La junte birmane prend d’assaut une clinique chrétienne au Myanmar

« Voici à quoi ressemble le terrorisme et le mal, mais nous n’abandonnerons jamais, mais nous continuerons à vivre pour le bien de notre foi, pour la vérité et pour la justice. »

Lundi, plus de 200 militaires et policiers birmans ont pris d’assaut l’enceinte de la cathédrale de Loikaw, au Myanmar. Selon les propos de responsables de l’église à UCA News, ils seraient entrés de force dans la clinique Karuna, la maison de l’évêque et l’église.

Une quarantaine de patients ont été déplacés de force, 18 membres du personnel de santé, médecins, infirmières, pharmaciens et bénévoles, ont été arrêtés. Un prêtre et deux religieuses les ont accompagnés là où ils ont été interrogés, comme l’explique le père Celso Ba Shwe, administrateur apostolique du diocèse birman.

« En réalité, le prêtre et les deux religieuses ne sont ni détenus ni arrêtés. Lorsque les soldats sont entrés dans la clinique, ils ont demandé à parler à des volontaires médicaux. Après un bref interrogatoire, on leur a demandé de se rendre dans un centre où ils seraient davantage interrogés. Le père Philippe, à ce moment-là, a demandé au chef des soldats s’il pouvait aussi les accompagner et il a été autorisé. »

La clinique Karuna offre des soins gratuits à la population locale, mais serait « soupçonnée d’accueillir et de soigner les blessés de la PDF (People Defending Force) », selon Celso Ba Shwe.

« La clinique Karuna est soupçonnée d’accueillir et de soigner les blessés de la Pdf (People Defending Force). De plus, des volontaires sont impliqués dans le Mouvement de désobéissance civile et l’armée veut les arrêter. Pour l’instant, les personnes emmenées sont toujours en détention. Le père Filippo et les deux sœurs sont au centre et attendent dehors. Le père Filippo nous a informés que les volontaires sont bien traités et ne sont pas maltraités. »

Sur son compte Facebook, le père Wilbert Mireh, un prêtre jésuite, dénonce « un nouveau jour infâme ». S’il affiche son inquiétude face aux « arrestations violentes » et au déplacement des « patients critiques », il se dit également « profondément attristé par le vol d’objets médicaux ».

« Voici à quoi ressemble le terrorisme et le mal », déplore-t-il, avant de préciser, « mais nous n’abandonnerons jamais, mais nous continuerons à vivre pour le bien de notre foi, pour la vérité et pour la justice ».

Selon un responsable de l’église, « l’un après l’autre les groupes ont vérifié et fouillé les bâtiments, y compris la maison de l’évêque, au moins trois fois ».

Le père Francis Soe Naing, chancelier du diocèse de Loikaw, explique ne pas savoir ce que les assaillants étaient venus chercher.

« Nous menons des œuvres caritatives et n’avons été impliqués dans aucun acte répréhensible. Nous n’avons aucune idée de la raison pour laquelle ils nous ont fait une descente et de ce qu’ils ont recherché. »

Pendant le raid, d’autres soldats bloquaient les routes qui permettaient d’accéder à la cathédrale de Loikaw.

M.C.

Crédit image : Sai Han One / Shutterstock.com

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