Entretien avec le pasteur Freddy de Coster

La faillite financière de la campagne de Pentecôte à Bercy 2009, les dettes qui subsistent encore, le couple dans la tempête puis l’installation de la famille De Coster à l’étranger, la conférence « Jours de grâce » à laquelle il est invité les 8 et 9 juin : « pasteur Freddy » répond à nos questions et termine par un appel vibrant à l’unité des chrétiens de France autour d’un but: évangéliser une nation qui en a bien besoin… Interview.

par Nicolas Ciarapica

1- Freddy De Coster, tu as quitté la France pour les Etats-Unis si je ne m’abuse? Dans quelles circonstances?

C’est exact. Après avoir vécu une sorte de tohu-bohu en 2009 – ce que personne n’ignore – nous avons passé 3 ans en quasi plein temps pour régler le plus de situations possible. Nous avons fait le choix de ne pas déposer les bilans afin de pouvoir rembourser chacun des créanciers, de revendre le plus d’actifs possible (la crise n’aide pas) et de travailler à des levées de fonds. Nous avons pu régler un bon nombre de situations. Il nous reste encore un long chemin à parcourir, mais nous persévèrerons. Au plan familial toutefois, il ne nous était plus possible de tenir. Il était temps que je stabilise l’aspect purement quotidien de mes proches et que je les protège par un travail rémunéré.

C’est dans ce sens que m’a vivement conseillé le pasteur Favre de Neufchâtel, suivi du pasteur Goulet. C’est alors que le Seigneur a ouvert une grande porte pour que nous puissions nous rendre aux USA, pour travailler en tant que pasteur et évangéliste sous la couverture du Pasteur Paul Goulet, de l’église ICLV de LAS VEGAS. C’est ce que je fais depuis 10 mois, avec beaucoup de plaisir. Mon deuxième plein-temps est donc encore consacré à la France et à la gestion des situations qui demeurent, ce que nous faisons, non plus guère seuls, mais avec un certain nombre de bien-aimés qui nous aident.

2- Comment vas-tu, toi? Et comment vont ta femme et tes enfants?

Nous allons bien. C’est une grâce. Avec les années, nous pouvons compter et goûter combien Dieu est bon et fidèle. Les choix que j’ai pris ont pu provoquer – au départ – une forte tension tant le brouillard qui nous entourait était épais. Il était difficile de discerner par où commencer, comment faire, comment gérer les urgences, etc. Tu imagines bien les sentiments d’insécurité et la souffrance qu’une explosion telle que nous avons vécue (qui fût suivie de dettes abyssales) peuvent provoquer sur ceux que tu aimes le plus. Après un certain temps, je me suis rendu compte que je ne mettais pas les bonnes priorités en place.

Même s’il pouvait être honorable de me vouer corps et âme, nuit et jour, à mon devoir de pasteur, de président de l’association ou des autres structures pour payer les dettes, j’ai fini par décider de protéger d’abord ma famille qui ne me voyait jamais, qui craignait mes malaises vagaux à répétition, qui devait protéger les enfants de l’agression des huissiers et qui subissait tant d’autres souffrances encore.

« Nous avons fait une démarche de pardon et nous avons remonté la pente ensemble »

Nous sommes allés parler à nos pasteurs – Paul et Denise Goulet – qui ont prié pour nous, nous ont conseillé avec beaucoup d’amour et nous ont encouragés. Puis, nous avons fait une démarche de pardon mutuel pour les erreurs que nous avions pu commettre, pour la gestion imparfaite de nos émotions entre nous, et parfois en public. Puis, nous avons décidé de resserrer plus que jamais les liens de l’attelage que le Seigneur avait construit du fait de notre mariage. Maria, qui est une femme exceptionnelle, a pu être rassurée par une meilleure écoute de ma part, nous avons parlé des heures durant, nous nous sommes compris et nous avons remonté la pente ensemble.

