En Chine, une chrétienne écrit une lettre ouverte au maire de Chengdu pour dénoncer la persécution des chrétiens

Cette mère de famille a depuis été convoquée et interrogée par la police mais elle se dit prête à subir « les conséquences de sa décision ».

Chengdu est la capitale de la province du Sichuan en Chine. Une chrétienne appartenant à l’église Early Rain Covenant Church a écrit une lettre ouverte au maire de cette ville pour dénoncer la persécution dont sont victimes les chrétiens.

Les chrétiens de la Early Rain Covenant Church sont victimes de persécutions et discriminations en Chine. Leur pasteur, Wang Yi, est toujours placé en détention.

Une mère de famille, Shu Qiong, a décidé de plaider la cause de sa communauté en écrivant au maire de sa ville. Suite à l’intervention de la police à son domicile en son absence le 14 janvier dernier, elle demande une intervention officielle contre la persécution causée par la police.

China Aid en a publié une copie sur son site.

« Au cours des deux dernières années, les fonctionnaires du gouvernement, en particulier la police, ont constamment persécuté les membres de l’église que je fréquente. Aujourd’hui, j’ai personnellement vécu cette tragédie alors que les policiers ont empiété sur ma foi chrétienne, ma sécurité personnelle et mes biens. Les fonctionnaires des départements administratifs de Chengdu, la ville que vous supervisez, en particulier le département de la sécurité publique, ont empiété sur la foi, la sécurité personnelle et la possession de chrétiens innocents, comme cela m’a été fait aujourd’hui, à plusieurs reprises au cours des deux dernières années. La police a illégalement placé des chrétiens de mon église en détention administrative, confisqué illégalement leurs biens, battu un membre de l’église, coupé l’eau, l’électricité, le chauffage et Internet à certains de leurs endroits, a forcé certaines familles à quitter leurs maisons, a menacé certains des citoyens à la maison, certains ont été licenciés de leur travail, ont scellé leurs portes avec des cadenas, ont séparé les enfants de leur mère et ont gardé certains membres d’église de l’ERCC sous surveillance 24 heures sur 24… Dans le passé, j’ai été témoin de la façon dont la police a empiété sur les autres, et maintenant, cela m’est arrivé. »

Shu Qiong continue en expliquant que deux boîtes de cahier de dévotion, placées dans son dressing, avaient disparu. La mère se rend alors au commissariat, en compagnie de son plus jeune fils âgé de 9 mois. La police l’informe alors que ses documents lui avaient été confisquées parce qu’elle était “impliquée dans une affaire”. Mais elle n’a “aucune idée du crime” qu’elle aurait commis.

Alors elle interroge :

« Pourquoi le département de la sécurité publique n’a-t-il pas dit mon crime en confisquant mes affaires personnelles pour traiter l’affaire ? Pourquoi personne ne m’a informé de la façon dont les fonctionnaires du département de la sécurité publique sont entrés chez moi ? Pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? »

Mais les agents lui affirment qu’ils n’ont pas besoin de montrer de papier pour traiter une affaire et que la Early Rain Covenant Church est une secte.

La mère de famille interpelle désormais le maire :

 » – Les agents de la Sûreté de l’État sont-ils autorisés à forcer la porte d’un citoyen à s’ouvrir, à inspecter son logement et à confisquer les biens d’un citoyen sans montrer aucun document légal ?
La Early Rain Covenant Church est-elle une secte ? Comment définissez-vous une secte ? Par quelle loi faites-vous la définition ? Quelle est la limite du pouvoir du gouvernement ? Le gouvernement est-il autorisé et qualifié pour juger une église ?
Le gouvernement va-t-il intervenir lorsque ses services administratifs empiètent sur la liberté de religion, la sécurité personnelle et les biens des citoyens ? »

Shu Qiong lui fait enfin part de son inquiétude :

« Je ne sais pas quand la police va forcer illégalement ma porte à s’ouvrir et menacer ma sécurité personnelle ainsi que la sécurité de mes biens. »

Après publication de cette lettre, Shu Qiong a été convoquée et interrogée par la police le 16 janvier. On lui a demandé de ne plus participer à des “rassemblements illégaux” et d’inscrire son fils dans une école publique. Deux demandes rejetées par la chrétienne qui affirme être prête à “subir les conséquences de sa décision”.

M.C.

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