Entretien avec Bruno Picard

Bruno Picard est le fondateur et pasteur principal de l’église Extravagance à Saint-Pierre, sur l’île de la Réunion. Il exerce un ministère prophétique et souhaite voir les chrétiens équipés pour étendre le Royaume de Dieu et entrer dans leurs destinées. Il enseigne également à l’école biblique Destinée, fondée par ses amis Stève et Sandrine Rivière. Bruno veut voir la Réunion, toute la France et la francophonie sauvées et bouillantes pour le Seigneur. Il exerce son ministère aux côtés de son épouse Elodie, et il est l’heureux papa de Lisa, Anna et Théo. Bruno a accepté de répondre aux questions de la rédaction d’Info Chrétienne, et nous le remercions pour sa générosité, sa transparence, le partage de son parcours riche et son authenticité. Il raconte sans filtre ses premiers pas dans la foi, dans le ministère, ainsi que le chemin de remise en question et de brisement qui lui a permis de voir le Saint-Esprit agir au travers de sa vie.

  • Peux-tu nous raconter ta rencontre avec Jésus ?

C’est la première fois que j’ai eu, ce que j’appelle, un face à face avec DieuOh ! Tu as du temps ??? Lol. Cette rencontre inoubliable s’est faite en plusieurs étapes. En 1989, mes parents ont donné leur cœur à Jésus-Christ et fait de lui leur Seigneur et Sauveur. Ayant grandi dans la religion catholique, je me suis rendu compte que quelque chose de puissant s’était produit dans leur cœur, et que leur approche de la vie avec Dieu avait considérablement changé. Aussi, mu par la curiosité et touché par l’amour que j’ai ressenti, j’ai décidé un soir d’accompagner mon père et quelques-uns de mes oncles, à une réunion de prière, quelque part dans les hauteurs de la ville de Saint-Denis à La Réunion. J’étais alors âgé de 13 ans. C’est la première fois que j’ai eu, ce que j’appelle, un face à face avec Dieu. La présence de Dieu était tellement forte que je n’ai pu faire autrement que de me mettre à genoux. Les gens autour de moi priaient dans une autre langue, tandis que j’ai dit à Dieu :

« Ok, si tu existes vraiment, je te demande de me toucher moi directement, sans détour ! »

Je suis incapable de dire combien de temps après, mais peu après cette prière audacieuse et spontanée, Jésus-Christ Lui-même m’est apparu. Je n’ai pas vu son visage, et je ne me suis pas non plus levé. Je suis resté prostré. La crainte s’était emparée de moi, suivie par une joie immense, une paix indescriptible et un amour extraordinaire. Puis, j’ai entendu ces quelques mots qui demeurent gravés à jamais :

« Bruno, Je t’appelle à me suivre, à me servir et à partager tout ce que je te dirai. Tu n’es pas prêt, mais un jour tu rencontreras un homme qui aura Mon cœur et qui sera pour toi un père. Tu pourras lui faire confiance, il te montrera comment me suivre et comment me servir ! »

Mon père, mes oncles et d’autres chrétiens présents à ce moment-là peuvent en témoigner. Ils m’ont vu trembler et pleurer. Personnellement, si je ne me souviens plus de ce face-à-face sur le plan émotionnel ou physique, je ne l’oublierai jamais d’un point de vue spirituel.

« Un jour, je suivrai Jésus-Christ et le servirai ! Mais, comment ??! »Quelques mois plus tard, mes parents ont choisi de quitter cette église évangélique pour revenir à leur pratique catholique. Blessés, nous avons repris notre vie presque comme avant. Pour moi, ce n’avait été (ne fut) qu’un épisode. On aimait Dieu, mais les gens nous avaient déçus, donc « Au revoir ! ». Au fond de mon cœur pourtant, de temps en temps, je me remémorais ce moment et me disais : « Un jour, je suivrai Jésus-Christ et le servirai ! Mais, comment ??! »

Des années plus tard, alors que j’avais 17 ans, mes parents ont retrouvé une église évangélique dans laquelle ils se sentaient bien. Les douleurs du passé s’étaient estompées mais, toujours présentes, elles justifiaient selon eux une distance de protection. C’est alors que Dieu est intervenu d’une façon extravagante.

