Aux États-Unis, la Convention baptiste du Sud accepte l’ouverture d’une enquête sur la gestion des abus sexuels

Après trois semaines de réunion, des dizaines de déclarations et des heures de débats, la Convention baptiste du Sud à accepter de se soumettre à une enquête par un tiers sur leur gestion des abus sexuels. 

Le comité exécutif de la Convention baptiste du Sud a voté à 44 contre 31 pour que le privilège avocat client soit levé dans le cadre d’une enquête sur leur gestion des abus sexuels perpétrés au sein de leur dénomination.

Ce vote qui survient après la démission d’une demi-douzaine de membres et après que plusieurs d’entre eux aient changé d’avis en faveur de cette dérogation, a suscité de nombreux échanges houleux.

Christianity Today rapporte le soulagement exprimé à l’issue de cette décision par le président du comité exécutif, Rolland Slade, en charge de superviser les débats. Il a toutefois ajouté vouloir exprimer « son chagrin » pour la conduite affichée par les baptistes du Sud dans ce contexte.

La décision du comité autorise un contrat avec une entreprise indépendante, Guidespot Solutions, chargée d’examiner la façon dont le personnel et les membres de la Convention baptiste du Sud ont répondu aux allégations d’abus et aux victimes de ces abus sur une période de 20 ans. Un rapport qui devrait être rendu public avant la prochaine réunion annuelle de la dénomination en juin 2022.

Les membres du comité opposés à la législation votée mardi craignent qu’une telle transparence ne menace l’entité. Pourtant, cette exigence de renoncer au secret professionnel qui lie un avocat à son client, avait été approuvée en juin par les membres de la Convention lors de sa réunion annuelle. Plusieurs présidents de séminaires et des milliers de pasteurs ont fait pression pour qu’elle soit acceptée.

Selon Jules Woodson, victime d’abus sexuels qui fait partie d’un groupe de survivants de la Convention baptiste du Sud, « c’est un petit pas ». Elle estime qu’il y a encore « un long chemin à parcourir ».

Le fait qu’il ait fallu autant de temps et d’échanges au comité exécutif pour accepter les conditions de l’enquête est un point d’alerte pour la survivante d’abus qui s’inquiète que la dénomination soit divisée sur ce sujet.

Après le vote du comité, le pasteur Ed Litton, président de la Convention baptiste du Sud depuis juin dernier, a déclaré être « reconnaissant » qu’après de « nombreuses semaines de discussions difficiles, l’enquête complète, transparente et sans entrave puisse maintenant commencer », avant de rappeler que cela ne marquait pas la fin, « mais le début du processus ». 

« L’abus sexuel est contraire à l’Évangile du Christ. Il n’a pas sa place dans la Southern Baptist Convention. Et je prie pour que tous les baptistes du Sud restent déterminés dans leur engagement à prévenir les abus, à prendre soin des survivants et à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre en œuvre des réformes. » a-t-il ajouté.

Camille Westphal Perrier

Crédit image : Eric Glenn / Shutterstock.com

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