Éclairages chrétiens (surtout), juifs anciens et modernes sur l’homosexualité

Il convient d’accompagner cet article de quelques mots d’avertissement. Le but de ce travail est de démontrer combien, dans le débat sur l’homosexualité dans le cadre de l’église, l’argument de la culture, utilisé par ceux qui sont « pour », ne tient tout simplement pas en présentant des éclairages « contre » regroupés en trois dossiers allant du 2e siècle av. J.-C. jusqu’à nos jours : intertestamentaire (majoritairement juifs), patristique et théologique moderne et contemporain (Luther, Calvin, les théologiens protestants majeurs du 20e siècle, synode des évêques catholiques, etc. – nous pourrions constituer un dossier pour le Moyen Âge dans le futur).

Le choix de ces périodes et de ces textes provient de notre volonté d’apporter un éclairage nouveau sur la question. En effet, tout le monde connaît d’ores et déjà les textes bibliques traitant directement du sujet et sait que, du reste, la Bible entière est « hétérosexuée » de la Genèse à l’Apocalypse (même les relations de Dieu avec l’homme et de Christ avec l’Église sont décrites exclusivement en termes hétérosexués).

Un autre de nos buts, souhaits est que cet article soit utilisé à l’avenir par les chrétiens et les églises afin de défendre leurs positions « contre », seule position tenable pour un véritable chrétien né de nouveau, par rapport à l’homosexualité encore plus efficacement, éclairages historiques multiples et variés à l’appui.

Les résultats de nos recherches sont étonnants et sans appel, et l’on y trouvera des chrétiens/théologiens presque en désaccord sur tout sauf sur le statut de l’homosexualité dans la chrétienté (et dans les judaïsmes). En deux mots comme en cent : c’est un péché contre-nature pour le chrétien.

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Note : la procréation n’est pas une nécessité aveugle, mais elle constitue l’horizon vers lequel tend et par lequel se comprend une relation d’amour véritable, l’amour d’un homme et d’une femme débordant, se concrétisant en un troisième être, fruit extraordinaire de leur amour.

Cependant, le lecteur doit prendre acte de la violence de certains de ces propos historiques (p.e. le philosophe juif Philon d’Alexandrie) et les repenser dans leurs contextes respectifs et comme liés à ceux qui les ont écrits. Le chrétien doit faire preuve de la plus grande prudence et distanciation critique par rapport à ces témoignages et surtout l’usage qu’il en fait. On ne le répétera jamais assez : la personne à orientation homosexuelle est  notre « prochain » aimé de Dieu, image de Dieu et empreinte à ce titre d’une dignité inaltérable, elle mérite le plus grand respect et le plus sincère des amours et des accueils dans les églises qui se revendiquent en Esprit et en vérité de l’héritage de Jésus-Christ, Parole de libération des logiques humaines de haine et de rejet, Parole d’amour et de délivrance pour tous (cela dit, dans le climat idéologique puérile qui croit fermement que l’on ne peut pas aimer quelqu’un et l’appeler à changer d’attitude en même temps, soyons encore plus clair : je donnerais ma propre vie, je mourrais littéralement pour une personne homosexuelle si elle était en danger… Premièrement, parce que je l’aime en tant que mon prochain et deuxièmement, parce qu’elle a besoin d’entendre la bonne nouvelle de l’évangile et d’être transformée et amenée aux pieds de son sauveur, Jésus, grâce dans laquelle je suis déjà pour ma part).

Je vous invite à présent à consulter à votre aise les trois dossiers. Si vous n’avez pas beaucoup de temps devant vous, je vous enjoins tout particulièrement à lire les témoignages VI et VII du premier dossier, VII et VIII du deuxième dossier et VI (à lire impérativement) du troisième dossier.