Aujourd’hui, nous récoltons ensemble les grâces que le Seigneur a décidé de nous accorder et nous construisons le futur, qui sera fait de la prédication de l’évangile, pour tenter d’amener le plus de personnes au pied de la Croix.S’agissant de nos enfants, nous sommes très reconnaissants. Ils sont très beaux et ont une belle joie de vivre. Ils aiment le Seigneur et ont des résultats scolaires spectaculaires. Nous sommes si fiers d’eux, ils ont beaucoup de mérite.

3- Comment as-tu trouvé le traitement de ton « affaire » et le déferlement de haine contre ta personne qui s’en est suivi sur plusieurs sites de l’Internet francophone?

Nous avons été abasourdis au départ. Nous en perdions même la force de parler tant le choc fut violent. En outre, ces charges ne survenaient qu’après d’innombrables déferlantes que nous avions déjà dû gérer des années durant. Nous étions d’autant plus scandalisés que nous savions que ceux qui écrivaient de tels articles et ceux qui se délectaient à les commenter avec brutalité, ne le faisaient qu’en prêtant foi à des rumeurs infondées que nul ne prenait la peine de vérifier avant publication ou, pis encore, en rendant de faux-témoignages dans le but de faire condamner des pasteurs.

Nous savions bien qu’en 2009, la peur panique de notre entourage avait laissé place à une haine gratuite et si dommageable. Jésus lui-même l’a vécu (Jean 6:66) mais Lui était parfait. Ce qui est loin d’être mon cas. Pendant toutes ces années j’ai eu le temps de “refaire le match”. Et si beaucoup de mensonges et de couardises furent pour nous de virulents ennemis, il n’en reste pas moins vrai que je porte une responsabilité certaine dans le fait de n’avoir pas pu – ou pas su – mieux sécuriser mes équipes, nos finances, nos projets et nos vies. Mais, méritais-je un tel traitement?

Quoi qu’il en soit, Maria et moi-même ne souhaitons même pas à notre pire ennemi (si tant est que nous en ayons un) de subir une telle vindicte publique.Mais au-delà de nos propres petites personnes, nous souffrions pour notre pays. Nous pleurions et jeûnions sans cesse pour la France. Qu’arrivera-t’il à un peuple qui s’ingénie à parler ainsi de ceux que Dieu a appelés pour le conduire? Qui dirigera des églises ou des mouvements si, dès qu’on ose se lever pour annoncer l’évangile, on doit vivre un tel sarcasme ou de telles souffrances. Ces attitudes relèvent-elles de la Parole de Dieu?

« J’ai fait beaucoup d’erreurs et ce brisement fut un grand précepteur pour moi »Nous avons crié à Dieu pour notre pays car ce défaut se retrouve, non seulement à l’encontre des serviteurs de Dieu qui ne veulent pas se compromettre face au défaitisme ambiant, mais aussi dans tous les aspects de la société tout comme dans toutes les sphères de décision ou de direction.Songez au traitement qui est fait aux politiques, aux patrons, à ceux qui réussissent, aux enseignants qui osent de moins en moins aller en classe, aux juges qui sont remis en cause, etc.

Nous pourrions égrainer un chapelet incessant des structures d’autorité (de décision) qui sont ainsi bafouées par un peuple en perte de repères et de valeurs. C’est un état d’esprit qui va faire souffrir beaucoup les familles françaises et notre nation toute entière. La rébellion est l’annonce de la destruction de soi alors que l’amour et le respect des autorités que Dieu a instituées pour nous est l’assurance de la bénédiction céleste – avec une promesse – comme l’en atteste une multitude de textes néotestamentaires tels que Romains 13 v.1-2 ; Romains 13 v.6-7; 1 Timothée 6 v.1; Ephésiens 6 v. 2-3; 1 Thessaloniciens 5 v.12-13.

