L’école à domicile victime collatérale de l’islamisme

Une mesure liberticide de plus au nom de bonnes intentions… Dans l’annonce faite le 2 octobre dernier de son projet de loi sur le séparatisme, Emmanuel Macron a annoncé l’interdiction de l’instruction à domicile, sauf raison de santé. Une grave atteinte à la liberté d’enseignement, l’actuel locataire de l’Elysée ajoutant par ailleurs que « les écoles hors contrat feront l’objet d’un contrôle renforcé ». Pourquoi une décision aussi radicale alors qu’à l’heure actuelle, seuls 50 000 enfants seraient aujourd’hui scolarisés à domicile ? « Il y a suffisamment d’écoles sous contrat et hors contrat pour apporter une réponse qui soit conforme à ces aspirations », juge Emmanuel Macron.

Lutter contre l’islamisme n’est donc pas vraiment le sujet, juste le prétexte.Nombreux sont ceux, au lendemain de ce discours, à estimer que l’État n’étant en fait pas capable de juguler l’islamisme, détruit les libertés de tous. Par ce choix fait au nom d’un combat contre l’islamisme que l’intitulé du projet de loi n’assume pas, chrétiens et juifs ayant recours à cette Instruction en famille (IEF) feront donc office de dommage collatéral. Et ce hors de toute velléité de « séparatisme ». On y retrouve même l’écho lointain de la volonté affichée depuis la révolution française, et appliquée depuis, de former des citoyens avant que d’éduquer les enfants. « Les enfants appartiennent à la République, pas à leurs parents », prônaient jadis Lepeletier comme Danton. Une formule odieuse, selon Albert de Mun, mais appliquée avec soin depuis la République des Jules. Qui se souvient aujourd’hui du plan d’éducation élaboré par Michel Lepeletier, et présenté par Robespierre le 13 juillet 1793 ? « Jusqu’à six ans l’enfant échappe à la vigilance du législateur, et cette portion importante de la vie reste abandonnée aux préjugés subsistants et à la merci des vieilles erreurs, assenait Lepeletier. À six ans, la loi commence à exercer son influence : mais cette influence n’est que partielle, momentanée. (…) Développer le don de la mémoire en y gravant les plus beaux récits de l’histoire des peuples libres et de la Révolution française ; voilà le nécessaire pour chaque citoyen ; voilà l’instruction qui est due à tous. (…) Je voudrais qu’à cet âge il ne soit point parlé de religion. »

Il n’est pas sûr que fouler ainsi au pied le principe selon lequel les parents sont les premiers et principaux éducateurs de leurs enfants passe l’épreuve du Conseil Constitutionnel. La Fondation pour l’école souligne ainsi que « la liberté d’enseignement est un droit constitutionnel majeur, reconnu partout dans le monde ainsi que par la plupart des conventions internationales. » Elle appelle « à la mise en place de procédures de contrôles identiques à l’ensemble des établissements du territoire, le Président Emmanuel Macron ayant reconnu avec lucidité que le séparatisme islamiste prenait notamment sa source au sein de l’école publique et privée sous contrat. Il est en effet établi qu’aucun des auteurs d’attentats terroristes en France ne venait des écoles indépendantes. »

« On peut rêver d’une école publique qui, demain, accueillerait tous les enfants sans discrimination et dispenserait un enseignement qui les rendrait libres et responsables. Mais nous en sommes très loin. En attendant, c’est à nous de défendre ce que nous avons de plus cher : la liberté », souligne une pétition déjà mise en ligne. Liberté de soustraire les enfants à l’école qui ne leur convient pas. De leur prodiguer un enseignement qui soit adapté à leurs difficultés qui, parfois, sont un surcroît de talents inexploitables par l’école, publique ou privée. » Sous contrôle de l’État, l’école à la maison est un droit. Pas question de le supprimer au prétexte de lutter contre l’islamisme.

Judikael Hirel

Source : La Croix

Cet article est republié à partir de La Sélection du Jour.

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