Premier dossier – Éclairages intertestamentaires (majoritairement juifs) [du 2e siècle av. J.C. au 1er siècle ap.]  :

I. Sagesse de Salomon 14, 26 [terminus post quem : 50 av. J.-C.] 
« Confusion des valeurs, oubli des bienfaits, souillure des âmes, inversion sexuelle, anarchie des mariages, adultère et débauche. »
II. Jubilés 16, 5-6 [terminus ante quem 100 av. J.-C.]
« Le même mois, le Seigneur exécuta le jugement sur Sodome, Gomorrhe, Seboyim et tous les environs du Jourdain. Il les brûla […] en tant que pervers et grands coupables (qui) se souillaient, forniquaient de leur chair et pratiquaient l’impureté sur la terre. De la même manière le Seigneur exécutera le jugement sur les lieux où l’on pratique la même impureté que Sodome, comme Il l’a fait à Sodome. »
III. Oracles sibyllins 4, 24-33 [date incertaine, du 2e siècle av. J.-C. au 1er avant]
« Heureux seront sur la terre ceux des hommes qui aimeront le grand Dieu, […]. Eux, ils n’auront d’égard que pour la grande gloire du Dieu unique. […] Ils n’outrageront pas la nature par l’odieux, le haïssable amour masculin. »
IV. Testament de Nephtali 3, 4-5 [date incertaine, du 2e siècle av. J.-C. au 1er ap.]
« Mais vous, mes enfants, n’agissez pas de la sorte ; reconnaissez dans le firmament, la terre, la mer, et dans toutes Ses œuvres, le Seigneur qui a fait l’univers, pour ne pas devenir comme Sodome, qui a changé son ordre naturel. »
V. Testament de Benjamin 9, 1  [date incertaine, du 2e siècle av. J.-C. au 1er ap.]
« Je soupçonne qu’il y aura parmi vous des agissements peu louables, selon les paroles d’Hénoch, le juste ; car vous vous adonnerez à la luxure, comme les habitants de Sodome ; vous périrez, à l’exception de quelques-uns, et vous reviendrez à vos passions pour les femmes. Mais le royaume du Seigneur ne vous appartiendra pas, car il le reprendra aussitôt. »
VI. Philon [25 av. J.-C. – 50 ap.] – De Spec. Leg. III, 37-42
« Mais, telle une bande avinée, un vice bien plus grand que celui dont je viens de parler a fait irruption dans les cités : c’est la pédérastie, dont le nom même était réprouvé autrefois et dont se vantent aujourd’hui non seulement ses partisans actifs, mais également les partenaires passifs de ces derniers. Habitués à souffrir d’une maladie féminisante, ces personnages assistent à la dissolution de leur âme et de leur corps sans laisser couver sous la cendre le moindre tison de virilité.

Quelle manière provocante de friser et d’ordonner leur chevelure, de se frotter et de se peindre le visage au moyen de crèmes, de fards et de produits similaires, d’enduire leurs lèvres d’onguents parfumés – car le plus propre à séduire de tous les artifices, c’est la recherche en matière de parfums, qu’on trouve chez tous ceux qui s’étudient à l’élégance – ! Et ils ne rougissent pas de transformer par un comportement artificiel la nature mâle en nature femelle. Ces personnes méritent qu’on brûle de faire couler leur sang en obéissant à la Loi, qui ordonne de tuer impunément l’inverti qui falsifie l’estampille de la Nature, sans le laisser vivre un jour ni même une heure, puisqu’il est son propre opprobre, celui de sa famille, de sa patrie et de tout le genre humain.

Mais que le pédéraste sache qu’il encourt la même peine, puisqu’il poursuit le plaisir contre-nature, puisque, pour la part qui lui incombe, il s’efforce de rendre les villes désertes et vides d’habitants en détruisant ses germes générateurs, puisqu’en outre il ne dédaigne pas de devenir maître et docteur des plus grands maux, la dévirilisation et la mollesse, en sophistiquant les jeunes gens et en efféminant la fleur de leur âge radieux qu’il aurait fallu préparer à la vaillance et à l’énergie, et puisqu’enfin, tel un mauvais laboureur, il laisse en friche les terres profondes et fertiles que ses artifices rendent stériles, pour s’acharner jour et nuit sur des terres qui ne lui promettent absolument aucun rejeton.

La responsabilité en incombe, je crois, aux récompenses qui sont réservées, chez bien des peuples, à l’incontinence et à la mollesse. Les voit-on assez, les invertis, fendre à chaque instant la foule de la grande place, ouvrir la marche, les jours de fête, participer aux repas sacrés, eux les sacrilèges, présider aux mystères et aux initiations, et célébrer les fêtes de Déméter ! Quant à ceux qui, dans le désir de prolonger leur belle adolescence, ont aspiré à se transformer complètement en femmes et se sont coupés les organes génitaux, ils s’avancent, vêtus de pourpre, au milieu d’une escorte, comme les grands bienfaiteurs de la patrie, attirant ainsi les regards des passants.

