« La bioéthique du monde d’après » : L’appel de la Conférence des Évêques de France

« Les crises sociales et les alertes écologiques traduisent une réelle inquiétude, tandis que la pandémie du COVID-19 a révélé notre fragilité humaine et économique. La loi de bioéthique va-t-elle augmenter le désarroi ? »

Le projet de loi bioéthique reviendra en deuxième lecture à l’Assemblée nationale le 27 juillet prochain. Pour la Conférence des Évêques de France, il y a là une « volonté d’adoption en urgence d’une loi injuste et inégalitaire ». Face à cela, ils décident d’interroger chacun sur le « monde » que nous « édifions » et la « solidarité » que nous « voulons ».

Les évêques signataires de ce plaidoyer se demande si la loi de bioéthique va « augmenter le désarroi ».

« Les crises sociales et les alertes écologiques traduisent une réelle inquiétude, tandis que la pandémie du COVID-19 a révélé notre fragilité humaine et économique. La loi de bioéthique va-t-elle augmenter le désarroi ? »

Ils en appellent à un « nouveau progrès », qui « ne se réalisera pas sans une vision commune de notre humanité et de son indispensable fraternité ».

La Conférence des Évêques de France l’affirme, « la bioéthique aussi a besoin d’une salutaire prise de conscience » et doit « entendre ces alertes » :

« Face aux défis liés au vieillissement de concitoyens de plus en plus nombreux, quelle nouvelle et juste solidarité allons-nous édifier en faveur de nos aînés ?
Face à une conception gestionnaire des soins selon laquelle un ‘patient’ devient parfois un ‘client’, comment promouvoir une médecine plus humaine pour tous, soutenue par une politique de santé davantage reconnaissante envers les soignants ?
Face à la volonté de tout maîtriser par les techniques biomédicales, comment discerner en raison les vrais enjeux ? Car les menaces sont réelles : marché des tests génétiques, robotisation et intelligence artificielle sans contrôle suffisant, expérimentation sur des embryons chimères, sélection accrue des enfants à naître, filiation sans paternité, maternité sans gestation, marchandisation de la procréation.
Plus que jamais, une vision audacieuse est nécessaire : grâce au ‘dialogue’, qui est plus qu’un simple débat, développons une compréhension unifiée de la personne humaine en ses dimensions corporelle, psychique, sociale et spirituelle. Le corps n’est pas un matériau manipulable selon tout désir. Les liens humains fondamentaux ne sont pas configurables à volonté, fût-ce celle d’une majorité parlementaire. »

La révision du projet de loi bioéthique doit être, selon eux, un « rendez-vous grave et plein d’espérance ».

« Fraternité et gratuité permettent d’édifier la société inclusive désirée par tous : accueillir les différences et les fragilités, non comme des problèmes à éradiquer mais comme des sources d’humanité plus grande.
Voilà le chemin d’un progrès véritable et plus juste, qui conduit à ce monde nouveau ! Répondre au défi écologique, c’est inséparablement élaborer une autre bioéthique que celle de l’actuel projet de loi. Ne manquons pas ce rendez-vous grave et plein d’espérance. Sans une conscience renouvelée de l’éthique, le plus fragile sera soumis à la loi du plus fort, et le progrès escompté deviendra régression. Il en va du sens de l’histoire et de notre responsabilité collective ! »

M.C.

Source : Église Catholique

Crédit Image : Creative Commons – Wikimedia / Alexandre33710

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