« C’est de la triche » : Martina Navratilova s’oppose fermement à la présence de transgenres dans les compétitions féminines

« Les règles concernant les athlètes trans récompensent les tricheurs et punissent les innocents ». Voici le titre du texte de la championne de tennis Martina Navratilova sur le Times du 17 février.

E
t le sous-titre continue de dresser le décor du coup de semonce de Martina Navratilova sur les nouvelles règlementations sportives ouvrant la possibilité aux transgenres de concourir dans les catégories féminines.

« Laisser les hommes rivaliser en tant que femmes, simplement si elles changent de nom et prennent des hormones est injuste. »

Car selon les lignes directrices introduites par le Comité international olympique en 2016 , les hommes transgenres peuvent concourir sans restriction, tandis que les femmes transgenres doivent démontrer que leur niveau de testostérone est en dessous d’un certain seuil depuis au moins un an avant leur première compétition.

Les directives précédentes, approuvées en 2003, exigeaient des athlètes transgenres qu’ils subissent une opération de réassignation, suivie d’au moins deux ans d’hormonothérapie pour pouvoir participer à la compétition.

Mais pour Martina Navratilova,

« Simplement réduire les niveaux d’hormones ne résout pas le problème […] Un homme développe sa densité musculaire et osseuse, ainsi qu’un plus grand nombre de globules rouges porteurs d’oxygène, dès l’enfance. »

La médiatisation des positions de Navratilova a commencé il y a quelques mois, par un tweet de protestation lancé un peu avant Noël. La championne aux 59 titres en Grand Chelem réclamait qu’une norme interdise la possibilité aux transgenres de concourir en compétition aux côtés de femmes.

« Vous ne pouvez pas simplement vous proclamer femme et pouvoir rivaliser avec des femmes. Il doit y avoir certaines normes, et avoir un pénis et rivaliser en tant que femme ne devrait pas correspondre à cette norme. »

Cette déclaration avait bien évidemment suscité un tollé général à laquelle la sportive, ouvertement lesbienne et militante pour les droits LGBT ne s’attendait pas.

Et si Martina Navratilova déclare finalement dans sa récente tribune qu’elle aurait peut-être pu s’exprimer « plus délicatement et moins dogmatiquement », elle ne revient pas sur le fond de ses propos. Bien au contraire, les recherches qu’elle a engagées après le tsunami provoqué par son tweet, n’ont fait que confirmer ses convictions.

Ces derniers mois, l’ex-joueuse de tennis a fait le choix de rester silencieuse le temps de terminer ses recherches sur le sujet, et d’être suffisamment documentée pour s’exprimer. Sortant de son silence sur le Times, elle l’assure, ses « points de vue sont renforcés ».

« En termes simples, un homme peut décider d’être une femme, de prendre des hormones à la demande d’une organisation sportive, de tout gagner et peut-être de gagner une petite fortune, puis d’inverser sa décision […] C’est fou et c’est de la triche. Je suis heureuse de parler à une femme transgenre sous la forme qu’elle préfère, mais je ne serais pas heureuse de lui faire concurrence. Ce ne serait pas juste. »

Le texte de madame Navratilova n’est bien sûr pas resté sans réponse de la communauté Trans. Les représentants de TransActual se sont dits « dévastés de découvrir que Martina Navratilova est transphobe ».

Rachel McKinnon, universitaire et cycliste canadienne, devenue la première athlète transsexuelle à remporter un titre au championnat du monde de cyclisme sur piste, a réagi, déclarant les propos de Martina Navratilova, « troublants, bouleversants, et profondément transphobes ».

Martina Navratilova regrette que la communauté trans peine à s’engager dans des débats contradictoires et argumentés sur ces sujets.

« Ce qui semble être une tendance croissante parmi les activistes transgenres à dénoncer quiconque s’y oppose. »

H.L.

Crédit image : Jimmie48 Photography / Shutterstock.com

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