COP 21 : Sauvegarder la planète, un défi spirituel ?

Evidemment la COP 21 est un évènement politique, mais il y a une dimension individuelle à la COP 21, celle de montrer l’exemple à travers toutes les expositions, les rencontres, les reportages. En même temps, la dimension communautaire qui s’est exprimée dans la COP 21 ou autour via les actions de la société civile, des organisations ou des associations est indissociable de la dimension spirituelle. Car l’homme n’a pas le droit d’asservir, de dominer la terre, il doit l’utiliser et la conserver, en prendre soin, la travailler au sens noble de ce verbe pour le bien commun de l’humanité.

cop-21-5-inside2Les hommes sont en interaction incessante entre eux et avec la nature. En intégrant la dimension spirituelle dans le développement durable, nous pouvons voir sous un jour positif le champ des possibles de l’humanité. Au centre, la notion « d’écologie intégrale » fait penser au « développement intégral », à l’écologie humaine, celle qui prend en compte tout : l’homme dans toutes ses dimensions, la nature dans sa grande variété, l’environnement social, économique sans oublier la dimension spirituelle.

L’écologie et le rapport à la Création prennent une place de plus en plus importante dans la réflexion chrétienne. « Ce qui nous entoure » est précisément le sens du mot « environnement » qui figure dans l’intitulé de l’intervention « religion et environnement » du patriarche orthodoxe Bartholomée Ier de Constantinople donnée à l’Institut Catholique de Paris en 2014.

« Une surexploitation des ressources naturelles reflète non seulement un manque d’intelligence, mais constitue également un grave problème éthique. Face à une telle attitude égoïste, la religion ne peut se taire et s’abstenir de rappeler les vérités éternelles et d’alerter les membres de la société des dangers qu’ils encourent »

La Terre est une maison commune dont l’humanité doit prendre soin, de toute urgence. Le pape François, reprenant les constats des scientifiques et des économistes, n’a pas de mots assez durs pour dresser le triste état de la planète dans son encyclique Laudate Si. Il le fait en liant étroitement dégradations de la nature et dégradations des relations humaines :

« le cri de la terre est aussi le cri des pauvres ».

« Une surexploitation des ressources naturelles reflète non seulement un manque d’intelligence, mais constitue également un grave problème éthique. Face à une telle attitude égoïste, la religion ne peut se taire et s’abstenir de rappeler les vérités éternelles »
Patriarche Bartholomée Ier de Constantinople

Pour cette raison, les évêques de Nouvelle Zélande se sont demandé ce que le commandement « tu ne tueras pas » signifie quand « vingt pour cent de la population mondiale consomment les ressources de telle manière qu’ils volent aux nations pauvres, et aux futures générations, ce dont elles ont besoin pour survivre ». Aujourd’hui croyants et non croyants, nous sommes d’accord de considérer que la terre est essentiellement un héritage commun, une « maison commune » dont les fruits doivent bénéficier à tous. Les dérèglements climatiques liés à l’exploitation des énergies fossiles ne font qu’amplifier les déséquilibres.

Dans un débat passé sur les ondes le 3 décembre 2015, la Radio RCF a réuni trois personnalités un cardinal Mgr Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, un rabbin Haïm Korsia, Grand Rabbin de France et un athée le généticien Axel Kahn afin de parler d’écologie et de la dimension spirituelle en relation avec la sauvegarde de notre planète Terre.

Au lieu d’honorer la planète Terre, elle ne m’intéresse que par l’argent que je vais en pomper. Au lieu de la cultiver, je vais l’exploiter. Nous avons besoin de revenir à une dimension moins consumériste de nos actes et de nos attitudes au quotidien. Car à continuer ainsi à exploiter la terre, nous volons les biens aux pauvres mais aussi à la génération future. Que pourra-t’on conserver de notre Terre, pour nos descendants ? Pour les croyants cela devient une question de fidélité au Créateur, puisque Dieu a créé le monde pour tous. La Terre est essentiellement un héritage commun, dont les fruits doivent bénéficier à tous.

L’air que l’on respire, tout comme la mer et les océans qui nous entourent, sont pour nous la source de vie biologique. S’ils sont souillés ou pollués, notre existence est menacée. Par conséquent la dégradation et la destruction de l’environnement sont une forme de suicide de l’humanité. Des milliers de personnes meurent chaque jour du fait de la pollution, de la dégradation de leur milieu de vie, des accidents technologiques qu’ils soient chimiques, nucléaires ou physiques (rupture de barrage, écroulement de bâtiment, ne respectant pas les normes de construction, etc.) du fait de ne pouvoir accéder à la nourriture pourtant en surproduction. Que faisons-nous du commandement « tu ne tueras pas » ? Sommes-nous inexorablement pris au piège de nos modes de vie et de nos systèmes qui ne cessent d’ignorer les contraintes de la nature ou qui ne respectent pas les hommes ? Devons-nous continuer à gaspiller les ressources alors que d’autres crèvent en ne pouvant y accéder ?

Malheur à ceux qui s’accaparent les richesses ! (Michée 2 v 1à 4) Avec l’exploitation illimitée des ressources, notre monde contemporain est transformé en société de convoitise. Celui-ci ne consiste plus à satisfaire les besoins vitaux de l’homme, mais ses désirs sans cesse grandissants et sans fin que cultive notre société de consommation.

Si nous devons faire attention à la nature, vivre avec elle, celle-ci n’est pas, pour autant, une divinité au-dessus de l’homme. Elle est « mise » à notre disposition, à la disposition de toute l’humanité. L’homme doit passer en premier mais nous devons protéger la nature, sa biodiversité, sa faune, sa flore. Nous devons l’aimer afin que toute la création puisse louer son Créateur. Cette question spirituelle ne peut être dissociée de tout le débat autour des dérèglements de notre planète dus à l’activité humaine, afin que tous puissent vivre dans cette « maison commune » Nous sommes responsables « car l’homme est comme l’arbre des champs » il a des racines dans la terre ; nous sommes liés à la terre mais nous devons nous élever, nos branchages doivent être dans les cieux. Il nous faut faire le lien entre les réalités du monde et une aspiration, une espérance pour notre humanité. Il nous faut être le sel de la terre et la lumière du monde y compris dans ces questions écologiques qui ont toutes une dimension éthique pour respecter l’homme et la nature créés par Dieu.

Nathanaël Bechdolff

La rédaction

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