Le changement, seule constante de la vie humaine !

Certaines d’entre nous sont des championnes du changement, d’autres s’y opposent de toute leur force. Dans ce nouveau dossier, en collaborations avec le magazine SpirituElles, découvrez les mécanismes du changement et comment y faire face avec souplesse et sérénité.

En l’espace de quelques années, le nourrisson ultra-dépendant de cinquante centimètres va devenir capable de faire de la trottinette, couper sa viande tout seul et tenir un raisonnement ! Quels changements ! Mais ce qui est si flagrant durant les premières années de vie reste une constante de notre espèce: la vie humaine est un changement perpétuel, fait de croissance, de mouvement, de ruptures et d’évolution, de pertes, aussi.

Comment nous situons-nous, face à cette réalité ? Pourquoi nous fait-elle parfois peur ? Comment la foi chrétienne s’inscrit-elle dans cette dynamique ?

Changement sacré ou sacré changement ?

Les chrétiens ont en commun un changement intérieur majeur: leur conversion à Jésus-Christ. Lorsqu’ils racontent ce qui leur est arrivé, leur récit comporte souvent un « avant » et un « après ». Leur attitude, leurs centres d’intérêt, leur vision de la vie et même parfois certains traits de leur personnalité changent de manière surnaturelle, lorsqu’ils prennent conscience de leur besoin d’être sauvés et acceptent de confier les rênes de leur vie à Dieu.

« Changez de comportement », disait Jean-Baptiste (Matt. 3, 2) à la foule, alors qu’il prépare leurs cœurs aux enseignements que Jésus leur donnera plus tard. Dans cette optique-là, la chrétienne qui accepte de confier le contrôle de sa vie à Dieu devient une abonnée au changement: elle est transformée par le renouvellement constant de son intelligence (Rom. 12, 2) qui lui permet de discerner la voie qu’elle doit suivre.

Un « tiens » vaut mieux que deux «tu l’auras»

Il y a des composantes sociales au changement. Le sociologue Pierre Bourdieu affirmait au siècle dernier que l’être humain cherche à construire une vie qui ressemble à l’environnement qu’il a connu, étant petit, et qu’il passe les différentes décisions qu’il doit prendre pour sa vie au crible de son « habitus », c’est-à-dire de son ADN social. Cela peut aller du choix de son métier à celui du conjoint, en passant par la musique écoutée ou des sports qui attirent.

Faire des choix en dehors de cette « zone de sécurité et de confort » a tendance à faire peur. En grossissant le trait: devenir infirmière, comme sa propre mère, sera un choix davantage plébiscité que devenir agricultrice, si la famille ne possède pas de domaine. Et moins déstabilisant.

La pédagogie va plus loin. Jean Piaget démontre que tout nouvel apprentissage, quel qu’il soit, est déstabilisant, car il fait passer l’apprenant par une phase d’accommodation, au cours de laquelle il remet en question ses croyances anciennes pour intégrer la nouveauté, l’assimiler et créer un nouvel équilibre.

Envie de changement ?

Si le changement comporte un côté déstabilisant et requiert de l’énergie pour s’adapter, pourquoi nous surprenons-nous pourtant souvent à en avoir activement envie ? « Au fond de nous, nous savons que les périodes de changement nous font grandir et mûrir, que nous en sortirons plus fort », résume Anya Monnier, psychologue et spécialiste en relation d’aide chrétienne. « L’entrée sur le marché du travail ou la maternité en sont les premiers exemples, mais le chômage ou le deuil également, même si bien sûr, personne ne souhaite vivre cela ».

Il arrive également que l’on surinvestisse émotionnellement le changement. « Ça ira mieux lorsque… » On se rapproche là de la fuite en avant. Dans ce cas, commencer par réaménager son quotidien, pour qu’il soit source de davantage de satisfaction conduit à un meilleur résultat que le répit qu’offrent momentanément « les sparadraps émotionnels » des changements successifs. En cas d’impossibilité de réaménagement de sa réalité actuelle, changer le regard que l’on a sur son propre quotidien (lire l’article en page 34) est indispensable. Et demander à Dieu de nous accorder de voir notre vie comme un verre à moitié plein permet de gagner en sérénité.

Comment faire pour changer vraiment ?

Finalement, certains désirs de changement concernent nos habitudes. Ne plus râler, arriver à l’heure, faire du sport ou lire davantage sa Bible, comment faire pour y arriver ? Cindy Ghys, coach de vie chrétienne, donne quelques pistes toutes simples :

« Lorsque l’on souhaite changer une habitude, il faut viser la progression plutôt que la perfection. La réussite est comme un escalier à gravir. Il s’agit de baliser des étapes, des petits pas atteignables plutôt que de vouloir être violent avec soi-même. On regarde l’objectif final et on se questionne sur au moins dix marches/actions intermédiaires. »

Car changer, « ça prend le temps que cela doit prendre », relève encore l’auteure de J’arrête d’être parfaite (éd. Eyrolles).

Et il est normal que notre cerveau commence par y résister. Changer d’habitude, c’est créer un nouveau chemin neurologique. C’est dire à son cerveau: « Tu vois l’autoroute à gauche, c’est fini pour toi. Va falloir aller à droite, là où il y a la jungle, là où tu n’as jamais été et où c’est sombre et inconfortable ».

La bonne nouvelle, c’est qu’à force de persévérance et de détermination on va défricher un nouveau chemin, qui va devenir un sentier, puis s’élargir jusqu’au statut de seconde autoroute. La première existera toujours, mais il nous sera devenu facile de choisir la seconde. Durant cette période de transition et d’inconfort, ce qui peut aider, c’est d’avoir à ses côtés un partenaire de progression. Quelqu’un de confiance à qui on rend des comptes et en présence de qui il est possible de se monter vulnérable.

Rebecca Reymond

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