Mais si on s’indignait autant que notre Législateur contre les hommes qui osent de si grands forfaits, si on les exterminait sans merci en tant que malédictions et souillures de la collectivité nationale, bien d’autres criminels reviendraient à la raison. Car les châtiments impitoyables infligés dans les cas précédents ont pour effet de faire reculer de manière appréciable les partisans de pareilles pratiques. »

VII. Flavius Josèphe [37 ap. J.-C. – 100 ap.] – Contre Apion II, 199
« Quelles sont maintenant les prescriptions relatives au mariage ? La loi ne connaît qu’une seule union, l’union naturelle avec la femme, et seulement si elle doit avoir pour but de procréer. Elle a en horreur l’union entre mâles et punit de mort ceux qui l’entreprennent. »

Deuxième dossier – Éclairages patristiques [du 1er siècle ap. J.-C. au 5e siècle ap.] :

I. La doctrine des douze apôtres 2, 2 [fin du 1er siècle ap. J.-C.]
« Tu ne tueras pas, tu ne commettras pas l’adultère et tu éviteras la pédérastie [παιδοφθορέω], la fornication, le vol, la magie et la sorcellerie, tu ne tueras pas l’enfant par avortement et tu ne le feras pas mourir après la naissance. »
II. Justin Martyr [100 – 165 ap. J.-C.] – Apologie pour les chrétiens 27, 1-4
« Quant à nous, pour nous garder de toute injustice et de toute impiété, nous avons appris qu’il est criminel d’exposer les nouveau-nés, d’abord parce que nous les voyons presque tous, non seulement les filles mais aussi les garçons, prendre le chemin de la prostitution.

Et de même que les Anciens, à ce que l’on dit, élevaient des troupeaux de bœufs, de chèvres, de moutons ou de chevaux, ainsi, de nos jours, on élève des enfants, uniquement pour les vouer à la débauche et de même, dans toutes les nations, on tient en réserve en vue de ces turpitudes une foule d’efféminés, d’androgynes et de gens préparés à commettre toutes les infamies, sur lesquels vous percevez des redevances, des impôts et des taxes, alors qu’il faudrait les extirper de votre empire.

De plus, parmi ceux qui se livrent à ces débauches, outre le fait qu’il s’agit d’unions sacrilèges, impies et abjectes, peut-être s’en trouve-t-il qui abusent d’un enfant, d’un parent, d’un frère. Certains vont jusqu’à prostituer leurs propres enfants et leurs épouses, d’autres se font mutiler manifestement à des fins de débauche [contre nature – κιναιδεία], et ils font remonter l’origine de ces mystères à la mère des dieux […]. »

III. Tertullien [155 – 240 ap. J.-C.] – La pudicité I, IV, 5
« [Ayant fini de parler de l’adultère et de la fornication] Quant aux autres débordements impies de la volupté, commis sur le corps et les sexes en violation des droits de la nature, nous les écartons non seulement du seuil de l’église mais de tout son édifice, car il ne s’agit plus de péchés mais de monstruosités. »
IV. Origène [184/185 – 253/254 ap. J.-C.] – Contre Celse IV, VII, 49
« […] l’on peut trouver chez eux [chrétiens à l’intelligence simple] un degré de sérieux et de pureté, une innocence de mœurs et une simplicité souvent supérieure, que n’ont pas atteints ceux ‘qui affirment être sages’ et se vautrent dans l’immoralité avec des enfants, ‘perpétrant l’infamie d’homme à homme’ [Rm 1, 27]. »
V. Cyprien de Carthage [200 – 258 ap. J.-C.] – À Donat
À Donat 8

« […] on émascule les mâles, tout ce qui fait l’honneur du sexe, on l’affaiblit, déshonorant un corps sans nerf, et sur ce point plaît davantage quiconque a plus mutilé sa virilité en femme. »

À Donat 9

« Oh ! Si tu pouvais aussi, établi sur cet observatoire élevé, glisser tes yeux dans les endroits cachés, ouvrir les portes fermées des chambres et dévoiler à tes regards le secret des alcôves ! Tu verrais des débauchés faire ce que ne peut même pas regarder un œil chaste, tu verrais ce dont la vue seule est une faute, tu verrais ce que, dans la frénésie du vice, des gens sans raison déclarent ne pas avoir fait et se hâtent de faire. Une passion monstrueuse précipite des hommes sur des hommes. »

