« Épouse ton violeur » : En Turquie, un projet de loi permet aux violeurs d’épouser leurs victimes mineures

Le Parlement turc va examiner à la fin du mois le projet de loi « Épouse ton violeur » pour permettre aux agresseurs d’éviter les sanctions s’ils épousent leurs victimes mineures.

Les lois qui obligent les femmes à épouser leurs violeurs en Afrique du Nord et en Asie occidentale suscitent la consternation de la communauté internationale. À la fin du mois de janvier, c’est au Parlement turc que le projet de loi « Épouse ton violeur » va être présenté.

« Épouse ton violeur », c’est le projet de loi qui permettra aux violeurs d’échapper aux sanctions qu’ils encourent, à une condition, qu’ils épousent leur victime. La victime étant dans ce cadre-là une jeune fille de moins de 18 ans.

Ce projet de loi suscite la controverse au sein-même du Parlement. Selon le média britannique Independent, l’opposition et le Parti Démocratique des Peuples (HDP) voient en cette proposition la légitimation du mariage pour enfants et du viol légal, ainsi que l’exploitation sexuelle des enfants.

En 2014 déjà, BFMTV citait les propos du président turc, Tayyip Erdogan, à l’égard des femmes.

« Notre religion (l’islam) a défini une place pour les femmes (dans la société) : la maternité. Certaines personnes peuvent le comprendre, d’autres non. Vous ne pouvez pas expliquer ça aux féministes parce qu’elles n’acceptent pas l’idée-même de la maternité. […] Leur caractère, leurs habitudes et leur physique sont différents […] vous ne pouvez pas mettre sur un même pied une femme qui allaite son enfant et un homme. »

Les Nations Unies publiaient en juillet dernier un rapport intitulé, Progrès des femmes dans le monde 2019-2020 : les familles dans un monde en mutation. Il y atteste que « des années de mobilisation collective, d’élaboration de stratégies et d’innovation par des groupes de défense des droits des femmes ont abouti à l’abrogation ou à la réforme de lois archaïques dans toute la région de l’Afrique du Nord et de l’Asie occidentale ». C’est ainsi que l’année 2017 avait vu les gouvernements tunisiens, jordaniens et libanais abroger ou reformer « les clauses de leur code pénal qui permettaient aux auteurs de se soustraire aux poursuites s’ils épousaient la femme qu’ils avaient agressée et permettaient aux familles de forcer les femmes à se marier avec leurs violeurs ».

C’est désormais au sein du Parlement turc que la loi controversée s’invite. Notons d’ailleurs, qu’en 2016, un projet de loi similaire y avait été exposé. Cette législation prévoyait alors, selon Independent, de pardonner aux hommes qui avaient eu des relations sexuelles sans « force ou menace ».

M.C.

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