Le projet de loi bioéthique, dont la PMA pour toutes, est définitivement adopté par l’Assemblée nationale

Le long chemin du projet de loi bioéthique arrive enfin à son terme. Le texte a été adopté définitivement par l’Assemblée nationale mardi 29 juin.

Après deux ans de travaux, l’Assemblée nationale a adopté mardi 29 juin le controversé projet de loi bioéthique, dont la mesure phare prévoit l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, par 326 voix pour et 115 voix contre.

En deux ans et quatre lectures, ce projet de loi a « donné lieu à soixante-deux réunions de la commission spéciale, pour un total de 160 heures, et à quarante-quatre séances, soit plus de 109 heures de discussion dans l’hémicycle ; près de 12 700 amendements ont été déposés en commission et en séance publique, dont 714 ont été adoptés » a rappelé Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale à la fin de la séance.

« Je suis convaincu que notre assemblée s’est honorée en prenant ainsi le temps du débat et de la réflexion sur des sujets fondamentaux pour l’avenir de notre société, en respectant les convictions de chacun. »

Une nouvelle saluée par le ministre de la Santé Olivier Véran qui a affirmé sur franceinfo, « C’est un beau jour pour notre pays », « un jour historique ». Il a également annoncé que tout sera mis en œuvre pour que des « enfants puissent être conçus avant la fin de l’année 2021 ».

D’autres dénoncent un « passage en force » du projet de loi. C’est notamment le cas des sénateurs qui ont rejeté le texte le 24 juin dernier sans l’examiner pour marquer leur désaccord avec l’Assemblée nationale. Les membres de la commission spéciale du Sénat avaient en effet « constaté que la poursuite de la navette n’avait pas permis d’enclencher un dialogue constructif entre les deux assemblées sur ce projet de loi à fort enjeu sociétal ».

Du côté des chrétiens, qui avaient largement dénoncé la révision des lois de bioéthique, la Conférence des évêques de France (CEF) a publié un communiqué ce mercredi 30 juin intitulé « chacun est maintenant renvoyé à sa liberté et à sa responsabilité ».

Le texte signé par Eric de Moulins-Beaufort, président de la CEF, dénonce « une logique » qui  « s’est imposée » et « qui fait de la dignité de l’être humain une valeur à géométrie variable ». « Le ‘large consensus’ voulu par le Président de la République n’existe pas » continue l’archevêque de Reims qui affirme que « le socle de la ‘bioéthique à la française’ dont notre pays était si fier est gommé ». Il conclut en renvoyant chacun « à sa responsabilité personnelle » en soulignant que « si la loi dit le droit, elle ne dit pas le bien ».

Le Comité protestant évangélique pour la dignité humaine (CPDH), partenaire de Marchons enfants, dénonce un « dialogue de sourds » entre les deux chambres autour de ce texte. Le jour du vote à l’Assemblée nationale l’organisation a encouragé, sur Twitter, les chrétiens à prier « pour les députés, qu’ils puissent se rendre à la raison que priver volontairement un enfant de père pour assouvir les désirs des adultes n’est pas un progrès ».

Camille Westphal Perrier

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