Le Tchad est le pays le plus vulnérable au changement climatique

Symbole de la vulnérabilité du pays, le lac Tchad a perdu 90% de sa superficie en quatre décennies.

Le Tchad est « le pays le plus vulnérable au changement climatique ». C’est ce qu’annonçait en août dernier l’Institut de Recherches et d’Applications des Méthodes de développement dans un document de travail réalisé pour le Département du développement international britannique.

« Le Tchad est considéré comme le pays le plus vulnérable au changement climatique. Une combinaison de pauvreté élevée, de conflits fréquents, de systèmes de gouvernance faibles, à laquelle s’ajoutent les risques de sécheresse et d’inondations, font que le pays est confronté à de nombreuses urgences humanitaires et lutte notamment pour faire face aux conséquences du changement climatique. Le pays connaît des conflits internes et frontaliers récurrents qui aggravent encore davantage ses vulnérabilités, en mettant sous pression les infrastructures limitées et la cohésion sociale. La géographie du pays contribue largement à sa vulnérabilité face au climat. »

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Le rapport fait état d’événements climatiques extrêmes, dont des épisodes pluvieux violents. Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) publiait en novembre dernier un rapport de situation. De fortes pluies avaient causé au mois d’octobre des « inondations généralisées » qui avaient touché plus de 170 000 personnes.

Les conséquences sont immenses quand on sait que plus de 80% de la population vit des ressources agricoles et pastorales. Les changements climatiques sont ainsi ressentis dans tous les secteurs, de la pêche à l’élevage et à l’agriculture, tout en mettant également en péril les domaines de la santé et du logement.

Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, cette vulnérabilité est amplifiée par plusieurs facteurs : la faiblesse de l’administration, le manque de ressources, tant sur le plan humain que financier, mais aussi les difficultés d’adaptation des ménages. Se pose alors le difficile problème de la résilience pour des populations touchées par des chocs successifs.

Le lac Tchad est devenu à lui seul l’emblème de la vulnérabilité du pays, alors que des images de la NASA révélaient qu’il avait perdu 90% de sa superficie en quatre décennies. L’Institut de Recherche pour le Développement expliquait déjà en 2011 :

« Il y a cinquante ans, il était comparable à une mer intérieure d’une superficie de 20 000 km². Les sécheresses répétées des années 1970 et 1980 ont entraîné son assèchement rapide jusqu’à réduire sa superficie à environ 2 000 km², entraînant des conséquences pour les populations. »

Les « sécheresses répétées » ne sont pas les seules responsables de cet assèchement spectaculaire. En cause également deux barrages sur le Komadugu-Yobé, l’une de ses sources. Sciences et Avenir explique que le lac pourrait même finir par disparaître.

« Si rien n’est fait pour enrayer la perte des eaux, il est possible qu’il disparaisse complètement d’ici quelques dizaines ou centaines d’années. »

Les populations nomades sont particulièrement à risque. Les berges reculent, il faut marcher de plus en plus pour se procurer de l’eau. Avec la sécheresse, les périodes de césure, pendant lesquelles les ressources manquent pour les locaux, sont de plus en plus longues.

Le Tchad était la troisième réserve d’eau douce du monde. Il pourrait disparaître dans les 20 prochaines années. Il est pourtant la ressource essentielle pour 30 millions de personnes, au Cameroun, au Tchad, au Niger et au Nigéria.

Muhammadu Buhari, président du Nigeria faisait état de cette problématique lourde de conséquences lors d’une Assemblée Générale des Nations Unies.

« L’immigration clandestine n’est pas seulement une conséquence des conflits mais aussi des effets des changements climatiques et du manque d’opportunités ‘chez soi’. C’est le cas du Nigeria et de ses voisins du bassin du lac Tchad qui subissent le rétrécissement du lac et le dessèchement des terres autrefois fertiles. Le lac nourrissait plus de 45 millions d’habitants, condamnés désormais à la pauvreté et exposés aux activités des groupes terroristes et extrémistes. »

Il appelait alors « la communauté internationale à renouveler ses efforts de reconstitution du lac Tchad ».

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M.C.

Crédit Image : Torsten Pursche / Shutterstock.com

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