En France, la multiplication du nombre d’écoles protestantes évangéliques en question

La communauté évangélique française serait-elle en train de vivre un bouleversement dans son rapport au milieu éducatif ? Dans la bataille public/privé – communément appelée conflit des deux France – les protestants, toutes sensibilités confondues, se sont historiquement positionnés dans le camp des défenseurs de l’école publique laïque. Alors que le premier établissement protestant évangélique souffle ses 30 bougies, l’augmentation significative de ces écoles privées hors contrat pose question.

Dans ce contexte où les débats sur la laïcité vont bon train (cf. les tensions Valls/Bianco), comment expliquer l’amplification de ce phénomène ? Est-il à interpréter comme une perte progressive de confiance vis-à-vis de l’école publique ? N’est-ce pas plutôt le fruit des efforts des défenseurs de la première heure, comme Luc Bussière, d’une éducation centrée sur les valeurs chrétiennes ?

Ces questions ont fait l’objet d’un récent colloque organisé par le CNEF des Yvelines le 11 novembre dernier. Dans son exposé, Luc Bussière, président de l’AESPEF (Association des Établissements Protestants Évangéliques Francophones), faisait état de 30 établissements existants, auxquels viendraient de s’ajouter 8 nouveaux établissements en 2015. Il y aurait également au moins 20 projets d’ouverture d’écoles dans les années qui viennent.

C’est en 1985 que le premier établissement protestant évangélique – « La Nouvelle Alliance » – a vu le jour à Aix-en-Provence (Luc Bussière, État des lieux, Colloque du CNEF – Les écoles protestantes évangéliques : quels enjeux ?), suivi en 1986 du Collège Daniel à Mulhouse, sous l’impulsion d’un papa, Francis Bush, de Luc et Manuela Bussière et d’un petit groupe de parents et enseignants.

Ces écoles ont pour ambition de « définir et promouvoir un système éducatif fondé sur des valeurs chrétiennes en vue de former une génération qui serve la société en étant le sel de la terre. », devise de l’AESPEF.

Pour garantir la liberté dans le contenu et les méthodes, ces établissements ont choisi le statut de l’enseignement privé hors contrat d’association avec l’État, ce qui ne les dispense cependant pas de contrôles. Par contre, cela implique qu’aucun financement public ne peut leur être attribué. Le défi financier est donc colossal et les frais d’inscription et de scolarité incontournables. Cette contrainte financière explique que l’on retrouve au sein de ces écoles une équipe éducative motivée et enthousiaste, la vocation étant indispensable pour ces courageux/ses qui ont parfois mis de côté une carrière professionnelle offrant une bonne rémunération pour se retrouver partiellement ou entièrement bénévoles.

Pourquoi, malgré le coût de la scolarité et dans certains cas la distance géographique, de plus en plus de parents choisissent ces écoles pour leur(s) enfant(s) ? Un travail de recherche, réalisé dans le cadre du Continental Theological Seminary, est actuellement en cours sur ces questions.

Vous pouvez apporter votre contribution en remplissant le questionnaire suivant, cela ne vous prendra que quelques minutes et sera d’une grande aide pour ce travail de recherche :

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Gérald Meyer

Plus d’informations : epefrance

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