La bataille de Heidi Crowter, britannique porteuse de trisomie 21, contre une loi sur l’avortement qu’elle juge discriminatoire

Heidi Crowter, jeune femme de 26 ans porteuse de trisomie 21, a perdu jeudi une contestation judiciaire contre le gouvernement britannique. Elle se bat contre une loi autorisant l’avortement jusqu’au terme de la grossesse si le foetus est porteur d’un handicap. 

« Le gouvernement ne pense peut-être pas qu’il me discrimine, mais je l’affirme, je me sens victime de discrimination », a déclaré la jeune femme devant le palais de justice jeudi, à l’issu du verdict.

Heidi Crowter, soutenue par un enfant trisomique non identifié et Maire Lea-Wilson, mère d’un fils porteur de trisomie, avait déposé une plainte contre le ministère de la Santé et des Affaires sociales à propos de la loi sur l’avortement en vigueur au Royaume-Uni.

Selon Associated Press, cette loi autorise l’avortement jusqu’à 24 semaines de grossesse en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles. Cependant, si les tests prénataux montrent qu’il existe un « risque substantiel » que l’enfant à naître « souffrirait d’anomalies physiques ou mentales telles qu’il serait gravement handicapé », cette disposition est levée, autorisant l’avortement jusqu’au terme de la grossesse.

Une législation « offensante » selon Heidi Crowter qui espère avec cette affaire faire évoluer les mentalités sur la manière dont les personnes atteintes de trisomie 21 sont perçues dans la société.

« C’est un jour très triste, mais je vais continuer à me battre », a-t-elle déclaré après avoir perdu sa contestation.

« Quand [William] Wilberforce a voulu changer la loi sur l’esclavage, il n’a pas abandonné, même lorsque les événements n’ont pas toujours marché dans son sens. Et quand les choses se sont compliquées, il a continué. Et je vais faire de même, parce que je veux voir un changement dans la loi pour empêcher les bébés comme moi… d’être avortés jusqu’à la naissance parce que c’est de la discrimination. »

Interviewée par la BBC, Maire Lea-Wilson mère d’un enfant atteint de trisomie 21 qui soutient la contestation de Heidi Crowter, est revenue sur les pressions répétées qu’elle a subi de la part des médecins pour qu’elle interrompe sa grossesse.

« J’ai deux garçons que j’aime autant l’un que l’autre », a-t-elle déclaré. Selon elle, « ce jugement » prouve qu’aux yeux de la loi, ses deux garçons « ne sont pas considérés comme égaux ».

« Nous continuerons à nous battre et à montrer à quel point nos vies sont merveilleuses avec nos incroyables enfants, amis et famille qui ont un chromosome supplémentaire. » a ajouté la plaignante.

Lors du verdict, les juges en charge de l’affaire, Lord Justice Singh et Mrs Justice Lieven ont déclaré que « les questions qui ont donné lieu à cette réclamation sont très sensibles et parfois controversées ». Ils estiment que le tribunal « ne peut pas entrer dans ces controverses et doit trancher l’affaire uniquement conformément à la loi ».

C’est pourquoi, ils ont rejeté la contestation d’Heidi Crowter et ont conclu que cette législation relève du Parlement « qui peut tenir compte des différents intérêts et points de vue, plutôt que dans le cadre d’un litige ».

L’avocat des trois plaignants, Paul Conrathe, a qualifié leur décision de « déphasée par rapport aux attitudes modernes vis-à-vis du handicap ».

« En permettant aux bébés atteints du syndrome [de Down] d’être avortés jusqu’à la naissance, contrairement aux bébés neurotypiques, la loi envoie un message puissant selon lequel la vie des personnes atteintes du syndrome [de Down] est de moindre valeur », a-t-il déclaré.

Camille Westphal Perrier

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