En marche vers une humanité génétiquement modifiée avec le projet de loi bioéthique

Autoriser la création d’embryons transgéniques, c’est l’une des ambitions du projet de loi bioéthique, adopté en première lecture à l’Assemblée Nationale le 15 octobre.

Dans l’actuel projet de loi bioéthique, « la création d’embryons transgéniques » est interdite. L’article 17 de la révision de ce projet de loi envisage désormais de supprimer cette interdiction. Mme Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation en explicitait l’objet lors de la commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi.

« En ce qui concerne les embryons transgéniques, sans objet de réimplantation, conservés à des fins de recherche avec destruction à quatorze jours, il s’agit de savoir comment donner aux chercheurs la possibilité d’utiliser notamment la technique CRISPR-Cas9 tout en maintenant l’interdiction formelle de manipulations génétiques au travers de l’édition du génome sur des embryons qui ont vocation à être réimplantés. Cela est garanti par la convention d’Oviedo et le code civil, lequel dispose que ‘La transmission à la descendance d’un génome modifié est interdite’. On ne peut donc pas générer d’embryons transgéniques humains en vue de réimplantation. »

Puis elle ajoute que « l’objectif est d’autoriser l’édition du génome pour la recherche ». Les ciseaux génétiques CRISPR-Cas9 dont parle la ministre permettent d’intervenir sur l’ADN de manière chirurgicale, de remplacer un gène par un autre ou de le modifier. Le député Thibault Bazin s’opposait alors clairement à ce choix. Pour lui, c’est « avancer vers le transhumanisme«  .

« Actuellement, il est interdit de créer des embryons transgéniques. Mais la technique CRISPR-Cas9 permettra de faire des recherches dans les autres conditions prévues dans le code civil. Là encore, c’est une évolution qui est proposée et non un maintien de nos interdits au niveau transgénique. On commence donc potentiellement et même s’il y a des garde-fous, à avancer vers le transhumanisme, certes sous de bons prétextes. Je le répète, la tentation est toujours d’ouvrir les portes. Vous proposez de passer d’une interdiction à une autorisation encadrée. Là encore, on abaisse d’une certaine manière notre standard éthique. C’est votre choix. Pour ma part, je pense qu’il y a peut-être un risque. »

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Les défenseurs de cette révision arguent la compétition internationale en matière de recherche dont la France serait exclue à cause de cette interdiction. Là encore Thibault Bazin s’oppose.

« Nous ne pouvons pas dire que nous devons atteindre le même niveau de recherche qu’ailleurs car une des forces de la France, qui peut nous valoriser et faire notre grandeur, est justement ce questionnement éthique, qui nous conduit à ne pas forcément faire tout ce qui se pratique ailleurs. Crispr-Cas9 est une véritable révolution, mais l’outil peut être utilisé à de bonnes comme de moins bonnes fins. Si nous promouvons les finalités positives, je souhaite vérifier avec vous qu’en levant cet interdit, ce qui existe par ailleurs est bien suffisant. Comme vous, je ne veux pas que, grâce à Crispr-Cas9, nous nous retrouvions dans la situation, qui s’est produite ailleurs, de faire naître deux bébés génétiquement modifiés. »

En France, l’implantation d’embryons transgéniques était jusqu’à présent interdite. Les embryons sont détruits 14 jours après la fécondation. Mais, en Chine, deux bébés génétiquement modifiés, des jumelles, Lulu et Nana sont nées en 2018. Leur génome avait été altéré afin de leur permettre de résister à l’infection par VIH, virus responsable du sida. En juillet, le Comité consultatif d’experts de l’Organisation Mondiale de la Santé s’exprimait au sujet des modifications apportées au génome humain. Il jugeait « irresponsable que quiconque mette en œuvre des applications cliniques de modifications génétiques de la lignée germinale humaine ». Le directeur général de l’OMS, le docteur Tedros Adhanom Ghebreyesus, précisait :

« La modification génétique de la lignée germinale humaine pose des problèmes éthiques et techniques spécifiques, d’une ampleur sans précédent. J’ai accepté les recommandations provisoires du Comité consultatif d’experts de l’OMS incitant les autorités de réglementation de tous les pays à s’abstenir d’autoriser d’autres travaux dans ce domaine tant que leurs implications n’auront pas été convenablement examinées. »

L’analyse et le séquençage de l’ADN chez les embryons, étaient évoqués par Blanche Streb, docteur en pharmacie et essayiste, lors d’une conférence. Elle parlait alors d’un « toboggan sur lequel glisse déjà l’humanité dans sa folle quête génétique ».

« D’abord cela se justifie pour éviter des maladies très graves et ensuite des pathologies un peu moins graves. D’abord on ne recherche qu’un seul critère, puis un large éventail et puis des traits de caractère. D’abord on le réserve à des familles à risque et puis petit à petit à toute la population pour peut-être en arriver un jour à donner ou retirer un permis de faire ses bébés sous la couette.”

L’experte pointait une question essentielle : quel usage fera-t-on de ces techniques ?

« Aux États-Unis, des sociétés proposent ces techniques et pour quelques milliers de dollars on sélectionne déjà les embryons selon la couleur des yeux. On sélectionne déjà les embryons selon leur sexe. Et vous voyez que cette discrimination garçon-fille dont on entend tellement parler, elle devient technologique et elle s’invite au début de notre avis, au stade de quelque cellules. »

Alors, elle le rappelait, « un monde meilleur » n’est pas « un monde des meilleurs », « nous sommes tous génétiquement imparfaits » et chacun de nous est une « irremplaçable parfaite imperfection ». Blanche Streb entreprenait donc un plaidoyer pour cette « vulnérabilité », qui fonde notre « humanité ».

« La vulnérabilité permet permet la solidarité. La vulnérabilité c’est ce qui fait notre commune humanité. C’est ce qui nous relie. C’est ce qui nous donne un sort commun. C’est peut-être même le seul point commun entre tous les êtres humains. […] Nos limites construisent également qui on est. Nos fragilités, les fragilités de ceux que nous aimons, de ceux que nous rencontrons, deviennent parfois le lieu d’une intense créativité, même de pulsion de vie. Parfois, c’est ce qui déclenche des vocations. Ou c’est ce qui donne sens à une mission. C’est aussi parfois ce qui nous donne la force de nous surpasser. Parce que dans l’épreuve, on peut faire ses preuves. »

Le 15 octobre, en adoptant en première lecture le projet de loi relatif à la bioéthique, 357 députés semblent avoir dit oui aux bébés OGM.

M.C.

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