Un soir, mon oncle Jim nous a conviés à dîner, en demandant à mes parents si je pouvais servir d’interprète pour son invité, un certain Marc Bredenkamp, un Sud-Africain qui ne parle qu’anglais. J’ai accepté l’invitation surtout parce que, chez mon oncle, on mange toujours bien, mais avant d’y aller, j’ai tenté de rassurer ma sœur Sandrine, en lui affirmant : « T’inquiète, je traduis ce gars-là, on mange, puis on va en discothèque ! ». Mais Dieu…

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En entrant dans la pièce à vivre, l’atmosphère m’a rappelé quelque chose de très fort et de très profond. J’ai ressenti Sa présence comme rarement je l’ai sentie dans ma vie. Alors que j’avançais, j’ai d’abord entendu mes parents pleurer, puis j’ai vu un homme à genoux, en train de leur laver les pieds en disant :

« Je vous demande pardon pour toutes les blessures que vous ont infligées les hommes et les femmes de Dieu avant ce moment. Je vous en conjure, pardonnez et reprenez la main de Dieu… »

C’est alors que j’ai entendu une voix claire et limpide :

« Voici l’homme dont Je t’ai parlé quand tu avais 13 ans, il te montrera comment Me suivre et comment Me servir ! »

Ne me dites pas que le monde spirituel n’existe pas !Ce soir-là, mon cœur a été gagné par le Saint-Esprit. La semaine suivante a été intense. Pendant 7 jours et 7 nuits, le Saint-Esprit m’a fait découvrir le monde de l’esprit. J’ai visité des lieux et des moments dans le monde spirituel avec une intensité rare. C’est ainsi que j’ai commencé à suivre Jésus-Christ. Ne me dites pas que le monde spirituel n’existe pas ! Ne me dites pas que Dieu ne parle plus aux hommes et aux femmes aujourd’hui ! Ne me dites qu’il faut être spécial pour que Dieu nous appelle !

  • Quel a été le déclic qui a marqué le début de ton ministère ?

Rencontrer Marc Bredenkamp a été le déclic. Dieu s’est servi de Marc pour me montrer que le ministère exige une vie de sacrifice ultime, mais que si la motivation réelle est l’amour pour Dieu et pour les autres, alors ces sacrifices deviennent beaux.

Voir la consécration de cet homme a été le déclicQuelques semaines après ma conversion, le 13 novembre 1993, dans le salon de mon oncle, Marc m’a invité à passer 4 semaines chez lui afin de découvrir les aspects du ministère. Chaque jour (ou presque) était organisé selon deux axes principaux : prier et étudier la Parole de Dieu (7/8H par jour) et prêcher (chaque soir). Cette saison a placé des fondements dans ma vie et dans mon ministère. Voir la consécration de cet homme a été le déclic. Cela m’a inspiré et m’inspire toujours aujourd’hui. Le ministère repose sur l’amour. Et l’amour exige que l’on donne sa vie à Dieu et aux autres.

  • La vie est parfois soumise aux épreuves. Serais-tu d’accord d’en partager une avec nous, et surtout de nous faire découvrir de quelle manière tu l’as surmontée avec la grâce de Dieu ?

« Plaire aux gens avant ou au lieu de plaire à Dieu »En 2006, après 6 ans de pastorat, mon couple n’allait pas bien du tout. Je n’allais pas bien du tout. Malgré des débuts prometteurs (selon le standard humain ou du moins à mes yeux), mon caractère était fragilisé par un orgueil démesuré. Cet orgueil se manifestait au travers du syndrome « pleasing people » ou « plaire aux gens avant ou au lieu de plaire à Dieu ».
Marc, mon père spirituel l’a résumé ainsi :

« Bruno, tu as une superbe personnalité. Tu es très sympa. Tu sais mettre les gens à l’aise et tu veux les aimer. Mais, ton caractère est trop fragile. Tu es toujours écartelé entre vouloir servir Dieu et plaire à TOUT le monde. Cela est très dangereux et peut te coûter ta vie, ton mariage, ton ministère et ton église locale, si tu ne changes pas! »

