« Dieu me rend heureux », affirme le pape François

Le pape François a récemment accordé une interview au magazine catholique America. Au cours de cette rencontre, François a déclaré que sa joie venait du Seigneur, avant de s’attarder sur différents sujets tels que le droit à l’avortement, les abus sexuels dans l’église ou encore, la guerre en Ukraine. 

Le magazine catholique américain America a publié lundi 28 novembre un entretien avec le pape François. Une première pour le pontife argentin, qui n’a jamais accordé d’interview à un journal américain auparavant.

Au début de l’entretien, le journaliste américain questionne le pape sur ce qui le rend « aussi joyeux », affirmant que ce qui interpelle les lecteurs de son magazine c’est de voir la nature joyeuse du chef de l’Eglise catholique, en toutes circonstances. François répond qu’il aime être entouré, affirmant qu’être avec des gens lui a toujours procuré une grande joie, mais pointe surtout vers Dieu.

Il ajoute en effet que ce qui le rend surtout heureux, c’est d’avoir l’assurance que Dieu est « à ses côtés ».

« Mais je ne dirais pas que je suis heureux parce que je suis en bonne santé, ou parce que je mange bien, ou parce que je dors bien, ou parce que je prie beaucoup. Je suis heureux parce que je me sens heureux, Dieu me rend heureux. (…) Tout au long de ma vie, il m’a toujours guidé sur son chemin, parfois dans des moments difficiles, mais il y a toujours l’assurance qu’on ne marche pas seul. J’ai cette assurance. Il est toujours à mes côtés. »

François s’est ensuite attardé sur la question des abus sexuels dans l’église. Il a notamment souligné que l’église assume la responsabilité « de son propre péché », et tente d’aller de l’avant en tant que « pécheurs, confiants dans la miséricorde de Dieu ».

« Que doit faire l’église alors ? Continuez d’avancer avec sérieux et avec honte. »

Le pontife a également évoqué le sujet de l’avortement qui fait actuellement débat aux États-Unis.

« Il y a un être humain vivant. Je ne dis pas une personne, car cela se discute, mais un être humain vivant. Et je soulève deux questions : est-il juste de se débarrasser d’un être humain pour résoudre un problème ? Deuxième question : est-il juste d’engager un ‘tueur à gages’ pour résoudre un problème ? Le problème se pose lorsque cette réalité de tuer un être humain se transforme en question politique. »

Le pape a notamment souligné que quelle que soit la question posée, qu’il s’agisse de l’avortement ou d’un autre sujet, « il ne faut pas perdre de vue la dimension pastorale ».

Lors de cet entretien, le pontife argentin a aussi abordé la question de la guerre en Ukraine. Il a une nouvelle fois insisté sur le fait que l’ouverture au dialogue est la meilleure voie à suivre, avant de dénoncer les « cruautés » dont est victime le peuple ukrainien.

« Quand je parle de l’Ukraine, je parle d’un peuple martyrisé. Si vous avez un peuple martyr, vous avez quelqu’un qui le martyrise. Quand je parle de l’Ukraine, je parle de la cruauté parce que j’ai beaucoup d’informations sur la cruauté des troupes qui arrivent. Généralement, les plus cruels sont peut-être ceux qui sont de Russie mais qui ne sont pas de tradition russe, comme les Tchétchènes, les Bouriates et ainsi de suite. »

« Pourquoi est-ce que je ne nomme pas Poutine ? Parce que ce n’est pas nécessaire, c’est déjà connu. Cependant, parfois, les gens s’accrochent à un détail. Tout le monde connaît ma position, avec ou sans Poutine, sans mentionner son nom », a ajouté François..

En conclusion de ce long entretien, le journaliste lui a demandé ce qu’il aurait fait différemment s’il pouvait changer quelque chose. En « riant », François a déclaré qu’il ferait tout différemment s’il le pouvait mais qu’il avait essayé d’être à l’écoute du Saint-Esprit.

« Tout ! Tout ! Je ferai tout différemment ! Cependant, j’ai fait ce que le Saint-Esprit me disait de faire. Et quand je ne l’ai pas fait, je considère que c’est une erreur. »

Salma El Monser

Crédit image : Shutterstock/ Giulio napolitano

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