Au Congo, les évêques s’inquiètent de l’organisation et de la transparence des prochaines élections présidentielles

« Certes les élections sont prévues pour le 21 mars. Toutefois nous avons de sérieuses réserves quant à la possibilité d’organiser des élections présidentielles pacifiques, participatives, transparentes, libres et crédibles dans les conditions actuelles. »

Les prochaines élections présidentielles au Cong-Brazzaville doivent se dérouler le 21 mars prochain, dans un message diffusé mardi 2 février, l’épiscopat du Congo exprime de « sérieuses réserves » sur ce scrutin, dans un message transmis à l’Agence Fides.

« Notre peuple est fatigué de ces élections qui fragilisent la cohésion sociale et entachent l’image de notre pays à l’étranger » écrivent-ils. Interrogé sur RFI, Mgr Victor Abagna Mossa, archevêque d’Owando et porte-parole de la conférence épiscopale congolaise a déclaré que ce message fort de l’épiscopat est une réponse aux plaintes de la population, il affirme aussi que « les congolais ont peur ».

Une peur intensifiée par les mesures mises en place dans le pays à cause de la crise sanitaire qui font craindre aux évêques l’impossibilité « d’organiser des élections présidentielles pacifiques, participatives, transparentes, libres et crédibles dans les conditions actuelles ».

« Certes les élections sont prévues pour le 21 mars. Toutefois nous avons de sérieuses réserves quant à la possibilité d’organiser des élections présidentielles pacifiques, participatives, transparentes, libres et crédibles dans les conditions actuelles. »

« Comment pourrons-nous en effet conserver toutes les mesures de distanciation sociale et tenir également les réunions de masse qu’une campagne électorale libre requiert ? » se demande l’épiscopat, alors que la loi électorale du pays « prévoit que le dépouillement des urnes soit public » et que la nation est soumise à un couve feu à 20 heures.

Les Evêques rappellent également que les élections au Congo ont déjà provoqué par le passé des épisodes de violences. Ils ajoutent qu’actuellement les « Congolais ont de moins en moins foi au système électoral actuel, avec un fichier non maîtrisé, comportant entre autres des personnes décédées, et des institutions chargées des élections dont l’indépendance est encore à démontrer ».

Camille Westphal Perrier

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