A cause de l’ambition de mon âme malade, je me servais des gens pour faire avancer MON ministèreÀ l’époque, je voulais avoir la plus grande église locale de La Réunion (wow! quelle ambition). J’étais blessé et en colère contre les gens qui colportaient mensonges et rumeurs à mon sujet. J’étais dans la perspective de leur prouver que j’étais un « vrai » homme de Dieu. A cause de l’ambition de mon âme malade, je me servais des gens -à commencer par mon épouse- pour faire avancer MON ministère. La plupart du temps, je n’en étais pas conscient. J’ai compris cela après avoir été brisé par Dieu qui, dans son immense bonté, sait comment vous briser, pour mieux vous relever.

Pour arracher une racine d’orgueil comme celle de « plaire aux hommes », il faut accepter d’être brisé à la façon de DieuPour arracher une racine d’orgueil comme celle de « plaire aux hommes » (Eh oui, c’est de l’orgueil !) et être reconstruit à la façon de Dieu, il faut accepter d’être brisé à la façon de Dieu. Ainsi, pour regagner le cœur de ma femme, il m’a fallu chercher Dieu comme jamais. Il m’a fallu me plonger dans sa Parole comme jamais. Je me souviens que durant près de 9 mois, je me suis retrouvé la nuit allongé sur le sol de notre chambre, tandis qu’Elodie (mon épouse) dormait, suppliant Dieu de m’aider. Un livre a été d’un immense soutien et m’a offert un cadre pour vivre ce processus de changement. Ce livre de Lou Priolo s’intitule Pleasing people : comment ne pas être addict de l’approbation. Je crois l’avoir lu 6 fois.

Ce qui m’a aussi beaucoup aidé, c’est l’amour de ma femme! Il m’a fallu plusieurs mois pour (re)gagner le coeur de mon épouse, qui avait compris la réalité de l’alliance. Malgré la blessure, elle ne s’est pas détournée de moi. C’est d’ailleurs lorsque nous nous tournons vers Dieu, que nous recevons la force, l’amour et la sagesse pour protéger ce qui importe vraiment. Elodie a toujours été une magnifique manifestation de la grâce de Dieu envers moi.

Sans le soutien de ma famille, de mes amis, de mon pasteur, de la famille spirituelle Extravagance, je n’aurais jamais pu remonter la pente ou endurer le processus. C’est à cette époque que j’ai commencé à comprendre que ce n’est pas notre spiritualité qui nous préserve de la chute, mais ce sont nos relations. Beaucoup d’hommes et de femmes de Dieu oints et consacrés sont tombés, incapables d’être transparents et sincères, préférant se cacher et cacher leurs manquements, au lieu de s’ouvrir à des amis.

Dieu m’a brisé dans son amour et il m’a reconstruit dans son amourCertes, il n’est pas facile d’avouer ses fautes, ses péchés, et de demander pardon, mais c’est la seule vraie façon de rester en bonne santé spirituelle. Dieu m’a brisé dans son amour et il m’a reconstruit dans son amour. C’est la puissance de la grâce de Dieu. Celle-ci n’est pas une licence nous permettant de rester tel que l’on est, mais c’est la puissance de Dieu pour nous transformer à l’image de Christ.

Durant cette saison de désert, j’ai compris beaucoup de choses en ce qui concerne la priorité à donner à son mariage et à sa famille. J’ai revu toutes mes priorités, mais il m’a fallu des mois pour vraiment les vivre. Je veux dire qu’il y a souvent un monde entre ce que l’on sait et ce que l’on fait. Cette saison m’a aidé à comprendre que celui ou celle qui s’abandonne entre les mains de Dieu, n’abandonne jamais! Si ton abandon est total, ta victoire sera totale. Si ton abandon est partiel, ta victoire sera partielle.

Le plus important, c’est d’aimer Dieu et les gensCes années d’épreuves, les 10 premières années de ma vie chrétienne, m’ont permis de voir ce qui est vraiment important. Le plus important, c’est d’aimer Dieu et les gens. Le projet de Dieu, c’est les gens. Pour maintenir cet amour et cette ardente passion, il faut rester sur l’autel. Il faut régulièrement se remettre en question. Il faut chercher à donner sa vie continuellement. Ainsi, l’ambition n’a plus raison d’être. Ce qui compte, c’est de servir -servir à la façon de Christ.

