L’éco-anxiété, le nouveau mal du siècle ? [OPINION]

À quoi bon s’engager, se bâtir un avenir, fonder une famille, avoir des enfants alors que le monde court à sa perte par la faute de l’incurie de nos ainés ? La jeune génération souffre d’une bien étrange maladie : l’éco-anxiété.

Selon une vaste étude récemment réalisée à travers le monde, 75% des jeunes jugent le futur « effrayant ». La faute à l’omniprésence du discours sur le changement climatique : à force de se voir répéter dès le plus jeune âge, à l’école comme dans les médias, que l’humanité courait à sa perte, nombre de jeunes sont d’ores et déjà convaincus que nous avons d’ores et déjà échoué à sauver la planète. Plus de 200 ans après Baudelaire, ce nouveau spleen, mélange de dépression, d’angoisse et de désillusion, s’empare de la jeune génération.

Dans le cadre de cette étude réalisée par une équipe de chercheurs originaires du Royaume-Uni, de Finlande et des États-Unis, ce sont 10 000 jeunes âgés de 16 à 25 ans qui ont été interrogés quant à leur niveau d’inquiétude face au changement climatique. Peur, désespoir, optimisme, indifférence… Une large majorité n’a tout simplement aucun espoir quant au futur de l’humanité. Ils sont 83% à estimer que l’« on a échoué à prendre soin de la planète », plus de la moitié (56%) jugeant même que « l’humanité est condamnée ». Un constat qui manque grandement tant d’espérance que de remise en perspective par rapport aux défis, ou aux conflits, surmontés par les générations précédentes. Globalement, 60% des jeunes se disent « très » voire « extrêmement » inquiets face au changement climatique. Quant aux responsables politiques, 65% des jeunes estiment qu’ils « laissent tomber les jeunes », 64% qu’ils « mentent concernant l’impact de leurs actions » et 60% que ces décideurs « ignorent leur détresse ».

Ajouté aux dégâts psychologiques dus aux récents confinements et aux peurs liées à la pandémie, l’impact de cette perception du changement climatique influe sur la santé mentale de la jeune génération. Ainsi, 55% des jeunes estiment qu’ils auront moins d’opportunités que leurs parents, et 52% ont même peur pour leur famille. Ce ne sont pas les cris d’alarme de Greta Thunberg ou les rapports du GIEC qui risquent de les rassurer. Pourtant, rien n’est perdu, et rien ne vaut l’action, l’engagement, quel que soit le défi à relever, même dans un monde de l’après-Covid qui ressemble furieusement au précédent. Il serait tout de même dommage que cette génération appelée demain à prendre les rênes du monde baisse les bras avant même d’en avoir fait usage…

Judikael Hirel

Source : LCI

Cet article est publié à partir de La Sélection du Jour.

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