Burkina Faso : Alors que l’espoir s’amenuise pour huit mineurs portés disparus, l’évêque de Koudougou lance un appel à la prière

Huit mineurs ont disparus sous terre depuis un mois dans une mine de Zinc du Burkina Faso. Alors que les opérations de secours se poursuivent, l’évêque de Koudougou invite à la prière et à la solidarité.

Six Burkinabè, un Zambien et un Tanzanien ont été pris au piège le 16 avril au fond de la mine de Perkoa, exploitée par la compagnie canadienne Trevali Mining, à une centaine de km à l’ouest de Ouagadougou, après des pluies diluviennes qui ont inondé les galeries souterraines où ils travaillaient à 700 mètres sous terre.

Depuis, aucun contact n’a pu être établi avec eux, mais les sauveteurs espèraient encore qu’ils avaient pu s’abriter dans une « chambre de refuge » située à 580 mètres de profondeur, où des kits de survie comprenant de l’eau, de la nourriture et des médicaments, sont habituellement stockés.

Les secouristes ont pu atteindre la chambre mardi, mais l’ont trouvée « vide de toute être humain », a déclaré le ministre des Mines, Jean Alphonse Somé, présent sur les lieux. « C’est une information cruelle que nous portons en nous et que nous avons apporté aux parents des victimes », a-t-il ajouté.

Mais « les recherches ne sont pas finies », a affirmé le ministre. Avec les responsables de la mine, « le gouvernement s’est engagé à poursuivre les opérations de pompage pour regarder plus bas, plus profond sous terre, (voir) si nos frères n’ont pas pu trouver un refuge autre que celui où nous espérions qu’ils se trouvaient », a-t-il dit.

« Il y a encore une autre chambre de refuge plus bas », l’objectif n’étant pas seulement de l’atteindre, mais de pomper toute l’eau qui se trouve dans les galeries souterraines, a précisé M. Somé.

Les sauveteurs s’attèlent sans relâche depuis un mois à pomper les quelques 165 millions de litres d’eau qui ont inondé les galeries.

La prière, « une arme efficace »

Face à ce drame, l’évêque de Koudougou, Mgr Joachim Ouedraogo, invite à la prière.

Vatican News rapporte que le 20 avril dernier, l’évêque a écrit une lettre pastorale pour appeler « la communauté diocésaine à une solidarité spirituelle et humaine » avec les mineurs et leurs familles. Dans cette missive, il demandait notamment de soutenir les efforts des secours par la prière. Un mois plus tard, le religieux renouvelle cet appel, convaincu de la puissance de prière.

« La prière est une arme efficace entre les mains du croyant en toute circonstance, et la solidarité, une manière d’être un bon samaritain pour les personnes affligées », a-t-il affirmé.

Mgr Joachim Ouedraogo estime qu’au niveau local son appel a été entendu, il évoque un élan massif de solidarité.

« Les parents, les adeptes des différentes religions et les autorités de la Région se sont mobilisés dans la prière, le soutien moral aux familles des mineurs et les recherches de solutions à la situation qui devient de plus en plus intenable. »

Toutefois, il regrette que sur le plan international, cette solidarité soit peu exprimée. Il appelle donc « à un renforcement de la solidarité internationale, en particulier au niveau africain » pour aider le pays déjà confronté à de nombreux défis.

« A tous ceux et à toutes celles qui m’écoutent, hommes et femmes de bonne volonté, je les invite à la prière et à la solidarité humaine par des soutiens divers: proximité, compassion et aide en tout genre. »

Le 1er mai, le gouvernement a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « situer toutes les responsabilités », et pris « des mesures conservatoires » pour empêcher les responsables de la mine de quitter le territoire burkinabè.

De leur côté, les familles de six mineurs ont porté « plainte contre x » pour « tentative d’homicide involontaire », « mise en danger de la vie d’autrui » et « non assistance à personne en danger ».

Camille Westphal Perrier (avec AFP)

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