D’officier de l’armée nord-coréenne à passeur clandestin de Bibles, l’inimaginable histoire de Kim Yong-Hwa

Il a fui la Corée du Nord après avoir été jugé « déloyal ». Sa famille a été tuée. Son bébé a été battu. Mais dans son exil, il a découvert la Bible. Il est désormais aux côtés des victimes du régime nord-coréen.

Kim Yong-Hwa est ce qu’on appelle un transfuge. C’est pour se suicider loin des regards qu’il a fui le régime dictatorial nord-coréen. Les suites de cette décision sont incroyables. Il a été invité à Washington pour partager son histoire lors de la 16ème Semaine de la Liberté en Corée du Nord. Le Christian Post retrace son inimaginable parcours.

Kim est un ancien officier de l’armée nord-coréenne. Il était responsable de la sécurité des chemins de fer. Mais en juillet 1988, un train militaire en provenance de Russie déraille. Pour le Régime, Kim est « déloyal » et à ce titre il doit être exécuté. Un ami le prévient à temps. Il décide de partir en Chine et se tirer une balle dans un endroit où personne ne le retrouverait afin de protéger sa famille.

« La décision du régime nord-coréen, il n’y a aucun moyen de l’éviter, une fois qu’elle a été prise. Même si vous vous échappez, vous êtes également considéré comme un traître. De plus, se suicider est aussi déloyal (ce qui pourrait entraîner la persécution de membres de la famille). Donc, je voulais vraiment aller dans un endroit où personne ne pouvait me voir parce que je voulais me tirer une balle. »

Il apprendra plus tard que cette décision n’a pas sauvé sa famille :

« J’ai quitté mon épouse, mon enfant de 9 ans et mon bébé de 6 mois au moment de la défection. Après la défection en Corée du Nord, les autorités nord-coréennes ont appelé mes enfants ‘la graine du traître national’, et a non seulement transformé mon bébé de 6 mois en handicapé en lui tamponnant son tibia, mais a également tué tout le reste de ma famille. »

Kim fuit donc la Corée du Nord, et traverse la rivière Amnok pour se rendre en Chine. Il entend alors une émission de radio sud coréenne qui traite de la défection de la famille nord-coréenne de Kim Man-Chul.

« Cela faisait partie de l’actualité nord-coréenne. Donc, je savais qu’à cause de la nouvelle que j’ai lue, Man-chul Kim était mort. Mais parce qu’il apparaît à cette émission, il s’agit soit d’une tromperie, soit d’un mensonge du sud-coréen ou du nord-coréen. J’étais un peu confus. »

C’est là que Kim commence à remettre en question le régime nord-coréen. Il comprend qu’il a été trompé. Il se rend à pied jusqu’au Vietnam. Puis, alors qu’il souhaite prendre un bateau pour se rendre en Corée du Sud, l’ambassade de Corée du Nord l’interpelle :

« L’ambassade de Corée du Nord est venue me contrôler et m’a identifiée. Il ne me restait que trois jours avant mon rapatriement. J’ai donc frappé la police vietnamienne avec un plateau de nourriture, puis je l’ai battue. »

Il est condamné à 2 ans en prison. Là, un interprète lui donne une Bible. Il lui affirme qu’il ne peut pas « faire de miracles » là est la vérité ».

« Il m’a donné la Bible et je la lisais. Même si j’étais toujours seul, je pouvais maintenant au moins communiquer verbalement, murmurer à quelqu’un. Je demandais à Dieu de me sauver. »

Après 1 an et 9 mois, il s’échappe, rejoint l’ambassade de Corée du Sud qui lui fournit des vêtements et une aide financière. Il se rend au Laos où il sera capturé, en 1992. Après plus d’un an, il s’évade à nouveau et retourne en Chine. En 1995, il prend le bateau vers la Corée du Sud. Là-bas, on l’accuse d’être un espion nord-coréen. Il restera 2 nouvelles années en prison avant de s’enfuir au Japon. Considéré comme un espion international, il restera dans un camp de prisonnier pendant 3 ans.

C’est en 2001 qu’il retournera finalement en Corée du Sud. En 2005, suite à l’annonce de la mort d’une transfuge dans la province de Gangwon en Corée du Sud, il fonde l’Association des Droits de l’Homme et des Réfugiés de Corée du Nord.

« En Corée du Sud, il existe une loi de protection contre les animaux. Les chiens sont protégés avec dignité. Mais les transfuges nord-coréens et les adolescents et les mineurs ne sont pas protégés. »

Il est aujourd’hui impliqué dans la défense de la libération de 7 transfuges nord-coréens qui risquent selon Kim « d’être exécutés dans un camp de prisonniers politiques ». Phil Robertson, le directeur adjoint de la division Asie de Human Right Watch, affirme :

« La Chine ne devrait pas renvoyer ces sept personnes en Corée du Nord, où elles risquent la torture, la violence sexuelle, le travail forcé et d’autres horreurs »

Parmi ces 7 personnes accusées de défection, une fillette de 9 ans, et deux adolescents.

Kim Yong-Hwa place son espoir en Dieu. Il disait à Wendy Wright, de Christian Freedom International :

« La chose que les officiels nord-coréens craignent le plus, c’est la religion. Si le christianisme se propage, le système va changer. »

Kim continue de dénoncer « le monde d’esclavage et de dictature » qu’est la Corée du Nord. Il vient en aide à ceux qui s’évadent et fait passer clandestinement des Bibles en Corée du Nord.

M.C.

Crédit Image : Astrelok / Shutterstock.com

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