Grande-Bretagne : Des dirigeants religieux engagent une action en justice contre l’interdiction des cultes

122 dirigeants d’églises de différents courants poursuivent une action en justice contre les gouvernements anglais et gallois. Ils dénoncent l’interdiction des cultes pendant le confinement, une décision qu’ils jugent illégale. 

Un groupe de dirigeants d’églises issus de différents courants poursuivent une action en justice contre le secrétaire d’État à la Santé et aux Affaires sociales, ils affirment que la décision du gouvernement d’interdire les cultes est illégale et demandent la révision de cette mesure. Ils se référent notamment à l’article 9 de la Convention européenne des droits de l’homme sur la « liberté de pensée, de conscience et de religion ».

Le Chrsitian Legal Center représente le groupe de dirigeants religieux dans leurs démarches. Dans un communiqué de presse publié le 14 novembre l’organisation a déclaré que le gouvernement « a manqué à son devoir » en ne déterminant pas « dans quelle mesure le fait de laisser des lieux de culte ouverts risquerait de contribuer à la propagation de la COVID-19 ».

Dans leur demande officielle, les dirigeants religieux dénonce le gouvernement pour avoir pris ces décisions « en dehors du pouvoir législatif conféré par la loi de 1984 sur la santé publique, un principe important reconnu depuis longtemps par le droit anglais et la constitution ».

Ils démontrent également une « interdiction du culte collectif manifestement déraisonnable » en faisant valoir que « l’État a privilégié l’utilisation des locaux religieux à des fins laïques tout en interdisant leur utilisation à des fins religieuses qui sont leur raison d’être ». Sont également évoquées les procédures déjà mises en oeuvre pour réduire le risque de propagation du virus.

Le pasteur Ade Omooba MBE, qui dirige la contestation judiciaire, a déclaré qu’ils n’avaient pas d’autres choix que de poursuivre cette action judiciaire qu’il décrit comme « un moment important pour la liberté de culte à l’église dans ce pays ».

« Nous n’avons plus d’autre alternative que de poursuivre un contrôle judiciaire sur cette question cruciale et à ce moment important pour la liberté de culte à l’église dans ce pays. Nous appelons au gouvernement de reconnaître l’importance vitale du ministère de l’Église et le principe de l’autonomie de l’Église par rapport à l’État. »

L’ancien évêque de Rochester, Michael Nazir-Ali, a souligné que si les pasteurs reconnaissent les dangers associés à la pandémie, la défense de la liberté religieuse est primordiale.

« Les dirigeants de l’Église reconnaissent la gravité de cette pandémie et reconnaissent que le gouvernement doit prendre les mesures nécessaires pour empêcher la propagation du virus. Une tâche qui doit être réalisée en ayant en tête les libertés de l’Église qui ont été gagnées par une lutte acharnée au cours de notre histoire. Ces libertés incluent la liberté de croyance, d’expression et de culte. »

Michael Nazir-Ali dénonce un « malaise généralisé parmi de nombreux dirigeants d’églises à propos du manque de preuves et de consultation concernant l’interdiction du culte collectif ». Il insiste également sur le caractère « vital » de la tenue des cultes en ce qui concerne « la santé mentale et spirituelle des croyants, en particulier pour les personnes seules et vulnérables ».

Theresa May, l’ancienne première ministre britannique Theresa May a également exprimé son inquiétude concernant la politique du gouvernement en matière de liberté de culte, il y a deux semaines au parlement.

« Ma préoccupation est que le gouvernement qui rend aujourd’hui illégale la conduite des cultes publics avec les meilleures intentions, crée un précédent qui pourrait être utilisé à mauvais escient par un gouvernement à l’avenir avec les pires intentions. Cela pourrait avoir des conséquences inattendues. »

C.P

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