Depuis le début de l'année, plus de cinquante chrétiens du Yémen ont disparu après avoir été interpellés par les Houthis. Un exemple de la répression de grande ampleur dont est victime cette minorité religieuse.
Cinquante chrétiens ont disparu au Yémen depuis le début de l’année, après avoir été arrêtés par des rebelles Houthis pour des raisons qui demeurent inconnues. Ils sont détenus dans des lieux secrets pour des interrogatoires, plongeant leurs familles dans une profonde inquiétude et les privant de tout recours légal, rapporte Portes Ouvertes (PO).
Ces milices nommées Ansar Allah "les partisans de Dieu" font partie du mouvement politico-religieux et armé originaire du nord du pays. Ils défendent une vision politique opposée au gouvernement yéménite et sont connues pour des violations des droits humains, des restrictions sévères sur les populations civiles dans les zones qu’ils contrôlent.
Au-delà de ces arrestations, la persécution des chrétiens revêt de multiples formes. Ils sont surveillés et suivis, tandis que plusieurs responsables d’église sont menacés, instaurant un climat de peur permanente. Selon des observateurs sur le terrain, la pression exercée sur cette minorité ne cesse de s’intensifier et s’étend progressivement à de nouvelles villes.
"La plupart des personnes avec lesquelles j’étais en contact sont maintenant en prison", a déclaré un partenaire local de PO.
"Celles que nous pouvons encore joindre, nous cherchons comment les aider sans aggraver leur situation."
Pays fracturé
Ces exactions s’inscrivent dans un contexte national particulièrement instable. En effet, le pays est en guerre civile depuis 2014, déchiré par un conflit opposant les rebelles Houthis au gouvernement soutenu par une coalition menée par l’Arabie saoudite. Ce conflit a provoqué l’une des pires crises humanitaires au monde, marquée par la famine, les déplacements massifs de population et l’effondrement des services essentiels.
Par ailleurs, le Yémen demeure une République islamique dont la législation repose sur la charia. Le blasphème et la diffusion d’une foi autre que l’islam sont criminalisés, tandis que l’apostasie est passible de la peine de mort.
Selon l'ONG Portes Ouvertes, "tous les chrétiens sont en danger au Yémen". L'organisation souligne que dans les zones contrôlées par les Houthis, les restrictions contre le christianisme sont particulièrement sévères, rendant toute pratique religieuse presque impossible en raison d’un niveau élevé de surveillance et d’espionnage.
Le Yémen est classé 3ème dans l’Index Mondial des Persécutions des Chrétiens 2026.
Elormise Pierre