Nous devons nous convertir tout-à-nouveau et ce, d’urgence. Car il n’y a que la Bible qui enseigne à respecter et à prier pour les autorités que Dieu a instituées pour nous, plutôt qu’à geindre et critiquer, comme par exemple en 1 Timothée 2 v 1-2 : “J’exhorte donc en tout premier lieu, à faire des requêtes, prières, intercessions, actions de grâces, pour tous ceux qui occupent une position supérieure (de direction), afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et dignité”.

Rapidement donc, nous avons proposé au responsable du blog qui nous avait ainsi pris par surprise qu’il accepte d’adopter la démarche biblique de Matthieu 18 v.15-17, texte qui énonce clairement la marche à suivre en cas de conflit avec un frère. C’est ce qu’il a accepté de faire (tout à son honneur) avant de venir vérifier – sur pièces – les allégations. Il a alors pu se rendre compte, par lui-même, de ce qui s’était réellement passé, puis a décidé de publier un démenti, ce qui n’a fait que démontrer sa grandeur d’âme. J’ai fait beaucoup d’erreurs c’est certain, et ce brisement fut un grand précepteur pour moi. Finalement, nous avons pu expérimenter la grâce de Dieu et comme le disait Joseph en son temps (Genèse 50 v.20) : “Vous aviez médité de me faire du mal : Dieu l’a changé en bien. »

4- Très clairement, à combien se monte aujourd’hui encore la dette de l’action entreprise pour Pentecôte 2009 à Bercy et qui en a la charge?

Le comptable est en train de finir la comptabilité, mais je crois que la dette est descendue au dessous de 270 000€.

5- Qu’est-ce qui t’a conduit toi, ton équipe et ta fédération d’églises, à une telle prise de risques à l’époque?

Ma fédération n’a pas pris part à cet évènement sinon je ne doute pas qu’ils auraient assumé une partie des responsabilités. Franchement, nous avions travaillé sans relâche à la sécurisation de cet évènement qui devait être entièrement financé. Avec les directeurs financiers, nous avions fait un très beau business plan, organisé et financé d’innombrables réunions avec des serviteurs de Dieu, embauché même à mi-temps un pasteur très respecté pour qu’il puisse mobiliser les ministères de la région, nous avions obtenu des promesses qui couvraient les frais, des garanties de partenaires et surtout, nous devions recevoir le chanteur Bono les jours précédant la campagne, ce qui nous permettait de financer les infrastructures.

« J’étais président et visionnaire: c’est à moi d’assumer »Une banque même ayant étudié à la loupe notre travail et validé notre projet par l’accord d’un préfinancement. Ce qui était historique. Si nous avions été légers ou imbéciles, ils n’auraient pas suivi.C’est d’ailleurs de là que vient la plus grosse pression en ce moment pour Maria et moi-même, puisque nous sommes condamnés à rembourser la somme de 155 000€ dans le plus brefs délais. Ainsi, la prise de risque était calculée du mieux possible avec les éléments dont nous disposions à cet instant “T”. Le projet était magnifique.

Il ne sert à rien de chercher des responsables ni de vouloir trouver des excuses. Maria et moi-même avons pardonné à chacun et nous les aimons tous. Quant-à moi, j’étais le président et le visionnaire, c’est à moi d’assumer et je ne pourrai jamais assez remercier mon épouse et mes enfants de me permettre de le faire. La Bible ne dit-elle pas “Que ton oui soit oui, et que ton non soit non”. Pour moi, c’est une question de principe, une question d’honneur, surtout celui du Seigneur. Merci à tous ceux qui nous aident dans cette tâche (vous étiez plus de 300 personnes ou oeuvres en 2013) car sans eux, nous n’aurions pas pu avancer jusque là et le Nom du Seigneur aurait été jeté en pâture.

6- Tu reviens en Juin en région parisienne, avec toute une équipe. Quelles garanties avez-vous prises, tant au niveau des collaborations pastorales que des frais induits ?

