Il y a urgence ! Réapprenons la valeur de la transmission

« J’ai pu voir plus loin que d’autres, car j’ai pris appui sur les épaules de géants », disait Isaac Newton.

L’humanité transmet aux générations qui se succèdent un héritage, certes imparfait car humain mais néanmoins fécond et riche de culture et de savoirs… Aujourd’hui nous ne sommes pas loin de considérer que c’est une violence faite à notre liberté que de transmettre, comme si nous devions nous délivrer de tout ce qui vient avant nous.

« L’homme vraiment libre serait celui qui ne doit rien à personne, et que rien ne précède. Cette définition de la liberté conduit inévitablement à la rupture de la transmission : pour nous inventer une liberté nouvelle, nous déconstruisons tout héritage, nous nous libérons de nos héritages familiaux et culturels  »

Explique François-Xavier Bellamy, philosophe chrétien, auteur de l’essai « Les déshérités ou l’urgence de transmettre ».

Selon lui, il s’est produit, dans nos sociétés occidentales, un phénomène unique, une rupture inédite. Une génération s’est refusée à transmettre à la suivante ce qu’elle avait à lui donner : l’ensemble du savoir, des repères, de l’expérience humaine qui constituait son héritage.

Ce rejet de la transmission pose la base que tout doit venir de l’apprenant. L’enseignant devient dès lors un facilitateur, seulement utile à créer de bonnes conditions pour que l’élève soit l’acteur de sa propre formation intellectuelle. Il ne doit plus se considérer comme le maitre d’un savoir, ni comme le détenteur d’une autorité  éducative. « Mais personne ne produit seul son savoir ! », estime François-Xavier Bellamy.

« Même nos capacités de recherche et notre créativité naissent de ce que nous avons reçu. Si Chopin n’avait eu sur son chemin que des « facilitateurs », le monde aurait été privé des Nocturnes. Cela fait quarante ans qu’on assassine des Chopin parmi nos élèves (…) La vraie violence éducative consiste à priver les enfants d’héritage ».

Cesser de transmettre aux plus jeunes les moyens de comprendre le monde et de lui apporter leur contribution, c’est les laisser en friche, vouer leurs talents au silence, les emprisonner dans l’immédiateté d’un monde qui veut ignorer la signification profonde des choses.

« C’est dans le vide de la pensée que naît le mal », écrivait Hannah Arendt. Et en effet nous en avons un atterrant exemple avec ces esprits vides que le discours islamiste a trouvé à habiter, ces jeunes français qui avaient pourtant passé des milliers d’heures sur les bancs de notre école. A cause de cette crise de la transmission, la pensée peine à se faire une place donnant naissance à une génération sans identité, sans repère, sans cause, sans idéal.

Nous le voyons à l’école et nous le voyons aussi au sein des familles, avec des parents qui n’osent plus se comporter en parents… souvent démunis face à leur progéniture à l’heure ou pourtant les « solutions » de « spécialistes » de l’enfance prolifèrent. Dans cette polyphonie de discours péremptoires, c’est à peine si les parents osent encore avoir des convictions, comme s’ils se sentaient illégitimes à exercer une autorité pourtant liée à leur responsabilité. Un ex-ministre de l’éducation national n’est-il pas allé jusqu’à dire qu’il fallait arracher l’enfant au déterminisme familial ? Comme si la société attendait qu’on lui fournisse des individus interchangeables, sans histoire, sans particularismes, sans foi…

La famille est le lieu par excellence dans lequel nous pouvons encore transmettre… à l’abri des idéologies dominantes et de la propagande des lobbys… transmettre des valeurs, des idées, de la connaissance, l’amour vrai, la confiance, l’altérité, l’altruisme, le soucis du prochain, la fidélité, le sens de la vie…

En tant que chrétiens, ne nous laissons pas déposséder de ce havre de la transmission que représente la famille et ne nous laissons pas gagner par les complexes de nos pairs vis à vis de l’autorité. Nos enfants ont besoin de verticalité, de l’expérience des aînés pour appréhender le monde qu’ils sont appelés à impacter. Car c’est de là que viendra toute leur créativité, toute leur liberté, toute leur humanité même ! Sachant qui ils sont, ils pourront construire le monde de demain dans le dialogue et le discernement.

Partageons-leur la clé d’interprétation du monde que représente la personne du Christ… Parlons-leur de la venue du Sauveur du monde à Noël, de sa mort et de sa résurrection à Pâques… Sans complexe. Répondons à la propagande aliénante du matérialisme et de l’individualisme par la propagande de la signification et du sens. Et en cela nous n’asservirons pas nos enfants, au contraire nous leur ouvrirons le chemin vers une liberté qui les rendra capable de construire leur identité propre.

M.R.

La rédaction

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