Au Yémen, un enfant sur deux de moins de 5 ans va souffrir de la famine ou en mourir cette année

Ce sont pas moins de quatre organisations des Nations Unies qui alertent sur la situation dramatique des enfants de moins de 5 ans au Yémen. Dans ce pays, c’est un enfant sur deux de cette tranche d’âge, soit près de 2,3 millions d’enfants de moins de cinq ans, qui devraient souffrir de malnutrition aiguë en 2021.

Ces chiffres proviennent d’un rapport publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Il s’agit selon ses experts de « l’un des niveaux les plus élevés de malnutrition aiguë sévère enregistrés au Yémen depuis l’escalade du conflit, en 2015 ». En cause, des conflits, avec lesquels les familles sont aux prises « depuis trop longtemps », selon le Directeur général de la FAO, Qu Dongyu, mais aussi « certaines menaces apparues plus récemment, telles que la Covid-19 », qui ont aggravé la situation.

Selon Henrietta Fore, Directrice exécutive de l’UNICEF, « cela devrait nous choquer et nous pousser à agir ».

« Le nombre croissant d’enfants qui souffrent de la faim au Yémen devrait nous choquer et nous pousser à agir. Chaque jour que nous passons sans agir, des enfants meurent. Les organisations humanitaires ont besoin de ressources prévisibles d’urgence et d’un accès sans entrave aux populations sur le terrain pour pouvoir sauver des vies. »

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, explique le « cercle vicieux et souvent mortel » de la malnutrition infantile :

« Les maladies et les mauvaises conditions sanitaires sont les principaux facteurs de la malnutrition infantile. Les enfants souffrant de malnutrition sont plus vulnérables face à des maladies telles que la diarrhée, les infections respiratoires et le paludisme, entre autres, qui suscitent une grande inquiétude au Yémen. C’est un cercle vicieux et souvent mortel, mais des interventions simples et relativement peu coûteuses pourraient sauver de nombreuses vies. »

L’organisation Save The Children rapporte le témoignage d’une mère dont le bébé âgé de 4 mois souffre de malnutrition aiguë sévère et de diarrhée.

« J’ai emmené Noor [prénom modifié, NDLR] à l’hôpital. Le médecin lui a prescrit du lait. J’avais l’habitude d’acheter la bouteille de lait pour elle pour 3000 rials yéménites [soit 10 euros, NDLR]. Maintenant, je l’achète pour 4000 rials yéménites [soit 13 euros, NDLR]. Nous souffrons parce que nous n’avons pas les moyens de lui acheter du lait et d’autres [produits]. Nous ne voulons plus vivre [comme ça]. Je suis tellement déprimée. Tous les enfants sont malades. J’ai vraiment perdu espoir. Nous n’avons pas la nourriture nécessaire. Si nous déjeunons, nous ne dînons pas. Parfois, mes enfants dorment sans boire ni manger. »

Le Directeur exécutif du PAM, David Beasley, lance un appel, « si nous agissons maintenant, il sera encore possible de mettre un terme aux souffrances des enfants yéménites ».

M.C.
Crédit image : akramalrasny / Shutterstock.com

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