Au Liban, les chrétiens tentent de résister à l’exode

Alors que le pays du Cèdre fait face à une des pires crises de son histoire, qui a amené des centaines de milliers de personnes à quitter le pays, les chrétiens font face à un dilemme de taille : fuir ou rester. 

Depuis la double explosion du port de Beyrouth qui a eu lieu l’année dernière, le Liban s’enfonce chaque jour un peu plus dans une crise sans précédent qui pousse de nombreux libanais à fuir leur pays. Des estimations indiquent que 380 000 personnes ont déjà quitté le Liban alors que le pays connaît, ce qui est considéré par la banque Mondiale, comme le pire effondrement économique depuis 150 ans.

Dans ce contexte de crise difficile, les chrétiens libanais sont confrontés à un défi pastoral de taille : faire le choix de rester et d’aider ou de s’échapper pour tenter de construire une vie meilleure ailleurs.

Au Moyen-Orient, le Liban a longtemps fait figure d’exception, les chrétiens y bénéficient d’un pouvoir important et sont bien représentés grâce à un système basé sur des quotas. Toutefois, la société libanaise pour l’éducation et le développement social, estime qu’aujourd’hui « les chrétiens sont plus susceptibles de partir que les autres groupes, d’autant plus qu’ils sont de plus en plus conscients qu’ils deviennent une minorité dans leur propre pays sans espoir d’un avenir meilleur ».

Pourtant, plusieurs pasteurs ont pris position sur ce sujet et encouragent leur communauté à ne pas émigrer, à rester pour porter secours à ceux qui souffrent et pour transmettre le message de l’Evangile.

C’est le cas du pasteur Walid Zailaa, qui estime que la présence des chrétiens « est importante ». « Comment pouvons-nous accomplir la volonté de Dieu si vous n’êtes pas ici ? » a déclaré dans un prêche le pasteur de la Faith Baptist Church de Mansourieh, tout en précisant que c’est le droit des fidèles de « rechercher une vie meilleure » pour eux et pour leurs enfants.

En s’appuyant sur le chapitre 10 du livre d’Esaïe, il présente l’église comme le point de départ de la reconstruction de la nation.

« Dieu ne nous a pas placé ici par accident et nous prépare pour ce qui est nécessaire. »

C’est également le cas de Hikmat Kashouh, pasteur de l’église de la résurrection de Beyrouth qui, dans un prêche récent, a exhorté les fidèles à ne pas émigrer en réaction à la situation, mais plutôt à chercher la volonté de Dieu.

« Demandez-vous d’abord : où puis-je aimer le Seigneur, obéir au Seigneur et servir le Seigneur, moi et ma famille ? »

« En priant fidèlement, nous pouvons prendre des décisions différentes. » affirme le pasteur libanais.

Il continue en affirmant que la croix « nous appelle à souffrir », avant d’encourager les fidèles à inclure dans leur décision l’ensemble de l’église plutôt que d’avoir une vision individuelle. Il ajoute ensuite qu’il n’a pas trouvé de réponse biblique claire quant à la question de l’émigration.

« Si vous décidez de quitter le Liban, nous vous bénissons », a-t-il déclaré « Avec nous ou sans nous, le Seigneur fait paître son église ».

Camille Westphal Perrier

Crédit image : Ben Hardman / Shutterstock.com

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