Covid-19 : Les missionnaires interdits d’accès aux tribus isolées du Brésil car « les conséquences pourraient être génocidaires »

« Si le COVID-19 arrive dans nos villages, les conséquences pourraient être génocidaires. »

La décision est historique. Les missionnaires évangéliques se voient interdire l’accès des populations autochtones de la vallée de Javari au Brésil. Le juge brésilien Fabiano Verli a pris en compte les conséquences potentiellement « génocidaires » de telles actions d’évangélisation pendant la pandémie de coronavirus.

La vallée de Javari compte la plus grande concentration de tribus isolées du monde. L’organisation Univaja, qui cherche à défendre les droits des peuples autochtones de cette vallée, avait intenté un procès contre des organisations missionnaires chrétiennes. Elle avait révélé ses craintes au regard des tentatives de contact des missionnaires qui exposaient « la population indigène à un risque absurde de contamination et dont les effets seront en effet dévastateurs ».

« Si le COVID-19 arrive dans nos villages, les conséquences pourraient être génocidaires. »

Pour Célia Xakriaba, leader autochtone brésilienne, « le coronavirus pourrait signifier l’extermination de ces peuples ».

« Nous sommes particulièrement préoccupés par les peuples non contactés, car le coronavirus pourrait signifier l’extermination de ces peuples. Nous sommes conscients que la pandémie est une crise pour toute l’humanité, mais nous savons que les Brésiliens ne seront pas complètement exterminés. Pour nous, peuples autochtones, elle représente cependant une réelle menace d’extermination. »

Selon Sarah Shenker, de l’organisation Survival International, la vie de ces tribus est également menacée par ceux qui ont envahi leur territoire « pour l’exploitation forestière, minière et agroalimentaire ». À cause de la présence de ces « envahisseurs », « le coronavirus pourrait anéantir des peuples entiers ».

« Si leurs terres sont correctement protégées des étrangers, les peuples non contactés devraient être relativement à l’abri de la pandémie de coronavirus. Mais nombre de leurs territoires sont envahis et volés pour l’exploitation forestière, minière et agroalimentaire avec l’encouragement du président Bolsonaro, qui a pratiquement déclaré la guerre aux peuples autochtones du Brésil. Là où les envahisseurs sont présents, le coronavirus pourrait anéantir des peuples entiers. C’est une question de vie ou de mort. »

Dans ce contexte, mi-avril, le juge Fabiano Verli a décidé d’interdire l’accès des religieux à ces zones pendant la pandémie, quelle que soit l’église liée à cette action.

« Les Indiens non contactés sont particulièrement vulnérables […] Il est extrêmement risqué d’entrer en contact avec eux. »

L’avocat autochtone Elieso Marubo représente Univaja. Il salue cette décision.

« C’est le meilleur résultat possible. La loi devrait s’appliquer de la même manière à tous, et UNIVAJA, qui représente les communautés autochtones de la vallée du Javari, défend le droit de nos peuples à faire leurs propres choix quant à ce qui est le mieux pour eux. J’espère que cette décision rappellera aux chrétiens que la plus grande instruction divine est d’aimer et de respecter les autres ! »

Au Brésil, plus de 63 000 cas de coronavirus ont été confirmés, et près de 4 300 personnes en sont décédées. L’État d’Amazonas fait partie des plus touchés du pays. Le maire de la capitale Manaus parle non plus « d’état d’urgence » mais d’état « de calamité absolue ».

M.C.

Crédit Image : Laszlo Mates / Shutterstock.com

 

 

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