles dans les instances judiciaires et de ce fait ne respecte pas son devoir de neutralité.
L’organisation a ajouté que la majorité des États membres du Conseil de l’Europe n’autorisent pas la présence d’icônes religieuses dans les salles d’audience.
En 2018 et 2019, un recours juridique avait été intenté devant le Conseil d’Etat grec par des citoyens qui ont souhaité faire retirer les symboles chrétiens affichés dans la salle d’audience lors des procès portant sur des questions religieuses. Les requérants soutiennent que leur présence violent l’article 6 et l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme, garantissant respectivement la liberté de religion et le droit à un procès équitable, selon l’organisation de défense juridique chrétienne conservatrice ADF International.
La juridiction du pays a rejeté ces deux demandes, maintenant la présence des symboles religieux, selon le résumé de l’affaire publié par la Cour européenne.
Ainsi, le CEDH a officiellement demandé au gouvernement grec de répondre à trois questions : si la présence de symboles religieux a porté atteinte au droit des citoyens à un tribunal impartial, si elle a constitué une ingérence dans leur liberté de religion, et si cette pratique s’analyse comme une discrimination au regard de l’article 14 de la Convention.
Dans l'examen de l'affaire, ADF International est intervenue afin de soutenir la Grèce, affirmant que le retrait des symboles religieux repose sur une interprétation erronée des droit de l’homme. Selon la conseillère juridique principale de l’organisation, Adina Portaru, la Cour européenne a constamment reconnu le droit des États à refléter leur héritage culturel et religieux dans les espaces publics.
"L’affichage de symboles religieux dans les espaces publics n’est en aucune manière incompatible avec le droit des droits de l’homme. Les espaces publics ne devraient pas être dépouillés de croix, d’icônes ou d’autres symboles ayant une signification religieuse, culturelle et historique au nom du pluralisme."
Dans son mémoire juridique, ADF a indiqué qu’aucune loi ne garantit un droit à ne pas être offensé par des images religieuses et qu’un symbole, à lui seul, ne porte atteinte ni aux convictions ni à l’équité d’une procédure.
Elle souligne également que les symboles religieux sont répandus dans toute l’Europe, citant notamment les crucifix dans les bureaux de l’État italien, les œuvres d’art religieux dans les bâtiments judiciaires en Autriche et en Espagne, ainsi que les croix dans les bâtiments administratifs bavarois. Il fait également référence à des décisions françaises autorisant l’imagerie religieuse lorsqu’elle présente une valeur culturelle ou historique.
Elormise Pierre
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