Oui, plus précisément j’ai été invité en tant qu’orateur à cet évènement préparatoire.Les pasteurs qui souhaitent que la France puisse être évangélisée ne doutent pas de la difficulté qu’il y a – dans notre beau pays – à s’unir pour une cause.Chacun sait le grand travail que font les serviteurs de Dieu en France, mais ces pasteurs ont bien compris que la devise Napoléonienne “Diviser pour mieux régner” est tragiquement active dans l’église de France et qu’il est bon d’avoir une action commune.

« 160000 musulmans se rassemblent au Bourget: et les églises? »Je crois qu’ils souhaitent que ce ne soit pas qu’une réunion mais que chaque année les églises s’unissent ensemble pour un grand évènement, comme l’ont fait les musulmans au Bourget où ils ont montré leurs muscles aux autorités en rassemblant plus de 160 000 personnes. Des centaines d’églises viennent d’être fermées depuis 2 ans en région parisienne, mais il est bon que la France entende la nouvelle du Salut en Jésus-Christ, ensemble.

Je sais qu’ils ont des promesses de dons de la part de chrétiens et pasteurs qui désirent investir pour les âmes perdues, et qu’une partie de celles-ci ont déjà été envoyées. Je crois que le budget pour cette réunion est presque clos, vous pouvez retrouver les infos sur www.joursdegrace.com, et surtout chacun est bienvenu pour aider et donner !

7- Penses-tu que les chrétiens, notamment les chrétiens de France, ont compris ce mélange de finances et de foi qui te caractérisaient à une époque ? Qu’est devenu le fond De Coster Finances ?

Pour certains oui. Les français ont du bon sens. Si leur rapport à l’argent est très difficile, chacun sait que pour nourrir un enfant, il faut de l’argent. Si le salut qu’offre l’évangile est gratuit, c’est parce que Jésus en a payé le prix, payant à notre place nos dettes éternelles. Le même principe est encore actif aujourd’hui. Pour qu’une personne puisse recevoir une chose gratuitement, il faut bien que quelqu’un ait payé pour elle. Voilà la tâche qui nous revient (1 Corinthiens 9 v.16).

Le Pardon des péchés est accompli et gratuit, mais son annonce à ceux qui l’ignore requiert beaucoup d’efforts et de finances. Evangéliser coûte cher. C’est pour cela que Dieu a choisi de susciter la foi en ses disciples (Hébreux 12v.2) afin de pouvoir prolonger son Œuvre de grâce sur la terre car s’ils n’entendent pas, on les prive derechef du salut (Romains 10 v.17). Finalement, s’ils n’entendent pas parce que nous n’y allons pas, nous en portons la responsabilité.

« Le salut est gratuit mais évangéliser coûte cher »Il faudra bien comprendre que si l’on veut que Christ soit le Seigneur dans notre pays, il revient à chaque chrétien d’investir d’urgence et avec générosité, dans la cause qui nous est chère. Je ne parle pas des dîmes et des offrandes que chacun est libre de choisir de donner à son église locale, mais d’investissement. N’est-ce pas ce que font très bien les associations homosexuelles, musulmanes, juives, les partis politiques, les défenseurs de l’environnement, la ligue contre le cancer, la croix rouge etc, pour les causes qui leurs sont chères ? Il faudrait être bien naïf pour attendre de ces structures ou du gouvernement qu’ils financent nos églises ou nos évangélisations !

La faisabilité du changement de notre pays pour Jésus-Christ ne peut, dès lors, se faire que par les chrétiens eux-mêmes. Seule la générosité génère le changement.
S’agissant de l’entreprise que tu cites, il ne s’agissait pas d’un fond, mais d’une entreprise qui devait organiser juridiquement et légalement le travail. Accessoirement, elle me donnait un salaire pour le travail que j’effectuais, puisque j’avais choisi de ne plus toucher de salaire de mon église depuis 2007. Cette entreprise a été fermée en 2012 et le juge n’a relevé aucune faute de gestion.

8- Quelle est ton analyse de l’énorme faillite de Sunday Adelaja qui, suite à la délivrance du fils du maire de Kiev en Ukraine, a été introduit dans les milieux d’affaire et perdu via son fond de placement la somme colossale de 100 millions de dollars (le procès suit encore son cours)?

