En Inde, les femmes sont victimes d’un « génocide », des milliers sont brûlées vives…

En Inde, les femmes sont victimes d’un « génocide ». Des milliers sont brûlées vives, assassinées parce que leurs familles ne sont plus en mesure de fournir une dot toujours plus exigeante. 

La coutume de la dot est interdite en Inde depuis 1961, pourtant, là-bas, chaque heure, une femme indienne meurt à cause de cette tradition. Les chiffres sont effarants : plus de 8000 femmes chaque année. Pire, ils ne cessent d’augmenter. Au sujet des violences faites aux femmes, les Nations Unies parlent d’une « escalade de la violence » avec « une progression de 902,1% depuis 1971 » et dénoncent « l’impunité constante dont bénéficient les auteurs de tels actes ». Viols, disparitions forcées, actes de torture, exploitation sexuelle et traite des femmes, font le quotidien des indiennes. Le « nombre élevé de décès liés à la dot depuis 2008 » interpelle la communauté internationale.

The Sydney Morning Herald retrace l’histoire indicible de Laxmi, 28 ans, jeune mère indienne, brûlée à plus de 80% par sa belle-mère. C’est Sushila, sa mère, qui habite pourtant à 12 kilomètres de chez elle qui lui portera les premiers soins. Elle raconte le calvaire de sa fille et révèle au monde le quotidien de milliers d’indiennes.

Son mari, Majunath est alcoolique et sans emploi. Laxmi est femme de ménage, mais ce qu’elle gagne ne sert qu’à financer l’alcool de Majunath. Elle subit le harcèlement de sa belle-mère et de son mari qui réclament toujours plus. La famille de Laxmi cède et les soutient financièrement. Mais cela ne suffit pas. Un soir, alors qu’elle cuisine, sa belle-mère l’asperge d’essence et force son mari à l’incendier. En flammes, elle tente de chercher de l’aide auprès de son mari.

« Il y avait tellement de pétrole qu’au lieu d’éteindre le feu, elle l’a aussi incendié. »

Laxmi trouve la force de rejoindre la maison de sa mère. C’est elle qui l’emmènera à l’hôpital, où elle décèdera 3 jours plus tard.

« Je l’ai entendue pleurer, elle était à l’agonie, mais je ne savais pas à quel point c’était grave. Il n’y avait personne pour l’aider, personne ne voulait la rejoindre. J’étais la seule personne à qui elle pouvait demander de l’aide et je vis à 12 kilomètres. »

Ces crimes concernent toutes les femmes indiennes, quelle que soit leur caste ou leur niveau d’éducation. En Inde, un dicton approuve ces violences : « Plus vous la battez, plus vous obtenez ». Donna Fernandes est fondatrice de Vimochana, une organisation de défense du droit des femmes. Elle explique :

« Ils commencent à demander de l’argent, de l’or, ou des biens de consommation tels que des machines à laver ou des téléviseurs. Peu importe ce qu’ils croient qu’on leur doit ou qu’on leur a promis, des produits de luxe qu’ils peuvent faire payer à la famille de la mariée. Dans de nombreux cas, la famille du mari décide, après le mariage, que la dot initiale n’était pas suffisante. Ils savent que la famille de la mariée est vulnérable, à cause du rôle subjugué des femmes dans notre société, et que tout commence par un processus d’extorsion. Les demandes d’argent deviennent des menaces de violence et lorsque la famille ne peut plus payer, la mariée est tuée. »

Paroxisme de l’horreur, ces crimes se font la plupart du temps en toute impunité, comme le révèle Satya, assistante sociale à Vimochana :

« Des milliers et des milliers de cas chaque année sont enregistrés comme des décès accidentels ou des suicides. Nous estimons que le nombre réel de décès chaque année est jusqu’à trois ou quatre fois supérieur aux statistiques officielles, parce que la plupart des personnes impliquées, y compris la famille de la femme, la famille du mari et la police ont intérêt à dissimuler la vérité. »

En juillet 2018, la Cour indienne a estimé que les lois contre la dot sont utilisées pour harceler injustement les maris et la belle-famille. CK Prasad, juge à la Cour Suprême, voit en la hausse des affaires de harcèlement une preuve de cette mauvaise utilisation.

« Le moyen le plus simple de harceler est de faire arrêter le mari et ses proches en vertu de cette disposition. »

Mais Donna Fernandes continuera à militer pour les droits des femmes indiennes :

« Les Nations Unies considèrent qu’il s’agit d’une forme de génocide. C’est un crime à grande échelle, et nous perdons la bataille. »

La rédaction

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