Les évêques du Vénézuela dénoncent une situation « très grave » et appellent à la « résolution pacifique » des conflits

« Il est bien connu combien la qualité de la vie, l’instruction, la santé et les services de base se sont détériorés : nous souffrons d’une inflation et d’une dévaluation insoutenables qui ont appauvri l’ensemble de la population. »

À l’occasion de son Assemblée ordinaire, la Conférence épiscopale du Vénézuela a publié le 11 janvier une exhortation intitulée « Face à la très grave situation du pays » relayée par l’Agence Fides.

Les évêques évoquent la pandémie de la Covid-19 et l’urgence sanitaire, un temps durant lequel « la prudence, l’articulation des idées et le soin réciproque occupent un rôle décisif au sein de la société ». Si ils font état des « importants efforts » de solidarité et d’entraide manifestées pendant cette période de crise, ils estiment que la pandémie a également montré les limites de l’homme.

« La pandémie de Covid-19 a démontré que, malgré le développement, l’intelligence et la créativité humaine sont limitées… Toutefois, nous avons pu assister à d’importants efforts pour manifester solidarité, service et préoccupation réciproque au travers du professionnalisme et du témoignage de la vocation chrétienne à la sainteté dans la charité. »

Ils dénoncent une violation des droits fondamentaux, des droits qui « ont été méconnus par ceux-là même qui déclarent les reconnaître », ainsi que l’appauvrissement de la population.

« Il est bien connu combien la qualité de la vie, l’instruction, la santé et les services de base se sont détériorés : nous souffrons d’une inflation et d’une dévaluation insoutenables qui ont appauvri l’ensemble de la population. »

Pour appuyer ces propos, l’épiscopat aborde la question de la migration.

« Lorsque les enfants d’une nation décident de la quitter, c’est parce que, tenaillés par la précarité, ils sont arrivés à une situation limite dans laquelle ils n’ont pas d’autre choix que de relever le défi et d’affronter le danger de l’inconnu. »

D’après les évêques du Vénézuela, « le pays a besoin d’un changement radical de guide politique, qui requiert de la part du gouvernement suffisamment de force, de rationalité et d’amour pour le pays pour bloquer cette mer de souffrance du peuple vénézuélien ». Faisant notamment référence à l’installation de l’Assemblée nationale, ils déplorent une élection « privée de fondement démocratique ».

« L’installation d’une Assemblée nationale privée de fondement démocratique, au milieu du revanchisme, de la disqualification des responsables de l’opposition, des intimidations et des menaces de persécutions ne contribue pas à résoudre les problèmes du peuple ni à créer la confiance en vue de la reprise du pays. »

Face à ces constats, la Conférence épiscopale propose une Journée nationale de prière le 2 février prochain pour que le Vénézuela soit en mesure de « résoudre pacifiquement  » les conflits qui touchent le pays et qu’il puisse ainsi « être renforcé dans la foi et dans l’espérance ».

C.P

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