  • Quel est le projet ou la réalisation dont tu es le plus fier ?

Ma plus grande fierté demeure mon mariage et mes enfants. Je suis reconnaissant envers Dieu pour les dons qu’il m’a faits en me confiant Elodie, Lisa, Anna et Théo. J’aime ma famille et chaque jour ils savent me combler d’amour. Ils sont ma joie! Mais à ce stade de ma vie, je suis encore en chantier. Je les remercie pour leur patience.

Ma vision dicte mes projetsEn ce qui concerne le reste de ma vie, j’ai beaucoup (beaucoup) de projets mais je cherche à rester le plus fidèle à la vision céleste. Ma vision dicte mes projets. La vision est de voir le réveil à La Réunion, en France et en Francophonie. Bien entendu, je ne suis pas seul. Nombreux sont les chrétiens et les églises locales qui participent à la réalisation de cette vision.

Tous mes projets sont donc en cours de réalisation. L’un d’eux est l’implantation de campus ou d’églises locales puissamment fondées sur la Parole de Dieu, sous la conduite du Saint-Esprit. Pour cela, il faut des ministères solides en Christ. Je m’attache à lever une armée. Par Sa grâce, je suis entouré d’un équipe extraordinaire qui, chaque jour, œuvre dans ce sens avec une passion inspirante. Je suis fier et encouragé par ce que je vois, mais il y a encore tellement de choses à faire.

Faire des disciples et faire de ma nation, un disciple. Je refuse de croire que parce que le monde va de plus en plus mal, l’Eglise doit prendre la même direction. Au contraire, l’Eglise est appelée à briller dans les ténèbres.

Dieu n’est pas un secret devant être gardéMatt 5: 14-16 En d’autres termes : Vous êtes ici pour être la lumière qui met en valeur les couleurs de Dieu dans le monde. Dieu n’est pas un secret devant être gardé. Nous allons être rendus publics, aussi publics qu’une ville placée sur une colline. Si je fais de vous des porteurs de lumières, ne pensez pas que je vais vous cacher sous un seau. Je vous place sur un chandelier. Maintenant que je vous ai placés là au sommet de la colline, sur un chandelier – brillez ! Tenez maison ouverte; soyez généreux avec votre vie. En vous ouvrant aux autres, vous inciterez les gens à s’ouvrir à Dieu, ce Père généreux qui est au Ciel.

C’est à nous – le Peuple de Dieu – de montrer le chemin. Ce chemin est Christ! Pas une religion. Christ!
Par conséquent, tous mes projets sont soumis à la vision celeste.

  • Quelle est la plus grande leçon que tu aies apprise au travers de ton ministère ?

« Dieu est lent ! »« Dieu est lent ! » (rires) Je crois vraiment que c’est la plus grande leçon que j’ai apprise en 17 ans de ministère pastoral. La première fois que j’ai entendu cette punchline, c’est de la bouche de Luc Dumont, l’un de mes meilleurs amis. Nous étions dans notre douzième année de vie d’église. Et Luc nous partageait des principes fondamentaux sur le leadership. À l’époque je trouvais que les choses n’allaient pas assez vite, que mon équipe n’allait pas assez vite. Et Bam ! « Dieu est lent ».

Nous devons faire le possible, tandis que lui s’occupe de l’impossibleCe jour-là, je n’ai pas du tout apprécié la phrase. Puis, au fil des semaines qui ont suivi, j’ai compris ce que Dieu voulait me dire. Il voulait me dire : « Dieu fait toute chose belle en Son temps. »( Ecc. 3:11a) Les « soudains » de Dieu sont réels, mais ils s’inscrivent dans le temps qui passe, temps durant lequel nous lui faisons confiance ! Nous devons faire le possible, tandis que lui s’occupe de l’impossible. Parfois, le temps qui passe nous semble une éternité. Pourtant, le temps qui passe est bien souvent le temps nécessaire pour que notre caractère soit prêt à encaisser les soudains de Dieu. « Dieu est lent » ne signifie pas qu’il est passif ou en vacances, mais que ce qu’il est en train d’accomplir, même s’il n’est pas encore visible, est fondamental pour le futur.

