Ces chrétiens qui paient le prix de la persécution au Pakistan

En tant que minorité religieuse, les chrétiens pakistanais souffrent : discrimination, lois sur le blasphème, violence sociale, contrôle des médias… Au-delà des statistiques et des chiffres donnés par les observateurs internationaux, des individus subissent cette pression au quotidien. Des hommes, des femmes, des enfants qui sont pour nous les témoins de la persécution.

Asia Bibi en est peut-être la figure emblématique. Cette mère de 5 enfants subit la réalité des lois sur le blasphème dans ce qu’elle a de plus injuste. En 2009, elle travaille dans les champs. Elle est accusée d’avoir souillé l’eau parce qu’elle a plongé son gobelet dans le seau commun. En tant que chrétienne, elle est considérée comme impure.

C’est sa réaction qui lui vaudra l’accusation de blasphème. Elle assure que Mahomet aurait probablement désapprouvé cette accusation. Blasphème. Elle refuse ensuite de renier sa foi en Jésus. Battue par les villageois, puis immédiatement arrêtée, elle est depuis enfermée dans une prison et risque la pendaison. Elle attend depuis 9 ans le jugement en appel de la Cour Suprême du Pakistan. La communauté internationale se mobilise autour de cette mère de famille. Son cas a encore été rappelé récemment au Conseil des Droits de l’Homme à Genève. Elle s’exprime depuis sa cellule :

« Les mots me manquent pour exprimer ma gratitude, je sais que vous êtes avec moi dans cette situation critique […]. Je sais que vous priez, que vous me soutenez, que vous faites tout votre possible pour me sortir de cette affaire dans laquelle je suis faussement mise en cause. Dieu Tout-Puissant est là pour répondre à vos prières et à tous les efforts que vous faites pour moi et ma famille. »

Comme pour Asia Bibi, c’est sur leur lieu de travail qu’un couple, Shahzad et Shama Masih ont été lynchés et brûlés vifs dans l’usine de briques dans laquelle ils travaillaient. Accusés d’avoir profané le Coran, ils ont été pris à partie par la foule. Leurs enfants se retrouvent orphelins.

Les églises sont également visées dans cette propagande de terreur, comme à Quetta, en décembre 2017. 400 personnes assistaient au culte lorsque 2 kamikazes ont tenté d’y pénétrer. Les forces de l’ordre s’y sont opposées mais un terroriste a réussi à faire exploser sa ceinture à l’entrée de l’église. Neuf fidèles ont été tués.

Les quartiers chrétiens peuvent également être la cible d’attaques. En 2013, une foule de 3000 musulmans avaient incendié près d’une soixantaine de maisons.

Et parfois, au Pakistan, c’est un enfant qui subit les horreurs de la persécution. Une jeune fille vivait dans la campagne au nord de Lahore. 4 familles chrétiennes habitent dans ce village, toutes très pauvres. Elle était partie travailler seule dans les champs. Son père l’accompagnait toujours habituellement. Mais pas ce jour-là. La jeune fille a été prise à partie par un ouvrier, qui l’a attachée, blessée avec une faucille, et violée.

Dans ce contexte et au vue de leurs dernières observations, les Nations Unies appellent l’état pakistanais, à « abroger toutes les dispositions législatives relatives au blasphème » et « faire en sorte que quiconque incite ou se livre à la violence contre autrui […] soit traduit en justice et dûment sanctionné ».

La rédaction

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