VI. Eusèbe de Césarée [260/265 – 339/340 ap. J.-C.] – Proof of the Gospel 4, 10
« Ayant interdit tout mariage contre nature, et toute pratique impropre, et l’union de femmes avec des femmes et d’hommes avec des hommes, Dieu ajoute : « Ne vous souillez pas avec l’une de ces choses. » [Lev. 18:24–25] »
VII. Jean Chrysostome [349 – 407 ap. J.-C.] – Homélie sur Tite V, 4
« De leur côté, les Sodomites n’ont péri que pour avoir outragé la nature par de brutales amours. […] Ô vous qui renversez toutes choses, qui vous unissez à des hommes qui vous tiennent lieu de femmes, […] c’est bien là l’œuvre du diable, que de tout confondre et bouleverser, que de s’attaquer à l’ordre établi dès le commencement du monde, que de changer les lois données par Dieu même à la nature. »
VIII. Augustin d’Hippone [354 à 430 ap. J.-C.] – Les confessions 3, 8, 15
« En conséquence les crimes contre nature méritent partout et toujours détestation et châtiment comme il advint des Sodomites. Quand tous les peuples le commettraient, ils tomberaient, reprochables au même titre sous le coup de la loi divine qui n’a pas fait les hommes à un tel usage. De fait, c’est enfreindre l’ordre social requis entre Dieu et nous que de souiller l’institution naturelle, œuvre de Dieu, par un pervertissement de la débauche. »

 Troisième dossier – Éclairages modernes et contemporains [du 15e siècle ap. J.-C. au 21e siècle ap.] :

I. Martin Luther [1483-1546] – Commentaire sur la Genèse
« La conduite odieuse du peuple de Sodome est extraordinaire dans la mesure où ils ont quitté la passion et le désir naturels du mâle pour la femelle qui ont été implantés dans la nature par Dieu, et ont désiré ce qui est tout à fait contre nature. »
II. Jean Calvin [1509-1564] – Commentaire sur l’épître aux Romains
« [Commentant Rom 1, 27] Premièrement, il [Paul] en allègue un exemple en cette vilenie horrible de paillardise contre nature. D’où il apparaît que non seulement ils se sont prostitués en des concupiscences brutales, mais se sont débordés plus que les bêtes, vu qu’ils ont renversé tout l’ordre de la nature. […]. »
III. Karl Barth [1886-1968] – Dogmatique
« Mais ni l’homme ni la femme ne sauraient vraiment prétendre exister « chacun pour soi » […]. L’homosexualité est une maladie – physique, psychique, sociale ; elle marque l’apparition de la perversion, de la décadence et de la décomposition qui se produisent lorsque l’homme ne veut pas reconnaître l’autorité du commandement de Dieu sous l’aspect particulier qu’il revêt ici [par rapport au mariage]. […]

Il ne reste plus dès lors que la convoitise perverse, dont l’aboutissement est une relation sexuelle qui n’en est pas une et ne peut en être une, mais grâce à laquelle l’homme croit devoir chercher et pouvoir trouver malgré tout chez l’homme, et la femme chez la femme, comme un substitut du partenaire que l’on a dédaigné et refusé. Tout cela, sans doute, en flagrante contradiction avec le commandement de Dieu ! […] Il faut que la connaissance du commandement de Dieu intervienne dès le début, pour couper le mal à sa racine. […]

C’est ici donc que chacun doit faire preuve de vigilance pour soi-même et dans ses rapports avec autrui ; c’est ici, en un mot, qu’il faut craindre et s’effrayer, réfléchir et voir clair, protester, avertir et se convertir. Le commandement de Dieu – se dressant contre nos propres découvertes – révèle à chacun qu’il ne peut être authentiquement humain qu’en relation avec l’autre sexe : l’homme avec la femme et la femme avec l’homme. »

IV. Emil Brunner [1889-1966] – Dogmatique
« ‘Il les créa homme et femme’, ainsi lit-on en contexte direct avec la parole fondamentale : Dieu créa l’homme à son image. […] Aussi, en principe, l’homme n’est pas créé comme un, comme être solitaire, mais comme être à ‘deux’. Pas simplement comme deux êtres humains, mais comme deux appartenant nécessairement l’un à l’autre, destinés et orientés, conformément à la création, pour être ensemble, comme deux êtres ne pouvant être l’un sans l’autre. […]

