Insurrection islamiste aux Philippines : guérilla, otages, église vandalisée

Marawi, ville à majorité musulmane aux Philippines, est actuellement le théâtre de violents affrontements entre les insurgés islamistes et les forces gouvernementales.

L’histoire remonte au mois de janvier. Isnilon Hapilon, leader d’Abou Sayyaf, qui souhaite se rapprocher de groupe djihadiste Maute, est à Marawi. Il se présente comme l’émir des philippins affiliés à l’Etat Islamique. Les islamistes envisageraient d’y établir un nouveau califat en Asie du sud-est, financé par l’Etat Islamique. En tentant de capturer le leader, le ministre de la défense reconnaît qu’il ne s’attendait pas à voir surgir des centaines de djihadistes, venus de Tchétchénie, Arabie Saoudite, Yémen, et financés à hauteur de 2 millions de dollars par le groupe Etat Islamique. Dès lors, une guérilla s’installe. Le combat sera long.

« L’avantage (de l’ennemi), c’est leur maîtrise du terrain. Ils savent où mènent les allées les plus petites et sont libres de circuler. Ils savent d’où viennent les forces gouvernementales et où elles s’abritent. Ils ont des tireurs embusqués et leurs positions sont bien défendues. », affirme le major Rowan Rimas, officier des Marines.

Le ministre Lorenzana souligne la détermination des combattants :

« Normalement, dans ce type de conflit, les combattants déguerpissent et se cachent dans les montagnes. De manière surprenante, ils se sont retranchés là et attendent de combattre, peut-être jusqu’au dernier. »

Les militants islamistes contrôlent 10% de Marawi. Ils se cachent dans des tunnels et des caves qui résistent aux frappes de l’armée. Les mosquées, que les forces gouvernementales n’ont pas le droit d’attaquer, possèdent également des tunnels.

Environ 2000 civils ont été pris en otage. Parmi eux, le prêtre Teresito Suganob dit Chito et 15 fidèles. Privés de nourriture depuis plusieurs jours, ils servent de boucliers humains aux combattants islamistes, encerclés par les forces gouvernementales. La cathédrale Sainte-Marie et un établissement d’enseignement protestant, le Dansalan College,  ont été incendiés.

« Nous nous trouvons dans une phase délicate, indique Mgr Edwin de la Pena, évêque de Marawi, Nous sommes fortement préoccupés en ce qui concerne la vie des otages puisque nous ne savons pas quel pourrait être leur sort. Maintenant des contacts sont en cours et les militants menacent de décapiter le père Teresito Suganob. Les otages représentent leur garantie de survie. Nous espérons que les militants, mis le dos au mur, décideront de les libérer sains et saufs. »

Le président Rodrigo Duterte a imposé la loi martiale dans tout le pays  et appelle ses soldats à écraser les ennemis.

« Je vous ordonne d’écraser votre ennemi. Quand je vous dis écraser, vous devez tout détruire, y compris des vies. »

Plus de 40 000 personnes ont été évacuées dans des centres. Autant se seraient réfugiés dans des familles. L’heure est à l’urgence humanitaire. Des associations civiles et des communautés catholiques se mobilisent.

M.C.

Crédit image : Flickr/CC – Bernardo Arellano III

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