Les différentes étapes pour apprendre à sortir du rejet

Un mot blessant, l’attitude froide d’une personne de notre entourage et voilà que l’on se sent rejetée en bloc. D’où vient ce sentiment pernicieux et comment y faire face  ?

Interview de Beatriz Gaillet, formatrice en relation d’aide dans le cadre du mouvement Jeunesse en Mission à Bruxelles.

Pourquoi se sentir rejetée fait-il si mal  ? 

Dans les sentiments de rejet ou d’abandon, l’important n’est pas la réalité de l’événement, mais comment il a été vécu par la personne. Rejet et abandon font mal car ils touchent à l’identité, à la dignité et à l’estime de soi.

« Nous attacher à » dans une relation remonte au sein maternel et se poursuit après la naissance. À n’importe quel âge, l’abandon et le rejet provoquent de profondes souffrances car ils portent les souvenirs inconscients des premiers abandons et rejets, avec toutes les émotions qui les accompagnaient. Les colères, haines et jalousies vécues alors se joignent à celles vécues lors du dernier rejet, ce qui explique pourquoi certaines séparations dans un couple, certains divorces peuvent être si violents et persécuteurs.

Face au rejet, on met en place des mécanismes de protection. Quelles sont les conséquences  ?

Lors de rejets multiples vécus dans l’enfance, deux protections peuvent se mettre en place à des degrés divers : le repli et l’agressivité.

Dans le repli, on a une attitude d’apitoiement sur soi, de chagrin, de honte, de tristesse ou même de haine de soi. On ressent un sentiment d’infériorité, de culpabilité et la confiance en soi et dans les autres est altérée. Comme on a besoin des autres pour être aimé, reconnu, on peut devenir « conciliant », en devenant ce que les autres veulent que l’on soit. On a de la peine à dire non. Agressivité et colère sont cachées, pour ne pas être mal reçues ou ignorées. On se forge une identité pour plaire, au prix de qui on est vraiment. On se crée une bulle de protection, un monde sécurisé et bien à soi, dont on ne sort que pour assurer le quotidien.

Comment sortir du rejet  ?

Sortir du rejet demande de pouvoir faire face à la souffrance du passé. Il y a un moment dans la vie où l’on est prêt à le faire. Ici, on peut sans autre s’inspirer de la démarche des Alcooliques Anonymes, adaptée au rejet  : un, j’admets que je suis impuissant face au rejet et que j’ai perdu la maîtrise de ma vie. Deux, j’en suis venue à croire que Dieu peut m’aider dans ce domaine. Et trois  : je décide de confier ma vie et ma volonté aux soins de Dieu.

En relation d’aide chrétienne, on aborde les blessures de rejet soit du passé, soit du présent, sous le regard de Dieu. Pour chaque traumatisme qui ressurgit, il est important d’exprimer à Jésus les souffrances, les émotions et les besoins de l’époque. Ensuite, il faut le laisser « entrer » dans ce moment pour le guérir.

A quelle étape doit intervenir le pardon  ?

Le pardon est un processus. Il peut prendre du temps. Le point de départ est la volonté de pardonner. Un autre pas est de reconnaître les défenses qu’on a choisies pour se protéger. Il faut apprendre à se protéger de façon juste, sans nier sa personnalité comme on le fait en étant trop conciliant, sans non plus manquer de respect. Là où nos défenses ont blessé les autres, il est juste aussi de demander pardon soi-même.

Il y aura également un travail à faire sur les fausses croyances concernant les images du père, de la mère, de l’enfant, des relations et de Dieu. Recevoir dans ce chemin une image juste de Dieu comme père permet d’avoir avec lui une meilleure relation et d’entrer de plus en plus dans son intimité.

S. Roulet

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