À ce fait de la double sexualité, conforme à la création, s’oppose dans l’univers tout entier le mythe de l’être androgyne. […] Il appartient à la pensée platonicienne, tout comme la polarité sexuelle appartient à la pensée chrétienne. […] L’amour sexuel, l’amour entre homme et femme est la forme éphémère qui met en possession de l’amour véritable, de l’agapé […]. »

V. Dietrich Bonhoeffer [1906-1945] – Éthique
« Le mariage existait avant que toute autre organisation sociale ne se soit formée. […] À sa base, il y a l’unité de l’homme et de la femme, non le but de reproduction. La femme est donnée à l’homme comme une « compagne semblable à lui » (Gen. 2, 18) et « les deux ne seront qu’une seule chair » (Gen. 2, 24). La fécondité de cette union n’est pas un ordre […], mais une bénédiction divine (Gen. 1, 28). »
VI. Jacques Ellul [1912-1994] – Les Combats de la liberté
« Nous vivons donc aujourd’hui dans une société qui a pleinement acquis la liberté en matière sexuelle : adultère, ‘amour’ en multicouples, pédérastie, sodomie, saphisme, pédophilie, polygamie ou polyandrie, polyvalence sexuelle, tout est permis, acquis ; […] On peut seulement remarquer que le laisser-aller sexuel a toujours coïncidé avec des périodes de déclin, de tendance à l’effondrement d’une société lorsque celle-ci est passée du stade répressif au stade laxiste.

Ce thème de la ‘perversion’ sexuelle est un des signes de l’anomie dans laquelle nous vivons dans cette société. Toute non-acception est accusée de racisme, de discrimination, de dictature et de moralismeOr je maintiens qu’il y a là seulement l’attestation que notre société ne connaît plus aucune morale, aucune éthique, que les chrétiens ont perdu le sens et le fondement de l’éthique biblique, et que nous sommes dans l’ère prophétisée où on appelle le bien, mal, et le mal, bien (Ésaïe 5, 20). […] Que ces déformations sexuelles sont l’expression du péché, un point c’est tout. […] j’ai employé volontairement le mot de pédérastie au lieu de celui, noble, d’homophilie. J’ai parlé de ‘perversion’ et de ‘péché’ […].

Car le point critique est celui non pas de l’acte mais de sa justification et de sa glorification. Qu’un homme soit pédéraste, hélas. Mais qu’il se glorifie de l’être, qu’il veuille faire école, qu’il entraîne des jeunes, qu’il se présente comme une espèce de miles gloriosus du combat contre les préjugés, les faux tabous, et pour la liberté. Alors non et absolument non ! Or c’est de cela qu’il est question aujourd’hui. […] l’apparition de cette foule, qui prétend avoir ‘droit’ à l’homosexualité, qui veut que l’Église célèbre des mariages d’homo, […] ceux qui s’organisent en associations triomphales pour exalter leur médiocre sexualité, tous ceux-là qui sont seulement un courant sociologique et qui se prétendent ‘libérés’, supérieurs, affranchis, et qui se glorifient, tous ceux-là doivent se heurter à un refus radical et à une dénonciation sans bavure de la part des chrétiens.

Ce qui n’est pas acceptable, c’est le pansexualisme, qui a triomphé en ce temps. […] En face de cette situation, nous rencontrons les exclusions, les condamnations radicales de la BibleCondamnations absolues de l’adultère, absolue de l’homosexualitéabsolue de la sodomie […]. La manière habituelle pour évacuer ces interdits et ces condamnations est toujours la même : ce sont des affaires purement culturelles. […] Eh bien, il faut dire que ce discours est fait d’un ensemble d’erreurs et d’ignorances. Tout d’abord, en ce qui concerne les mœurs sexuelles du temps d’Israël […]. Ainsi lorsqu’Israël porte ses condamnations sur toutes ces pratiques, il ne reflète nullement la culture ambiante, au contraire, il entre en guerre contre elle. […]

