Les évêques brésiliens dénoncent les inégalités sociales mises en lumière par la pandémie

« Nous ne devons pas garder le silence lorsque la vie est menacée, les droits ne sont pas respectés, la justice est sapée et la violence se répand. »

La Conférence nationale des évêques du Brésil (CNBB) s’est rassemblée en ligne lors d’une Assemblée plénière du 12 au 16 avril. Pour l’archevêque de Belo Horizonte et président de la CNBB, Dom Walmor Oliveira Azevedo, cette réunion a été l’occasion de trouver « de nouvelles réponses, en vue du chemin permanent d’évangélisation et d’engagement à proclamer la Parole de Dieu ».

Ce fut également l’occasion pour les évêques brésiliens de jeter un regard sur le monde qui les entoure, conscients de la « souffrance », des blessures que l’Eglise doit regarder en face et s’employer à soigner, « en chaque personne dans le tissu de la société brésilienne ».

« Avec ce regard, nous nous rendons compte que nous sommes dans un monde de souffrance et de blessures exposées et que nous en tant qu’Église, au cœur du monde en raison du mandat de Jésus ressuscité, nous devons regarder ces blessures et les soigner en chaque personne dans le tissu de la société brésilienne. »

À l’issue de son Assemblée, l’épiscopat brésilien a publié un communiqué de presse repris par l’Agence Fides qui met notamment l’accent sur la défense des plus démunis dans le contexte de la pandémie. Conscients que « tout le monde souffre de la pandémie », ils estiment néanmoins que « les conséquences sont les plus importantes et les plus dévastatrices dans la vie des pauvres et des faibles ». Une réalité qui « doit résonner dans le coeur des disciples du Christ » affirment-ils.

« Le Brésil connaît l’aggravation d’une grave crise sanitaire, économique, éthique, sociale et politique, exacerbée par la pandémie, qui nous interpelle, mettant en lumière les inégalités structurelles enracinées dans la société brésilienne. Bien que tout le monde souffre de la pandémie, ses conséquences sont les plus importantes. dévastatrice dans la vie des pauvres et des faibles. Cette réalité de la souffrance doit résonner dans le cœur des disciples du Christ. »

C’est sur la base de l’Evangile que les évêques s’emploient à commenter les « questions sociales, économiques et politiques » estimant que leur mission en tant que « pasteurs » est de prendre soin des autres. »Nous ne devons pas garder le silence lorsque la vie est menacée, les droits ne sont pas respectés, la justice est sapée et la violence se répand », peut-on lire dans le communiqué de la CNBB.

Le texte est également une critique ouverte de la politique de Jair Bolsonaro qui depuis le début de la pandémie, malgré la situation sanitaire alarmante que connaît le Brésil, n’a cessé de diminuer les risques du Covid-19. « Les discours et attitudes qui nient la réalité de la pandémie, ignorent les mesures sanitaires et menacent l’Etat de droit démocratique sont donc inacceptables » martèlent les évêques. Dans ce sens ils encouragent, « un plus grand investissement dans la santé publique et la prise en charge des malades, le maintien et le renforcement du système de santé unifié ».

Interrogé par des journalistes à l’issue de l’Assemblée plénière, l’archevêque de Porto Alegre et 1er vice-président de la CNBB, Dom Jaime Spengler s’est également exprimé dans ce sens, soulignant qu’il était important de mentionner « ce que la foi et la science peuvent accomplir ensemble ».

Dans ce contexte, l’épiscopat brésilien réaffirme la nécessité de surmonter les inégalités sociales dans le pays et de promouvoir de meilleures politiques « qui ne sont pas subordonnées aux intérêts économiques mais guidées par la fraternité et l’amitié sociale ». Le communiqué se conclut par un appel à plus d’unité et de solidarité dans la société brésilienne, car comme l’a déclaré Dom Jaime Spengler, « c’est l’Evangile qui l’exige ».

Camille Westphal Perrier

Crédit image : Jorge hely veiga / Shutterstock.com

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