J’ai dû apprendre à prendre du recul. J’ai dû apprendre à chercher plus en profondeur. J’ai compris ce que Dieu dit lorsqu’Il dit que « toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. » (Rom. 8:28)

La qualité prend du temps. Le but de Dieu n’est pas de nous faire réussir dans tous nos projets, mais de nous transformer à l’image de Son fils. Pour cela, ce que Lui appelle le temps de formation et de transformation, nous, nous l’appelons « la lenteur de Dieu ».

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  • Et si c’était à refaire ! Que changerais-tu ?

Ohhh! Bien que tout ce que j’ai vécu a contribué et a été utilisé par Dieu pour me façonner, je pense que si j’avais la chance de refaire quelque chose, je reviendrais en 1999. C’est l’année où j’ai épousé une femme extraordinaire, Elodie, et c’est l’année où nous avons implanté l’église dont nous sommes les pasteurs. Je déconseille fortement à tous les jeunes mariés de se lancer dans le ministère d’implantation d’église dans la même saison que le mariage. (Rires) Si Dieu vous parle, il vous fera grâce. C’est ce qu’il a fait pour nous. Ce n’est pas un regret que j’exprime mais avec le recul, je me rends compte que je n’étais pas un mari à la hauteur, comme je n’étais pas un pasteur et un leader à la hauteur. Cela est certainement lié à notre jeune âge. Elodie avait 18 ans et moi, 23 ans ! Les 7 premières années du mariage et de l’église locale ont été très difficiles. Mais, Dieu…

  • Quelles sont les personnes qui ont eu un rôle majeur tout au long de ton parcours ?

C’est elle qui, durant les moments les plus sombres de ma vie, a su me redonner l’envie de continuerAvant tout, je réponds sans hésiter : Élodie, mon épouse et la mère de mes enfants. C’est elle qui, durant les moments les plus sombres de ma vie, a su me redonner l’envie de continuer. Elle a une intimité avec Jésus-Christ qui m’inspire. Sa présence a toujours été un baume dans mon cœur. Au delà du rôle d’épouse et de mère qu’elle remplit avec passion et excellence, elle est une guerrière. Je l’ai vu se battre dans l’esprit pour de très nombreuses personnes. Je l’ai vu garder sa bouche fermée face aux attaques et à la violence de certaines personnes contre nous. Elle m’a appris à être constant et garder le cap. Elle m’a appris à imiter Jésus-Christ.

Bien entendu, mon père spirituel, Marc Bredenkamp, a joué un rôle fondamental. Je lui serai éternellement reconnaissant. Il m’a inculqué la passion pour les âmes non pas en parlant mais par le prix qu’il a payé et qu’il paye encore aujourd’hui avec son épouse et sa famille.

Son amour pour la Parole de Dieu vous met une belle gifle d’amourJ’évoquais plus tôt mes problèmes d’orgueil et mon addiction à l’approbation des gens. Cela avait affecté mon couple et mon leadership. A ce moment-là, Dieu par Sa grâce m’a envoyé des personnes extraordinaires qui sont devenus mes meilleurs amis. (Lorsque Dieu veut bâtir une vie, il t’envoie quelqu’un. Lorsque le diable veut détruire une vie, il t’envoie quelqu’un). Stève et Sandrine Rivière, qui sont à nos côtés dans le leadership Extravagance, ont joué et jouent toujours un rôle majeur dans nos vies. Stève est un homme de Dieu extraordinaire. Il m’inspire au quotidien. A ses côtés, vous ne pouvez pas baisser les bras. Son amour pour la Parole de Dieu vous met une belle gifle d’amour (lol). Stève est un roc. Ceux qui le connaissent l’appelle le Vin Diesel français… Quand vous servez Dieu à ses côtés, vous demandez à franchir de plus grandes montagnes. Sans lui, je doute que je pourrais être encore dans le ministère aujourd’hui.

Mes parents et mes beaux parents ont eux aussi joué un rôle majeur. Mon père m’a appris ce qu’est la générosité. J’en ai vu des gens généreux dans ma vie, mais lui, il les surpasse tous. Il a cette facilité à se dépouiller par amour. Je crois sincèrement que cela m’a permis de « comprendre » un peu mieux l’amour du Père.

