Entretien avec Jacques Elbaz

Jacques est pasteur en Israël et directeur de l‘Institut & Faculté de Théologie de Jérusalem. Élevé dans le judaïsme, il a rencontré le messie Jésus au travers de celle qui est devenue son épouse, Marie-Loïd, et qui l’a accompagné durant toutes ces années de ministère. Jacques et Marie-Lo ont tout d’abord exercé le ministère dans le sud de la France, avant de s’envoler pour Jérusalem, accompagnés de leurs 3 puis 4 garçons. Jacques a accepté de répondre aux questions de la rédaction et de nous faire découvrir son parcours hors-norme ainsi que quelques-uns des témoignages puissants qu’il a vécus tout au long de son ministère. Nous le remercions pour sa confiance et ses réponses qui laissent entrevoir le prix payé en se positionnant pour Jésus. Merci d’avoir levé le voile sur ce passionnant parcours. 

1. Peux-tu nous raconter ta rencontre avec Jésus ?

Dès ma naissance j’ai été élevé dans le judaïsme, fréquentant la synagogue où l’on m’enseignait le Talmud et la Torah.

Quand j’ai 16 ans mon père est muté à DigneQuand j’ai 16 ans mon père est muté à Digne. Ma famille n’est alors plus en rapport direct avec sa communauté. Adolescent, je ressens un grand vide intérieur. Je rencontre alors une jeune fille qui me parle du Messie, bien qu’elle ne soit pas elle-même engagée avec Dieu. Nous tombons amoureux. Je pense qu’elle va étudier la loi et devenir juive. Elle me répond qu’elle connaît et qu’elle a expérimenté le messie !

La rupture semble inévitable, mais je remarque qu’elle va de plus en plus souvent aux réunions de son assemblée et qu’elle en revient rayonnante. Un soir j’accepte son invitation à une réunion de jeunesse. Pour cette première, une surprise m’attend. Je rencontre un jeune homme avec qui j’avais été à l’école pour étudier le Talmud. J’apprends qu’il est devenu croyant !

Une soif nait dans mon cœurUne soif nait dans mon cœur. Je décide d’assister à un culte, je veux en savoir plus. Ce jour-là, je ressens la présence de Dieu. Je reviens à la réunion de l’après-midi au cours de laquelle une personne apporte une parole de Dieu qui me bouleverse :

« Mon fils, c’est pour toi seul que je parle, toi seul peut comprendre. »

Saisi, je me lève, je suis touché par Dieu. Après la réunion, la même personne s’approche de moi et me dit :

« L’hameçon que Dieu a planté dans ta bouche, tu ne pourras pas l’enlever. »

Avec beaucoup de maladresse, je témoigne de ma rencontre avec mon Sauveur aux membres de ma famille. Je reste ferme dans ma foi. Je reçois le salut de Dieu comme un merveilleux cadeau.

2. Quel a été le déclic qui a marqué le début de ton ministère ?

L’appel au serviceChaque jour je me rapproche de Dieu. Très vite, je ressens un appel brûlant pour le service pastoral. Je m’engage à plein-temps auprès d’un pasteur en qualité de stagiaire. je poursuis ma formation à Antibes, avec Patrick Salafranque pendant cinq ans.

Au cours d’un voyage en Israël où nous nous sommes rendus pour visiter la famille, nous nous mettons en quête d’une amie des Salafranque, Claudine. Elle fréquente une assemblée messianique, mais nous ignorons dans quelle ville. Pendant une promenade à Haïfa, nous entendons une inconnue parler français : c’est Claudine ! Elle nous conduit dans une réunion au cours de laquelle le pasteur prophétise notre venue en Israël pour y travailler à l’œuvre de Dieu. Bien que peu convaincus, nous commençons à ressentir un véritable fardeau pour le peuple d’Israël.

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3. La vie est parfois soumise aux épreuves. Serais-tu d’accord d’en partager une avec nous, et surtout de nous faire découvrir de quelle manière tu l’as surmontée avec la grâce de Dieu ?

Je suis resté ferme dans ma foi ce qui m’a valu d’être mis dehors de chez moiLes épreuves ont commencé quand J’ai témoigné de ma rencontre avec mon Sauveur aux membres de ma famille. J’ai subi des pressions et parfois même de la violence. Ils voulaient que je renonce à mes nouvelles convictions. Je suis resté ferme dans ma foi ce qui m’a valu d’être mis dehors de chez moi. Mais malgré l’adversité, les souffrances, Dieu a toujours pris soin de moi.
Cela nous a préparé aux difficultés futures.

