Iran : 120 avocats et militants en appellent à la justice pour que les parents adoptifs chrétiens puissent garder Lydia

Un tribunal iranien contraint des parents chrétiens à rendre leur fille adoptive. 120 avocats et militants se lèvent pour les défendre.

Sam Khosravi et Maryam Falahi ont adopté Lydia il y a deux ans. Mais, comme ils sont chrétiens et qu’elle est considérée musulmane, et bien qu’il reconnaisse le « lien émotionnel intense » qui les unit, un tribunal iranien vient de déclarer le couple inapte à élever leur fille adoptive.

Or, la petite Lydia souffre de problèmes cardiaques et digestifs. Compte tenu de sa santé, le tribunal admet d’ailleurs qu’elle restera peut-être « à jamais sous la protection du Département de la protection sociale ».

Face à cette tragédie, en Iran, 120 avocats et militants des droits civils et des droits de l’enfant viennent de publier une lettre ouverte au chef de la justice iranienne. Dans ce courrier publié par une agence de presse iranienne et relayé par Article 18, ils demandent l’annulation de la décision du tribunal.

Les signataires commencent par rappeler que la Constitution iranienne ne se préoccupe pas de la question religieuse dans le cadre de « la prise en charge et la protection des enfants maltraités ou non accompagnés », ajoutant que le christianisme est une religion reconnue en Iran.

« En ce qui concerne la prise en charge et la protection des enfants maltraités ou non accompagnés, la Constitution ne prête attention qu’aux aspects humains et moraux, ce qui signifie que tout citoyen iranien, quelle que soit sa religion, peut demander la garde d’un enfant auprès de l’organisation de protection de l’État. […] Nulle part dans ces lois ou règlements il n’est fait mention de la religion du demandeur, mais, en premier lieu, être un citoyen iranien de bonne moralité est le critère d’éligibilité. »

Ils déplorent que n’aient été pris en compte ni la maladie de l’enfant, ni l’amour qui existe entre Lydia et ses parents adoptifs.

« Le tribunal des affaires familiales et plus tard le tribunal d’appel, sans tenir compte des règles de la jurisprudence, ainsi que des points communs religieux et humains, ou de la santé de cet enfant – y compris un certificat médical décrivant sa grave maladie cardiaque – et indépendamment de l’amour et l’affection créée entre l’enfant et ses parents, a ordonné l’annulation de leur garde. »

Ils l’affirment, cette décision ne sert pas « l’intérêt supérieur de l’enfant et de sa santé », précisant qu’il s’agit d’une obligation de l’article 24 de la Convention relative aux droits de l’enfant, dont l’Iran est signataire.

Les signataires concluent en demandant l’arrêt de « l’exécution de cette sentence », mais aussi la prise de décision appropriée « pour annuler de telles peines futures ».

« Par conséquent, considérant que le devoir du pouvoir judiciaire est de soutenir et de réaliser les droits individuels des citoyens iraniens et d’établir la justice judiciaire, nous demandons à Son Excellence, en tant que chef de cette branche, conformément aux principes mentionnés dans la constitution, des règles jurisprudentielles , et les verdicts religieux de certains clercs chevronnés, d’émettre un ordre approprié pour arrêter l’exécution de cette sentence, et de prendre une décision appropriée pour annuler de telles peines futures, qui sont contraires à la loi et à la charia. »

M.C.

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