Human Right Watch : « Boko Haram mène contre le peuple camerounais une guerre dont le coût humain est choquant »

L’organisation dénonce l’intensification des attaques de Boko Haram dans l’extrême-nord du Cameroun.

L’organisation Human Right Watch révèle dans un communiqué l’intensification des attaques de Boko Haram contre les civils dans l’extrême-nord du Cameroun. Ilaria Allegrozzi, chercheuse pour l’organisation, dénonce « une guerre dont le coût humain est choquant ».

« Boko Haram mène contre le peuple camerounais une guerre dont le coût humain est choquant. Alors que la région de l’Extrême-Nord du Cameroun devient de plus en plus l’épicentre de la violence de Boko Haram, le Cameroun devrait adopter et mettre en œuvre de toute urgence une nouvelle stratégie respectueuse des droits pour protéger les civils en danger dans cette région. »

Human Right Watch parle de 80 morts et de centaines de maisons pillées depuis le mois de décembre 2020. Tout en précisant que « le nombre réel de victimes est encore beaucoup plus élevé ». L’organisation révèle « comment une femme kamikaze membre de Boko Haram a fait détoner son gilet explosif et tué des civils en fuite », mais ajoute aussi que « des dizaines de pêcheurs locaux ont été tués à coups de machette et de couteau », ou encore qu’un « chef de village âgé a été assassiné devant sa famille ».

Un bilan qui dénote avec les propos du ministre camerounais de l’Administration Territoriale, qui affirmait en février auprès du média Actu Cameroun que « la situation sécuritaire est sous contrôle » et que « Boko Haram vit ses derniers jours ici ».

Dans ce contexte, Human Right Watch appelle « le parlement camerounais à tenir une session au sujet de la réponse du gouvernement aux attaques croissantes contre les civils dans la région de l’Extrême-Nord, à fournir des recommandations sur la manière de renforcer la protection des civils, et à solliciter l’aide d’acteurs internationaux si nécessaire ».

L’organisation rappelle que le droit international humanitaire, qui interdit “les attaques délibérées disproportionnées ou indiscriminées contre des populations et des biens civils, s’applique au conflit armé avec Boko Haram.

Ilaria Allegrozzi en appelle donc à la protection efficace des civils :

« Avec la montée des attaques de Boko Haram au Cameroun, davantage doit être fait pour protéger efficacement les civils, notamment en renforçant la présence militaire et les patrouilles dans la région de l’Extrême-Nord et en veillant à ce que les soldats respectent les droits des habitants. Les partenaires régionaux et internationaux du Cameroun, y compris ceux qui soutiennent la force multinationale, devraient appuyer ces efforts et veiller à ce que leur assistance ne contribue pas à des violations des droits humains. »

L’insurrection de Boko Haram a commencé en 2009 au Nigeria avant de se répandre dans les pays du bassin du lac Tchad. Selon Human Right Watch, le Cameroun a connu un « pic d’attaques » au cours de l’année 2020.

M.C.

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