En Israël, les ennuis sérieux ont commencé en 2006 avec une plainte de parents israéliens, suite à une expérience de leurs enfants mineurs qui après après avoir assisté à une réunion ont une vision de Jésus dans leur chambre.

Cela a engendré :

Une garde à vue à la police de 5 heures avec 174 questions. La directrice de l’école messianique était présente. Quelques jours après, cambriolage dans les locaux de l’école messianique avec vol d’ordinateurs contenant la liste de toutes les familles messianiques. Locaux de la salle d’Ashdod attaqués. Prospectus de délation avec photo dans Jérusalem. Articles anti-chrétiens dans les journaux d’ Ashdod. Crevaisons de pneus sur nos voitures, maison attaquée, injures… Ouverture de l’Institut avec agression, menaces de la part des musulmans….

Jusqu’alors nous avions 100 % d’exonération sur les églises, puisqu’en Israël :

Les lieux de culte ne payent pas de taxes municipales. La mairie de Tel-Aviv a commencé a nous réclamé les taxes, a hypothéqué notre compte personnel, notre voiture… Les comptes des communautés… Obligation de prendre un avocat, déclaration de l’association en Israel avec expert comptable…. Malgré cela il nous a fallu payer la somme de 70 000 euros. Dieu ne nous a pas abandonnés et par sa grâce nous avons reçu l’argent.

4. Quel est le projet ou la réalisation dont tu es le plus fier ?

L’Institut & Faculté de ThéologieNous avons toujours été sensibles à la voix de Dieu et prêts à faire sa volonté. En mai 2006, le pasteur Éric Célérier nous donna une parole de connaissance :

« Non loin du « Jardin de la Tombe » se trouve la gare centrale d’autobus et à droite, un bâtiment que Dieu vous donne pour faire une école. »

Cette partie de la ville étant l’une des plus sensibles du pays, cette parole semblait une folie. Cependant dans la même journée j’avais un rendez-vous pour visiter un appartement, qui ne nous convenait pas. C’est alors que l’agent immobilier me demanda ma profession.

« Pasteur ? J’ai quelque chose pour vous, rue des Prophètes. »

Et il me conduisit à 150 mètres du « Jardin de la Tombe », à droite de la gare centrale d’autobus. Ce lieu annoncé est aujourd’hui l’adresse de l’Institut et Faculté de Théologie de Jérusalem.

5. Quelle est la plus grande leçon que tu aies apprise au travers de ton ministère ?

Prendre du temps pour DieuPrendre du temps pour Dieu. Dire au Seigneur que nous l’aimons et que nous choisissons de mettre l’accent sur cette priorité qu’est notre relation avec Lui. L’un de nos plus grands besoins, c’est des moments de solitude avec le Seigneur pour nous retirer, afin de nous laisser imprégner de la Parole et de la présence de Dieu.

6. L’actualité est souvent troublée et triste. Chrétiens persécutés, société à la dérive, catastrophes naturelles, changements éthiques majeurs… Quelle est ta position face à ces événements ? Es-tu plutôt engagé, veilleur attentif, lanceur d’alerte, intercesseur ?…

Dès le matin, répands ta semence et, jusqu’au soir, n’accorde pas de repos à ta main, car tu ne sais pas ce qui va réussir.
Ecclésiaste 11.6

Nous devons subir l’épreuve du tempsCela fait plusieurs années que nous travaillons, moissonnons. Mais nous savons que nous devons faire preuve de patience. En hébreu la patience se dit SAVLANOUT qui vient du verbe LISBOL, souffrir. Également dans le langage courant, le verbe patienter (du latin pati=souffrir). Mais ce n’est pas seulement savoir souffrir : c’est aussi savoir attendre. Nous devons subir l’épreuve du temps. Nous ne pouvons pas semer maintenant et moissonner tout de suite mais la parole de Dieu n ‘en reste pas moins vraie.

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Nous continuons donc de semer et de distribuer la parole de Dieu qui est bonne nouvelle et parole de vie. Nous savons qu’en son temps elle germera dans les cœurs.

Merci Jacques pour tes réponses et le récit de ton cheminement au service du Seigneur. Que Dieu vous bénisse richement Marie-Lo et toi, et qu’il continue de vous accompagner et de vous protéger sur ce chemin difficile.

La rédaction

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