« J’ai été agressée. Il a été applaudi », le NYTimes donne la parole à une femme autrefois agressée par son pasteur

Nous évoquions déjà cette histoire d’abus au sein d’une église, le 18 janvier dernier, après qu’Ed Stetzer, directeur exécutif du Billy Graham Centre se soit insurgé contre la standing ovation dont avait bénéficié le pasteur Andy Savage lors de son discours de repentance devant l’église, 20 ans après les faits. C’est aujourd’hui le NYTimes qui redonne la parole à Jules Woodson. 

Jules Woodson avait 17 ans lorsque son jeune pasteur Andy Savage alors âgé de 22 ans, lui a imposé un acte sexuel. Malgré la demande d’Andy « d’emporter ça dans la tombe », Jules s’était confiée à ses parents et au pasteur principal de l’église, mais l’affaire en était restée là. 20 ans plus tard, de nombreuses victimes d’abus se sont exprimées dans le cadre du mouvement #MeToo, ce qui a encouragé Jules à reprendre contact avec le pasteur Savage, lui exprimant que cette journée la hantait toujours. Son courriel est resté sans réponse, et Jules a finalement rendu les faits publics sur un blog, obligeant ainsi Andy à sortir de sa réserve.

À l’occasion d’un culte filmé et retransmis en direct sur Internet comme à l’accoutumée, le pasteur principal de l’église Highpoint de Memphis a donné la parole à Andy Savage. L’homme a présenté ses excuses à la congrégation et à Jules pour ce qu’il qualifie « d’incident sexuel ». Le pasteur et la communauté ont accueilli ses excuses dans une standing ovation, qui a choqué de nombreuses personnes, poussant d’ailleurs l’église à retirer la vidéo.

Le NYTimes a toutefois pu télécharger la vidéo avant son retrait. Les journalistes ont proposé un droit de réponse à Jules, que vous pouvez découvrir en intégralité en anglais ici.

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Dans cette vidéo, Jules exprime sa souffrance face au déni de son statut de victime, au silence de l’Église, à l’absence de justice, et au harcèlement dont elle fait désormais l’objet.

« Je veux que nos églises changent leur manière de gérer les violences et abus sexuels. C’est un crime, pas seulement un péché sexuel. »

Le pasteur Ed Stetzer conseille 3 choses dans le cas d’abus et de violences au sein de l’Église :

1. Ne laissons pas la culture et la société affecter notre compréhension de la valeur que Dieu accorde aux femmes.

2. Ne permettons pas à un seul homme de posséder un pouvoir absolu au sein de l’église.

3. Écoutons et soutenons les victimes.

« Nous ne devons jamais protéger les « abuseurs » dans nos églises. Nous devons protéger les victimes. »

La rédaction

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