Le nouveau chef du pouvoir judiciaire iranien est une menace pour les chrétiens et la liberté religieuse

Gholamhossein Mohseni Ejei qui fait partie du régime révolutionnaire islamique iranien depuis ses débuts a récemment été nommé chef de la justice iranienne. Une nomination qui soulève de sérieuses inquiétudes pour l’avenir de la liberté religieuse en Iran. 

Gholamhossein Mohseni Ejei qui est juge en chef adjoint depuis 2014, a été nommé jeudi 1er juillet, chef de la justice iranienne. Il succède ainsi à Ebrahim Raisi qui se prépare à prendre ses fonctions présidentielles au mois d’août après avoir remporté les élections présidentielles le 19 juin dernier, un scrutin qui s’est tenu sans véritable compétition.

Le Guide suprême du pays, Ali Khamenei a affirmé dans un communiqué qu’il avait choisi le nouveau chef de la justice sur la base de ses « qualifications juridiques, de ses précieuses expériences, de ses connaissances approfondies et de son brillant dossier en tant que juge ».

Dans un article publié hier, lundi 26 juillet, l’organisation de défense des droits humains des chrétiens et des minorités religieuses, International Christian Concern (ICC), dénonce une nomination qui « soulève de sérieuses inquiétudes pour l’avenir de la liberté religieuse et des droits de l’homme ».

Car comme le rapporte le média Iran International, le nouveau chef de la justice iranienne a été régulièrement impliqué dans des affaires qui portent atteinte aux droits de l’homme.

Il a notamment été sanctionné en 2020 par le département du Trésor des États-Unis en vertu d’un décret de 2010 et par l’Union européenne en 2011 pour son rôle en tant que ministre du renseignement dans la répression mise en place à l’égard des manifestants après les élections contestées de 2009 en Iran.

Le juge âgé de 64 ans a été lié à plusieurs procès très médiatisés, poursuites et aveux forcés présumés. En tant que procureur du Tribunal spécial pour le clergé de 1998 à 2005, il a ordonné en 1999 que plusieurs religieux réformistes de premier plan soient emprisonnés. Il est également accusé d’avoir directement ordonné l’assassinat du dissident Pirouz Davani en 1998.

Gholamhossein Mohseni Ejei a aussi été impliqué dans la condamnation de milliers de prisonniers enfermés en raison de leurs opinions religieuses ou politiques tout au long de ses quatre décennies au service du régime iranien rapporte ICC. L’organisation évoque par exemple Gonabadi Sufi Behnam Mahjoubi, arrêté pour avoir manifesté ou encore les chrétiens évangéliques Saheb Fadaei et Fatimeh Bakhteri, emprisonnés pour avoir participé à des églises de maison. Les deux chrétiens ayant été inculpés pour « diffusion de propagande contre le régime ».

International Christian Concern affirme avoir documenté 110 cas individuels de chrétiens ayant fait l’objet d’accusations similaires sur les 11 dernières années.

L’organisation de défense des chrétiens rapporte qu’en Iran, « la frontière entre les prisonniers religieux et politiques est souvent floue en raison des allégations générales portées contre la victime », elle rappelle également que le christianisme sous sa forme protestante ou évangélique n’est pas reconnu dans le pays et est « brutalement réprimé ». Des pratiques qui « ne manqueront pas de se poursuivre » avec la nomination de Gholamhossein Mohseni Ejei à la tête du pouvoir judiciaire.

L’Iran est classé huitième dans la liste des 50 pays où il est le plus difficile d’être chrétien de l’ONG Portes Ouvertes qui affirme que « les droits de la minorité chrétienne sont limités ».

Camille Westphal Perrier

Crédit image : Creative Commons / Wikimedia

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