N’ayant pas étudié les éléments relatifs à cette affaire, je suis incompétent pour prononcer un jugement (Romains 2v.1 – Romains 14v.10ss, etc). Prions pour ce pasteur et sa famille, sans oublier de prier pour son église, qui ont dû beaucoup souffrir, car “il est bon que le coeur soit affermi par la grâce” nous rappelle Hébreux 13 v.9b. Ne sont-ce pas ceux qui sont tombés qui ont le plus besoin de grâce? J’ajoute que le sage Salomon nous a bien averti que “celui qui couvre une faute cherche l’amour, et que celui qui la rappelle dans ses discours divise ses amis” (Proverbes 17v.9). Recherchons plutôt l’amour.

9- L’ambition de « Jours de grâce », la nouvelle conférence qui t’accueille, est à l’opposé des « Jours de colère » qui se manifestent de plus en plus en France. Comment faire naître ce réveil des consciences?

Ton observation est remarquable. N’est-ce pas aux chrétiens de montrer l’exemple que si « l’amour est fort comme la mort” (Cantiques 8v.6), l’amour et la foi triomphent de la mort? Les gens souffrent et ils le manifestent, on peut bien le comprendre. Nous, chrétiens, nous avons la solution qui a prouvé dans l’histoire de l’humanité, être la plus merveilleuse et efficace qui soit. Rappelons-le à ceux qui souffrent. Car c’est exactement pourquoi Jésus est venu pour “sauver et guérir ce qui était perdu”. J’ai adhéré à cette initiative des pasteurs parisiens car ils démontrent, en ne tombant pas dans le piège de la colère, que : “A ceci tous connaîtrons que vous êtes mes disciples, si vous avez de l’amour les uns pour les autres” (Jean 13v.35).

10 – Les grandes conférences ne sont-elles pas des « pièges à orgueil » justement? Je veux dire, on sent nettement que les gens sont saturés de ces choses et cherchent du local, du contact, du maillage de terrain dans leurs localités et pas forcément dans une capitale… Une fois que vous serez partis, retournés à l’autre bout du monde pour certains, que restera-t-il de ce feu et comment comptes-tu poursuivre cet engagement ?

C’est un bien étrange argument que celui-ci. Tout dans la vie est un piège à orgueil, pas seulement les grandes conférences. C’est pourquoi le Seigneur nous dit en Proverbes 4 v.23 de veiller sur notre cœur plus que toute autre chose. Les gens qui s’imaginent que tous ceux qui font ce travail d’évangélisation, le font pour être connus ou reconnus, ignorent peut-être la difficulté de la tâche. Nombreuses sont en effet les injustices qui en découlent, les moqueries, les trahisons, la pertes des amis, les prières et les jeûnes incessants, les enquêtes, le combat spirituel, les fatigues, les coups reçus, les finances à livrer, l’éloignement d’avec les êtres chers etc, et franchement, si quelqu’un veut être riche ou célèbre, ce n’est pas en évangélisant qu’il peut l’être.

« L’évangile n’est pas un business, c’est un sacrifice »L’évangile n’est pas un business, c’est un don de soi, un sacrifice.Tu évoques à juste titre l’importance capitale du maillage local. Mais nous aurions tort de le faire par exclusion des évènements de masse et d’unité. Un grand évènement est un témoignage, une communication, une démonstration urbi et orbi (1 Corinthiens 2 v.1) ; il permet d’augmenter le niveau de la foi qui, à son tour, déclenche des miracles et des décisions.

La pèche à la ligne est toujours utile et agréable, mais le Seigneur lui-même (Luc 5-) a demandé aux disciples de différentes barques, de réparer les filets et de retourner à la pèche pour prendre une grande quantité de poissons, ce qui fût une image de l’évangélisation et du travail en équipe.Tout comme un chrétien ne peut opposer la piété personnelle (culte personnel) à la piété communautaire (prière dans l’église), toutes deux complémentaires et indispensables, les grands évènements sont tout aussi nécessaires que la participation à une oeuvre plus locale.

