Le Royaume-Uni et les USA se lèvent contre les prélèvements forcés d’organes

Ces gouvernements mettent en place une législation pour agir contre « cet esclavage moderne ».

Les prélèvements forcés sur les prisonniers politiques et les minorités religieuses sont « l’une des pires atrocités du siècle ». Voilà comment Hamid Sabi, avocat au China Tribunal, s’exprimait en 2019 devant les Nations Unies. Après les ONG, c’est désormais les politiques qui s’emparent de ce dossier. Les États-Unis et le Royaume-Uni comptent agir contre « cet esclavage moderne ».

Le Stop Forced Organ Harvesting Act of 2020, présenté au Sénat le 15 décembre dernier, est une « mesure législative sans précédent » selon Bitter Winter, magazine sur la liberté religieuse et les droits de l’Homme.
Cette loi poursuit trois objectifs :

  • lutter contre la traite internationale des personnes aux fins de prélèvement d’organes,
  • promouvoir la mise en place de systèmes de don d’organes volontaires,
  • promouvoir la dignité et la sécurité de la vie humaine conformément à la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée le 10 décembre 1948.

Au Royaume-Uni, c’est l’amendement 13 au projet de loi sur les médicaments et les dispositifs médicaux, approuvé par la Chambre des Lords le 12 janvier, qui pointe cette problématique. Cet amendement bannit “l’utilisation de tissus ou de cellules […] en ce qui concerne les médicaments à usage humain”.

Lord Hunt of Kings Heat, à l’initiative de cet amendement, dénonce les « prélèvements forcés d’organes en Chine ».

« Le monde est de plus en plus conscient des prélèvements forcés d’organes en Chine sur des prisonniers d’opinion. Ce crime horrible de prélèvement forcé d’organes sur des victimes vivantes, un processus menant inévitablement à la mort, a récemment été jugé par le China Tribunal comme étant très répandu. Des millions de citoyens chinois sont actuellement détenus dans des camps de travail. Les experts de l’ONU estiment qu’au moins 1 million d’Ouïghours sont détenus dans des camps de la région du Xinjiang. Ailleurs dans toute la Chine, d’autres minorités ethniques et religieuses sont également détenues dans des camps de travail, tels que des bouddhistes tibétains, des pratiquants de Falun Gong et des chrétiens. »

Il l’affirme, le Royaume-Uni en est « complice ».

« Cet esclavage moderne est entré dans la chaîne d’approvisionnement britannique, et il ne fait aucun doute que nous sommes actuellement complices. »

Alors pour lui, cet amendement « vise à combler les lacunes de la législation britannique ».

« Sur le plan intérieur, le projet de loi offre une occasion d’empêcher la complicité britannique à de tels crimes et d’envoyer un message important à d’autres pays. Mon amendement vise à combler les lacunes de la législation britannique actuelle sur les tissus humains. Actuellement, la loi sur les tissus humains ne nécessite pas de consentement approprié pour les tissus humains importés. De plus, les tissus humains importés destinés à la recherche médicale ne nécessitent pas de traçabilité. Actuellement, ni le Règlement sur les tissus humains (qualité et sécurité pour application humaine) ni la Loi sur les tissus humains n’exigent le consentement approprié pour les tissus humains importés destinés à être utilisés dans des médicaments. Mon amendement donne aux ministres le pouvoir de corriger cela. Je devrais expliquer que les mots ‘tissus’ et ‘cellules’ sont une terminologie qui englobe tout le matériel humain utilisé aux fins de médicaments. Cela inclut les organes. »

Il conclut en affirmant qu’il s’agit « d’un acte spécifique du Royaume-Uni par rapport aux pratiques odieuses en Chine ». Une action qui sera considérée à l’international « comme un marqueur et un vrai signal pour les autres pays ».

M.C.

Crédit image : Johann Knox / Shutterstock.com

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