Mon ami de longue date, Luc Dumont. Par son courage et sa ténacité, par son cœur d’adorateur, il a toujours été là pour moi. On s’écrit presque tous les jours (rires). Pourtant, il vit à Montréal et moi je vis là où Dieu habite toute l’année, l’île de La Réunion.

Les membres de mon équipe m’inspirent. Je ne peux pas les citer tous ici mais je tiens à remercier Jérémie, Harold, Pascal et Joel, Emilie, Phil. Merci les amis ainsi que vos familles.

  • As-tu des modèles, des mentors, des personnes qui te poussent à aller de l’avant et à devenir meilleur ?

La liste peut être longue – très longue. En quelques lignes, je vais essayer de vous donner les noms de ceux et de celles qui me poussent à toujours progresser.

John Bevere, Bill Hybels, Rick Godwin, TD Jakes, Rick Renner font partie de ceux qui m’inspirent tous les jours et qui me poussent à vouloir devenir un meilleur leader. Leur enseignement, tout comme leur histoire, me touchent particulièrement. Tous ont un amour pour la Parole, pour les gens et tous veulent laisser un héritage à la gloire de Dieu. Il y en a d’autres, mais, eux sont les principaux.

Never give up !En tant que mentors, j’aimerais citer deux de mes amis qui, dans leur domaine, me sortent régulièrement de ma zone de confort : Fabrice Aldon et Mica Pain. Ce sont deux amis avec lesquels je fais du sport (vélo et trail). Leur style de vie m’aide énormément à maintenir une bonne santé physique. Avec eux, mon mental est toujours en mode « Never give up ! Never give up ! Never give up ! ». Je les remercie au passage.

  • Quel est le personnage biblique qui est une source d’inspiration pour toi ? Et pourquoi ?

David : C’est lui qui m’a fait comprendre que l’adversité est le petit-déj’ des champions pour DieuAu risque de manquer d’extravagance, je dirais « David ». David avait de très nombreuses qualités en tant que leader, mais celle qui – surtout par les temps qui courent – me marque le plus, c’est sa capacité à voir et percevoir le cœur de Dieu, même après avoir chuté lourdement. Son optimisme me galvanise. Lorsque tu lis la vie de ce roi extraordinaire, tu oublies presque toutes ses immenses et colossales erreurs. Dès les premières heures de son leadership, dès l’instant où David a reçu le manteau de roi d’Israël, il a foncé dans la carrière qui lui était ouverte avec panache, passion, optimisme et foi ! D’autres leaders auraient sûrement pris beaucoup de temps de réflexion à peser le pour et le contre avant d’agir. Pas David ! Lui était un homme d’action. Il avait une telle confiance en Dieu que Goliath n’a eu aucune emprise sur lui. C’est lui qui m’a fait comprendre que l’adversité est le petit-déj’ des champions pour Dieu. Sa confiance en Dieu et l’assurance qui en découlait te rappellent que rien ne peut arrêter un homme ou une femme qui demeure à l’abri du Très Haut. C’est lui qui a écrit le Psaume 23. C’est lui qui te rappelle que tout ira bien en tout temps. David m’inspire par l’espérance qu’il a toujours su préserver et partager. « Mais David reprit courage en s’appuyant sur l’Éternel, son Dieu. » ( 1 Sam.30:6) Au beau milieu de l’un des pires moments de sa vie, David a puisé sa force dans le Seigneur et a su la communiquer aux autres. Sans aucun doute, il nous faut plus de David aujourd’hui que jamais.

  • Quel conseil pourrais-tu donner à celles et ceux qui souhaitent se lancer dans la même voie que toi ?

