Jan Joosten, professeur de théologie à l’Université, condamné pour détention d’images pédopornographiques

Jan Joosten a reconnu avoir téléchargé 27 000 images et 1000 vidéos à caractère pédopornographique.

Autrefois pasteur, Jan Joosten était désormais professeur à la faculté de théologie protestante de l’université de Strasbourg et à l’Université d’Oxford. Il était connu pour être l’un des experts bibliques les plus distingués de sa génération. Il vient d’être condamné par le tribunal correctionnel de Saverne à un an de détention pour détention d’images pédopornographiques et à un suivi sociojudiciaire de trois ans. Son nom a été inscrit au registre des délinquants sexuels.

C’est le résultat d’une enquête menée par l’équipe de cybercriminalité de la police de Strasbourg. Jan Joosen a reconnu avoir téléchargé 27 000 images et 1000 vidéos à caractère pédopornographique de 2014 à mai 2020.

Élodie Lefebvre, substitut du procureur, parle d’un dossier « immoral ».

« Certaines photos, très crues, sont des scènes de viol. »

Le président du tribunal de Saverne s’étonne, « comment un père de famille de quatre enfants peut-il regarder de telles images pornographiques ? C’est le contraire de toute votre vie, de vos valeurs ». Ce à quoi Jan Joosen répond :

« C’était comme un jardin secret, en contradiction avec moi-même. »

L’université d’Oxford a immédiatement suspendu l’enseignant de ses fonctions et a mis en place une procédure de soutien pour les étudiants et le personnel de l’université.

Contactée par le média Réforme, Alice, une étudiante de l’université de Strasbourg, fréquente la même église que Jan Joosen.

« Dix ans, cela veut dire qu’on l’a toujours connu ainsi. Or rien ne nous permettait de déceler quoi que ce soit. Pour moi, c’est si dur, je fréquentais la même église que lui. »

Rémi Gounelle, le doyen de la faculté, s’exprimait ainsi :

« Nous sommes tous tombés de haut. Il n’y avait aucune suspicion de ce genre, aucun problème avec les étudiants. C’est une affaire moralement très choquante mais qui ne remet pas en cause les grandes compétences pédagogiques et scientifiques de Jan Joosten. C’est surtout profondément triste. Jan est tombé dans une forme d’addiction dont il n’a pas réussi à sortir. Il luttait contre ses pulsions négatives sans parvenir à y échapper. Cela nous montre la complexité de l’être humain. Jan est un collègue très apprécié et il vivait avec ça. Cela rend humble de découvrir cette addiction, cette fragilité. »

Jean-Sébastien Rey, professeur à l’Université de Lorraine-Metz, département des théologies, se dit « proche de Jan Joosten » et a tenu à « condamner ces actes, ces crimes et l’horreur ».

« En tant que proche de Jan Joosten, j’ai pensé qu’il était important de prendre la parole. J’ai mis du temps avant de pouvoir mettre des mots là où il n’y a pas de mots, pas de mots justes. Mais il est nécessaire de prendre la parole pour condamner ces actes, ces crimes et l’horreur. Condamner l’impensable : l’abus et l’exploitation d’enfants. Prendre la parole aussi pour soutenir ses proches qui sont plongés au coeur d’une horreur que je n’ose même pas imaginer : sa femme et surtout ses enfants. Prendre la parole pour dire à quel point mon coeur, mon âme, tout mon être est torturé entre l’horreur des actes et l’être humain que j’ai connu. Prendre la parole pour dire aussi qu’il faudra vivre avec les travaux que nous avons publiés ensemble, les projets que nous avons montés, les conférences que nous avons organisées. Prendre la parole aussi pour dire qu’il faut avancer, se redresser, affronter nos peurs, que la recherche continue et doit continuer, et que l’on doit continuer encore plus à se battre pour rendre ce monde plus juste, plus beau, plus vrai. Ma tristesse est immense. »

Selon l’avocate de Jan Joosten, ce dernier aurait demandé de lui-même une aide psychiatrique.

M.C.

Crédit Image : © Ralph Hammann – Wikimedia Commons

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