Nous sommes bien mal inspirés lorsque nous opposons l’un à l’autre. Il y a un temps pour tout (Ecclésiaste 3 v.1). L’un n’est pas plus important que l’autre et ceux qui sont appelés à l’une des tâches sont aussi importants aux yeux de Dieu que ceux qui sont appelés à l’autre tâche. Dieu ne fait pas de favoritisme, Il ne cherche que l’obéissance à l’appel qu’Il donne. Jésus lui-même, alors qu’il exerçait son ministère béni sur cette terre, se gardait bien de ne prêcher que dans les synagogues.

« Jésus faisait tout pour provoquer des mouvements de foules. Ils sont complémentaires »En plus de cela, il faisait tout pour provoquer des mouvements de foules. Il envoyait ses disciples dans les villages pour préparer sa venue, dans les piscines, il leurs faisait faire de grands détours “Il faut que je passe par Samarie » (Jean 4v.4) pour aller parler à une femme qui appellerait ensuite tout son village.Ce village serait-il venu dans la synagogue où Jésus avait l’habitude de prêcher? N’est-ce pas Jésus qui a dit “allez, prêchez la bonne nouvelle à toute créature” et encore “s’ils ne veulent pas venir, allez les chercher”, n’a-t-Il pas dit “asseyez-les, donnez leur vous même à manger?

Aurait-il pu faire entrer 5000 hommes, sans compter les femmes et les enfants, dans la synagogue du coin? Crois-tu qu’un païen ait une seule envie de venir dans une église ou une cellule de maison? Ne faut-il pas aller à leur rencontre? Jésus était le premier des évangélistes et je n’oublie pas qu’Il nous a dit : “Les oeuvres que je fais, faites les aussi« , et « vous en ferez même de plus grandes”. Les réponses à ta question sont présentes en grand nombre dans le Nouveau Testament.Enfin, tu abordes la question cruciale du travail de suite. C’est bien la raison pour laquelle il est plus que nécessaire les églises et leurs pasteurs se joignent à cette initiative afin de pouvoir éduquer les nouveaux et les faire grandir dans la foi.

Pour conclure, permet-moi de poser à mon tour une question : Ce qui nous unit n’est-il pas plus grand que ce qui nous sépare ?Le Christ, face à des disciples qui se disputaient et se comparaient sans cesse, a prié pour qu’ils soient un, pour que le monde croie (Jean 17v. 21 et 23). Ne devons-nous pas réjouir le cœur du Père en agissant comme nos illustres aînés, qui changèrent de comportement, qui allèrent par tout le monde, qui évangélisèrent tous ceux qu’ils pouvaient et qui changèrent leur monde ? La perte de ce travail ou son gain pour l’église de France ne dépend que de notre décision à être complémentaires et à travailler ensemble. En attendant, toute personne qui recevra une grâce ou une guérison, une consolation ou une conviction, est une personne qui aura une chance d’être heureuse dans sa vie. Car Christ rend heureux.

Pour toute information sur la conférence « Jours de grâce », cliquez ici:

Jours de grâce

(du 8 au 10 juin 2014 à Noisy le Sec. Organisateur: pasteur Rémi Coadou)

Nicolas Ciarapica
Retrouvez d'autres contenus de Nicolas sur sa chaîne Youtube

Les opinions et prises de position des contributeurs d'Info Chrétienne n'engagent, ni ne représentent la rédaction ou la ligne éditoriale d'Info Chrétienne. Info Chrétienne soutient la liberté d'expression, de conscience et d'opinion.

© Info Chrétienne - Courte reproduction partielle autorisée suivie d'un lien "Lire la suite" vers cette page.

Vous souhaitez recevoir une alerte par email dès qu'un nouvel article est publié ?