Servir Dieu sans les larmes est possibleTout d’abord, j’aimerais leur dire que servir Dieu sans les larmes est possible. Certes le ministère n’est pas toujours facile, mais si tu apprends à marcher à Son rythme, alors tu peux vivre une vie joyeuse et victorieuse. Un jour, j’ai posé la question suivante au pasteur d’une très grande église (plus de 35 000 membres) : « Mais, vous ne semblez pas stressé ! Vous êtes joyeux et toujours en train de rire ! Comment faites-vous? » Il m’a souri et a ouvert sa bible à Matthieu 11.28-30 (J’aime la paraphrase de la version « The Message ») :

Êtes-vous fatigués ? Êtes-vous épuisés ? Êtes-vous blessés par la religion ? Venez à moi. Reposez-vous en moi et vous serez restaurés. Je vais vous montrer comment prendre du vrai repos. Marchez avec moi et travaillez avec moi. Regardez comment je m’y prends. Apprenez les rythmes spontanés de la grâce. Je ne mettrai rien de lourd ou de mal ajusté sur vous. Tenez-moi compagnie et vous apprendrez à vivre une vie légère et libre.
(MSG traduite)

Ce jour-là, j’ai compris que ma vie publique dépend de ma vie dans le lieu secret. (Matt. 6:6)
Quoi que tu fasses, ne jamais faire passer le ministère avant l’intimité avec Dieu. Ne laisse jamais ce que tu fais pour Dieu te faire oublier qui Dieu est.

L’une des tendances les plus pernicieuses de notre génération est d’enseigner que l’amour est plus important que la doctrine et la véritéEnsuite, j’aimerais dire que pour réussir selon Dieu, il faut faire les choses à sa façon. Sa Parole et son Esprit sont les « ingrédients » d’une vie digne de son amour. Il est capital de toujours chercher à vivre avec le Saint-Esprit et selon Sa parole. Nous faisons face à une montée sans précédent d’une grande confusion dans le Corps de Christ. Il y a beaucoup de mélange. La Bible est de moins en moins respectée en tant que Parole de Dieu. Je ne parle pas ici de légalisme, mais je veux t’encourager à ne jamais oublier que tu dois bâtir ta vie, ton mariage, ta famille, ton ministère et tout le reste sur la Parole de Dieu. Dieu est Amour, mais Dieu est aussi Vérité. Son Esprit est appelé l’Esprit de vérité. L’une des tendances les plus pernicieuses de notre génération est d’enseigner que l’amour est plus important que la doctrine et la vérité. Ainsi, l’amour demande le divorce à la doctrine et l’unité rejette la Vérité !Sans rentrer dans des débats sans fin, je suis inquiet de voir que de plus en plus de gens disent que la doctrine divise, tandis que l’amour unifie.

Sans la vérité pour le définir, pour l’interpréter, le protéger, le guider, le canaliser, l’amour peut produire une vraie catastropheAlors un conseil, étudie la Parole et reste ancré dans sa Parole, parce que sans la vérité pour le définir, pour l’interpréter, le protéger, le guider, le canaliser, l’amour peut produire une vraie catastrophe. Nous ne pouvons pas imaginer la vie sur cette planète sans eau. L’eau est absolument essentielle pour la vie, tant qu’elle reste canalisée, dans ses canaux, ses aqueducs et ses tuyaux. Mais lorsque l’eau est hors de contrôle, c’est la deuxième plus grande catastrophe qui peut arriver à notre planète, après le feu. D’une part, c’est une bénédiction absolue, mais d’autre part, cela peut devenir une pure catastrophe. Il en est ainsi de l’amour ! Il nous faut prendre garde de ne pas tomber pour ce sentimentalisme religieux. Il y a une chose pire que la division, c’est la paix avec le compromis. La vérité est infiniment plus importante que la fausse unité du monde.

Ce sont tes relations qui sont pour toi et pour chacun de nous de vraies protectionsEnfin, n’oublie jamais que ta spiritualité ne te protège pas. Ce sont tes relations qui sont pour toi et pour chacun de nous de vraies protections. J’ai vu trop d’hommes et de femmes spirituels tomber dans le péché parce qu’ils étaient isolés. Incapables de se tourner vers quelqu’un de confiance afin de partager leur tentation, nombreux ont tout perdu en tombant dans une spirale infernale. J’aimerais souligner ici que les associations sont capitales dans le royaume de Dieu. Aime tout le monde et respecte tout le monde, mais cherche des relations et associations que Dieu approuve. Ce n’est pas tout ce qui est bon qui est divin ! Ne laisse rien ni personne installer une distance entre toi et ton épouse (ou époux si tu es une femme) et entre toi et ta famille. Ton mariage et ta famille sont ton premier ministère.

