Clap de fin pour l’Observatoire de la laïcité

Le mandat du président Jean-Louis Bianco et des membres de l’Observatoire de la laïcité s’est terminé dimanche 4 avril au soir. Le travail de cet organisme créé en 2013 a été salué par les acteurs de terrain. 

Créé en 2013 par Jacques Chirac, cette autorité consultative a été mise en place sous François Hollande. Son rôle était de conseiller et de guider le gouvernement en ce qui concerne l’application de la laïcité. Bien qu’administrativement rattaché au premier ministre, l’Observatoire était autonome.

Un Observatoire « n’est plus un outil adapté »

C’est Marlène Schiappa, ministre déléguée chargée de la Citoyenneté qui a rendu officiel la fin de l’organisme mercredi 31 mars dernier au Sénat, lorsqu’elle s’est opposé à un amendement qui voulait inscrire l’Observatoire de la laïcité dans la loi « pour conforter les principes de la République ». Elle a déclaré que « le Premier ministre s’est exprimé publiquement en disant qu’il souhaitait faire évoluer cette structure à l’issue de son mandat », et a donc jugé qu’il n’était « pas opportun de confier de manière pérenne une formation à une structure qui est appelée à évoluer dans le temps, et encore moins d’inscrire cela dans la loi ».

Interrogée à ce propos mardi 6 avril sur France Info, la ministre affirme qu’un Observatoire, « n’est plus un outil adapté ». Marlène Schiappa ajoute qu’elle a proposé au gouvernement de créer à la place « une administration de la laïcité » ainsi qu’un « Haut conseil à la laïcité » rassemblant des avis différents pour créer le débat.

Un « bilan extraordinaire » 

Pour Jean-Louis Bianco, président de l’Observatoire depuis sa création, la fin de ce mandat n’est pas une surprise, « On la voyait venir depuis longtemps » a-t-il déclaré sur France Inter dimanche 4 avril. Il estime que l’Observatoire « dérange » pas mal de gens à cause de son indépendance et fait l’éloge d’un « bilan extraordinaire ».

Sur le site de l’Observatoire sont listées les principales actions mise en place par l’Observatoire de la laïcité parmi lesquelles : la formation et sensibilisation à la laïcité de 350 000 acteurs de terrain, la diffusion de guides pratiques sur la laïcité, l’instauration d’un dialogue constant avec l’ensemble des associations promouvant la laïcité, des cultes, des obédiences maçonniques et des mouvements d’éducation populaire… Ainsi que les vingt principales recommandations de l’organisation, qui propose par exemple d’améliorer le statut des aumôniers, de renforcer l’obligation de transparence et de contrôle de l’origine des financements pour la construction d’un lieu de culte, de renforcer la mixité sociale et scolaire…

Si Jean-Louis Bianco regrette que l’Observatoire n’ait pas assez progressé sur la formation des enseignants, il estime qu’il a su prendre une place importante malgré ses effectifs et son budget limités.

« On n’aurait jamais pu croire qu’un organisme qui venait de nulle part, composé de 4 salariés permanents avec un budget de fonctionnement de 59 000 euros, arriverait à prendre une telle place. »

Un organisme reconnu par les acteurs de terrain

Sut Twitter, Nicolas Cadène rapporteur général de l’Observatoire, a annoncé qu’il lui avait été « demandé d’assurer la poursuite des actions de formation, de service public et d’information de la l’Observatoire de la laïcité jusqu’à ce que le Premier ministre annonce, peut-être d’ici la fin du mois, les annonces définitives du Gouvernement ». Dans cette publication, il est également revenu sur le travail effectué par l’organisme « reconnu par tous les acteurs de terrain », qui est selon lui « un outil très opérationnel ». « Souhaitons qu’il ne soit pas mis fin à un outil qui marche » conclut-il.

Parmi les acteurs de terrain, le Conseil National des évangéliques de France a notamment salué le travail de l’Observatoire de la laïcité sur Twitter, faisant l’éloge de « la neutralité » et de « la pédagogie » de Jean-Louis Bianco et de Nicolas Cadène.

Camille Westphal Perrier

Crédit image : Licence Creative Commons / Wikimedia

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