Arzoo Raja, enlevée, violée, convertie et mariée de force au Pakistan, va enfin retrouver sa famille

Au Pakistan, la jeune chrétienne a retrouvé sa famille mais l’avocat d’Asia Bibi, Saif ul-Malook, craint que les juges aient « signé son arrêt de mort ».

Arzoo Raja n’avait que 13 ans quand elle a été enlevée au Pakistan, convertie et mariée de force à un musulman, Ali Azhar, âgé de 44 ans. Après une longue bataille judiciaire, cette jeune chrétienne va finalement pouvoir retourner auprès de ses parents.

Les autorités judiciaires pakistanaises avaient d’abord validé ce mariage forcé, à la fin du mois d’octobre 2020. L’ordonnance du tribunal avait alors affirmé que la jeune fille avait “compris et réalisé que l’islam était la religion universelle”. Devant l’élan de protestations soulevées par ce mariage forcé, le juge avait affirmé qu’il fallait désormais cesser de harceler le couple.

Puis, le 9 novembre 2020, la justice avait finalement jugé le mariage d’Arzoo « précoce », et de fait interdit par la loi.

La police avait alors « sauvé la jeune catholique ». À la demande de la Haute Cour du Sindh, les policiers avaient récupéré Arzoo auprès de son ravisseur. Ali Azhar avait alors été placé en détention provisoire, puis libéré sous caution, et mandat d’arrêt avait été émis à l’encontre du mufti qui avait célébré le mariage.

Mais le tribunal n’avait pas autorisé Arzoo à rejoindre sa famille, qui restait alors dans un centre d’accueil. Probablement sous pression, l’adolescente avait refusé de retrouver ses parents. Sa famille avait alors fait part de sa volonté d’en référer à la Cour Suprême.

C’est finalement la Haute Cour du Sindh, qui a rendu la garde d’Arzoo, désormais âgée de 14 ans, à ses parents. Le tribunal avait proposé à la jeune fille de revenir sur son choix de rester dans le centre qui l’accueillait.

Le tribunal a également demandé à Arzoo si elle s’était convertie à l’islam de son plein gré. L’adolescente a répondu par l’affirmative. Elle doit se rendre tous les 3 mois devant un officier de police pour s’assurer de son bon traitement.

Saif ul-Malook, avocat pakistanais connu pour avoir défendu Asia Bibi, s’est exprimé à ce sujet auprès de Morning Star News. Pour lui, les juges ont « signé son arrêt de mort ».

« Je ne comprends pas pourquoi les juges ont dû soulever la question de la conversion alors que l’affaire n’était liée qu’à la demande de la jeune fille de déménager dans le domicile de ses parents. Ils ont signé son arrêt de mort, si vous voulez mon avis. Il n’y a aucune disposition légale qui autorise un SHO [Station House Officer] à convoquer la fille tous les trois mois pour vérifier son bien-être et si elle s’en tient à sa foi musulmane ou non. C’est un jugement absurde. »

Selon l’avocat, la libération sous caution d’Ali Azhar est « un signe qu’il échappera à la punition ».

« Dans cette situation, la seule infraction que l’accusé a commise prima facie est la violation de la loi sur la restriction du mariage des enfants, qui interdit le mariage avant l’âge de 18 ans. Sa libération sous caution est un signe qu’il échappera à la punition. »

Le tribunal a ordonné à Arzoo de ne pas rencontrer Ai Azhar, qui pourrait faire l’objet d’un procès pénal en vertu des lois sur le mariage des enfants et le viol.

M.C.

Crédit image : Morning Star News

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