Eh bien l’inceste, l’adultère, l’homosexualité, la pédophilie… ce ne sont en rien des ‘libérations’ mais toujours des destructions de soi et des autres, des accumulations de souffrances et de mensonges, pour le plaisir, c’est exact. Le plaisir vaut-il ce prix ? […] Et maintenant, passons à Paul (et aux autres textes du Nouveau Testament). […] à l’époque du début du christianisme, la combinaison entre le monde hellénistique et le monde romain avait produit un prodigieux laxisme sexuel, comme probablement on n’en a jamais connu d’autre. Bien pire que de nos jours. […]

Et c’est dans ce milieu que Paul vient […]. Ainsi dans les deux cas, nous voyons que, Juifs dans le milieu du Proche-Orient, chrétiens dans le monde romain, viennent récuser les croyances et mœurs courantes, au lieu de s’y adapter, et apportent à la vie sexuelle un autre fondement, un autre expression, qui assurent la liberté et non le déchaînement. »

VII. Congrégation pour la doctrine de la foi (Vatican) [2003] – Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles
Considérations à propos des projets de reconnaissance juridique des unions entre personnes homosexuelles 2 et 3

2. L’enseignement de l’Église sur le mariage et sur la complémentarité des sexes propose à nouveau une vérité évidente pour la droite raison et reconnue comme telle par toutes les grandes cultures du monde. Le mariage n’est pas une union quelconque entre personnes humaines. Il a été institué par le Créateur avec sa propre nature, doté de finalités et de propriétés essentielles.

Aucune idéologie ne peut effacer de l’esprit humain cette certitude: le mariage n’existe qu’entre deux personnes de sexe différent qui, par le moyen de la donation personnelle réciproque, propre et exclusive, tendent à la communion de leurs personnes. Ainsi, elles se perfectionnent mutuellement pour collaborer avec Dieu à la génération et à l’éducation de nouvelles vies.

3. La vérité naturelle sur le mariage a été confirmée par la Révélation dans les récits bibliques de la création, expression même de la sagesse humaine originaire où se fait entendre la voix de la nature elle-même. Le livre de la Genèse parle de trois données fondamentales du dessein créateur sur le mariage.

En premier lieu, l’homme, image de Dieu, a été créé «  homme et femme  » (Gn 1, 27). L’homme et la femme sont égaux en tant que personnes et complémentaires en tant que «  masculin et féminin  ». D’une part, la sexualité fait partie de la sphère biologique; de l’autre, elle se trouve élevée, dans la créature humaine, à un autre niveau, le niveau personnel, où s’unissent corps et esprit.

Ensuite, le mariage est institué par le Créateur comme un état de vie dans lequel s’effectue la communion de personnes qui engage l’exercice des facultés sexuelles. «  Aussi l’homme laisse-t-il son père et sa mère pour s’attacher à sa femme et ils deviennent une seule chair  » (Gn 2, 24).

Enfin, Dieu a voulu conférer à l’union de l’homme et de la femme une participation spéciale à son œuvre créatrice. C’est pourquoi, il les a bénis en ces termes: «  Soyez féconds et multipliez-vous  » (Gn 1, 28).

Dans le dessein du Créateur, la complémentarité des sexes et la fécondité appartiennent donc à la nature même de l’institution du mariage.

En outre, l’union matrimoniale entre l’homme et la femme a été élevée par le Christ à la dignité de sacrement. L’Église enseigne que le mariage chrétien est signe efficace de l’alliance du Christ et de l’Église (cf. Ep 5, 32). Ce sens chrétien du mariage, loin de diminuer la valeur profondément humaine de l’union matrimoniale entre l’homme et la femme, la confirme et la renforce (cf. Mt 19, 3-12; Mc 10, 6-9).

4. Il n’y a aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille. Le mariage est saint, alors que les relations homosexuelles contrastent avec la loi morale naturelle. Les actes homosexuels, en effet, «  ferment l’acte sexuel au don de la vie. Ils ne procèdent pas d’une complémentarité affective et sexuelle véritable. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas  ».

Dans l’Écriture Sainte, les relations homosexuelles « sont condamnées comme des dépravations graves… (cf. Rm 1, 24-27; 1 Cor 6, 10; 1 Tm 1, 10). Ce jugement de l’Écriture ne permet pas de conclure que tous ceux qui souffrent de cette anomalie en sont personnellement responsables, mais il confirme que les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés ». Le même jugement moral se retrouve chez beaucoup d’écrivains ecclésiastiques des premiers siècles et a unanimement été accepté par la Tradition catholique.

Timothée Davi
www.timotheedavi.wordpress.com

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