En Corée du Nord, 50 000 chrétiens détenus dans des camps de travaux forcés

Chaque semaine, la rédaction d’Info Chrétienne vous propose un article focus sur la situation des chrétiens dans le monde. Aujourd’hui, la Corée du Nord.

Lee est ce qu’on appelle une transfuge. Elle a tenté de quitter la Corée du Nord. Pour ce faire, elle a payé un passeur. Mais une fois en Chine, il lui a pris son argent et l’a vendue à un opérateur de cybersexe. Après des années de captivité, c’est grâce au pasteur sud-coréen Chun Ki-Won, qu’elle a pu s’échapper. Pasteur Chun est appelé le « Schindler asiatique », en référence à cet industriel allemand qui avait sauvé 1200 juifs lors de la deuxième guerre mondiale.

À cause de son combat, le pasteur Chun est menacé de mort par le régime nord-coréen :

« Ces dernières années, des dizaines de missionnaires liés à mon organisation ont été déportés de Chine. Il ne reste que quelques personnes et elles doivent rester constamment en mouvement pour éviter d’être arrêtées. […] La Corée du Nord annonce qu’elle va me tuer une ou deux fois par an. La Chine insiste sur le fait de vouloir me capturer. »

300 000 transfuges ont fui la Corée du Nord Comme Lee, ils sont des milliers à avoir fui la Corée du Nord. Entre 100 000 et 300 000 depuis la fin de la guerre de Corée en 1953. Ils tentent d’échapper à « la famine, la persécution et aux abus contre les Droits de l’Homme ». La Corée du Nord est considérée par l’USCIRF, comme « l’une des sociétés les plus isolées et les plus répressives du monde ». Son dernier rapport dénonce un « bilan épouvantable ».

« L’approche du gouvernement nord-coréen envers la religion et la foi est parmi les plus répressives du monde. »

Le « Juche » est l’idéologie officielle du régime nord-coréen. Il sert de justification au pouvoir absolu de Kim Jong-Un. Comme son père et son grand-père avant lui, le dictateur impose à la population un culte de la personnalité, une déification. Pour le « Juche », la pratique religieuse est donc « une menace à sa propre existence ».

Selon les dernières données de l’ONU, en 2002, on dénombrait 400 000 chrétiens en Corée du Nord. Depuis aucun chiffre n’est avancé. Bien que la Constitution protège la liberté religieuse de son peuple, elle n’existe pas « en pratique ».

« Le régime exerce une influence absolue sur une poignées d’églises sous contrôles de l’État autorisées à exister. »

Les églises autorisées sont des « façades » Ces églises, 3 protestantes, 1 orthodoxe, 1 catholique, sont selon une « façade » qui sert à la « propagande ». Pour le régime, le christianisme est associé à l’Est, et notamment aux États-Unis. les chrétiens sont donc soumis à de fortes menaces. Parmi les 120 000 prisonniers des camps de travaux forcés, 50 000 pourraient être chrétiens. L’USCIRF dénonce les camps de prisonniers :

« Les prisonniers de ces établissements sont détenus indéfiniment et sont soumis aux travaux forcés (susceptibles de faire avancer le développement des armes nucléaires et autres équipements militaires), à la famine, la torture et l’exécution arbitraire. Les transfuges rapportent que les autorités pénitentiaires réservent souvent aux prisonniers un traitement plus sévère s’ils sont soupçonnés d’être chrétiens ou d’avoir des contacts avec des chrétiens. »

Les experts évoquent un « réseau d’églises souterraines », sans pour autant pouvoir en indiquer l’importance au vue du contexte. Ils notent cependant le rôle de la Far East Broadcasting Compagny (FEBC), le principal programme de radio de Corée du Sud :

« La station diffuse des sermons audios et des programmes d’information sur le christianisme. FEBC donne également des récepteurs audios aux organisations chrétiennes qui travaillent ensuite avec des passeurs pour amener les radios en Corée du Nord. Il n’y a aucune interdiction de posséder une radio en Corée du Nord, et elles ne possèdent pas de stations pré-réglées. Cependant, les nord coréens qui écoutent les émissions de la FEBC courent un grand risque pour eux-même et pour leurs familles. »

Certains nord coréens tentent de trouver refuge en Chine puis en Corée du Sud. En Chine, ils font face à la « barrière culturel et linguistique » et sont victimes d' »exploitation », de « mariages forcés » et de « prostitution ». S’ils sont découverts, ils sont renvoyés en Corée du Nord. Mais en Corée du Sud, les transfuges obtiennent la citoyenneté peu après leur arrivée.

Cette année encore, la Corée du Nord est considérée comme « pays particulièrement préoccupant » par la Commission américaine de la Liberté Religieuse Internationale.

M.C.

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