« Il n’y a plus un seul chrétien à Mossoul, des pans entiers de l’histoire de l’Eglise disparaissent. »

Telle est la déclaration de Marc Fromager, directeur général de l’Aide à l’Eglise en Détresse (AED) au journal La Libre.

M
onseigneur Louis Raphael Sako, chef de l’Église chaldéenne d’Irak, s’exprime ainsi dans une lettre publiée le 17 décembre dernier.

« Cette année les chrétiens d’Irak vont célébrer Noël dans des conditions déplorables. D’une part, en raison de la détérioration de la situation à tous les niveaux dans notre pays, et aussi bien sûr à cause de ce qu’ils ont vécu en tant que chrétiens, victimes de ségrégation et d’exclusion. »

Monseigneur Gollnisch, directeur général de l’Oeuvre d’orient depuis 2010, déclare à son tour,

« Les réfugiés qui ont quitté Mossoul et la plaine de Ninive sont proches de la désespérance car ils n’ont pas vu un seul mètre carré de zones de peuplement chrétien libéré de Daech »

Quand l’État Islamique a pris la plaine de Ninive, ils ont proposé trois options aux chrétiens : se convertir, fuir, ou être tués. Il n’y a plus de place pour les chrétiens à Mossoul, et il n’y a même plus de place pour les yézidis et les musulmans qui n’acceptent pas l’islam radical.

Selon l’observatoire Pharos, l’Irak comptait avant l’intervention américaine de 2003, plus d’un million de chrétiens. Aujourd’hui, ils seraient environ 240 000 dans le pays.
D’autres minorités y disparaissent complètement : les mandéens baptistes, dont les origines remontent aux premiers siècles sont passés de 50.000 en 2003, à 5000 aujourd’hui. Les yézidis sont passés de 500.000 à un nombre insignifiant.

Pour Marc Fromager, au micro de LCI en septembre dernier.

« Nous sommes au coeur d’une phase d’extinction du christianisme. Nous vivons les derniers jours du christianisme oriental. En Irak et en Turquie, il n’y en a pratiquement plus. »

Il évoque également la situation des chrétiens en Syrie.

Depuis 4 ans, 40 % des chrétiens ont quitté la Syrie. Selon le directeur de l’AED, les chrétiens d’orient sont pris en étau. Si la guerre continue, c’est la fin du christianisme en Syrie, alors qu’autrefois les relations entre chrétiens et musulmans étaient plutôt bonnes, meilleures que dans la plupart des pays du Moyen-Orient.

Selon l’observatoire Pharos, avant le début du conflit en 2011, les chrétiens de Syrie de différents rites, étaient environ 2 millions, soit 8 % de la population. Depuis quatre ans et demi, 40% de la communauté (800 000 personnes) a fui, principalement vers le Liban.

H.L.

Découvrez l’interview de Marc Fromager sur LCI.

 

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