  • Comment perçois-tu tes prochaines années dans le ministère ? Quel est le ou quels sont les projets qui te tiennent à cœur ?

Mon futur tourne autour de trois axes principaux.

Ces églises ne doivent jamais être des clubs, mais des familles qui brillent dans la société par les œuvres qu’elles pratiquentJe crois fermement que l’Eglise locale est le socle ou la rampe de lancement pour tout ce que Dieu veut faire dans le monde. C’est de Sion que Dieu étend son sceptre. Je sais que « faire des disciples de Christ » est ce qui importe vraiment. Cela ne peut se faire sans églises locales qui soient réellement des familles spirituelles et des familles d’accueil dans leur région. Travailler à implanter des églises locales avec tout ce que cela implique est l’une de mes priorités. Ces églises ne doivent jamais être des clubs, mais des familles qui brillent dans la société par les œuvres qu’elles pratiquent (Jean 15, Eph. 2).

Travailler aux côtés de mon ami Stève et de notre équipe à la mise en place de centres de formation est le deuxième axe autour duquel je ressens l’approbation de Dieu. Nos écoles « Destinée » (fondées par Stève et Sandrine) en sont les prémices. D’autres projets magnifiques sont dans les pipelines.

Il y a un besoin urgent d’exposer l’Eglise et le monde au vrai ministère prophétiqueDe par mon appel, je voudrais me consacrer à lever une armée prophétique. Dieu a assurément restauré aux yeux du peuple les cinq ministères. La voix prophétique, surtout en France, a été grandement méprisée depuis des siècles – et je pèse mes mots. Il y a un besoin urgent d’enseigner sur le sujet. Il y a un besoin urgent d’exposer l’Eglise et le monde au vrai ministère prophétique. Les dérives ont assez duré. Les manipulations ont assez duré. Les cinq ministères sont d’une importance capitale dans l’œuvre de transformation que chaque Chrétien vit, sous la conduite continuelle du Saint-Esprit.

  • L’actualité est souvent troublée et triste. Chrétiens persécutés, société à la dérive, catastrophes naturelles, changements éthiques majeurs… Quelle est ta position face à ces événements ? Es-tu plutôt engagé, veilleur attentif, lanceur d’alerte, intercesseur… ?

Je veux être de ceux qui font bouger les choses par la puissance du Saint-EspritChrist a dit « L’Esprit du Seigneur est sur moi car il m’a oint pour »… les autres, pour tous ceux qui sont esclaves, aveugles, meurtris, blessés, sous le poids de la culpabilité. En tant que chrétien rempli du Saint-Esprit, il m’est impossible de ne pas réagir. Je ne suis certainement pas un veilleur attentif. La compassion, la sagesse d’en haut et la puissance du Saint-Esprit font de nous des solutions pour notre monde. Nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde. Nous ne sommes pas que des serviteurs, mais aussi des amis du Christ. Il nous révèle son cœur pour un monde qui souffre. Je veux être de ceux qui font bouger les choses par la puissance du Saint-Esprit. Il y a plusieurs façons pour le faire – toujours dans l’Amour : prêcher la Parole, manifester les dons spirituels et la puissance de Dieu, se consacrer à sa famille, s’investir dans des associations qui font un travail efficace dans la société, utiliser les réseaux sociaux et tout moyen de communication tel que ce super site qu’est InfoChrétienne, que je remercie au passage pour cette interview.

Que Dieu nous remplisse de son Esprit ! En tout temps, que son Esprit de sagesse et d’intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l’Éternel nous sature et qu’un amour ardent pour sa parole soit notre portion. Que les fruits de notre enracinement en Christ soient plus qu’abondants pour le gloire du Père. Que Dieu vous bénisse richement et que sa faveur abonde dans votre vie. Voici ma prière pour tous ceux et celles qui me liront aujourd’hui.

Bruno, merci pour le temps consacré et tes réponses à coeur ouvert. Merci également pour tes encouragements ! Que le Seigneur te bénisse richement et continue de vous inspirer Elodie et toi, pour bénir la francophonie.

La rédaction

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