Nigeria : les enfants perdus de Boko Haram espèrent retrouver une famille

Au Nigéria, l’enlèvement des lycéennes de Chibok en 2014 avaient révélé au monde les actes de Boko Haram, et avaient suscité une vague de mobilisation, dont le leitmotiv relayé sur les réseaux sociaux étaient #BrinckBackOurGirls.

Mais les jeunes garçons n’échappent pas à la barbarie de ce groupe armé de militants violents. Si les jeunes filles sont promises au mariage forcé et à l’esclavage après leur enlèvement, les jeunes garçons, sont quant à eux, enrôlés de force et endoctrinés dans une idéologie de violence et de mort.

La population nigériane est particulièrement fragilisée. Un demi-million d’enfants souffriraient de malnutrition sévère au Nigéria et les pénuries d’eau sont chroniques dans certaines régions. Depuis quelques années, une fois que les enfants ont réussi à survivre à des conditions de vie parfois effroyables durant leur petite enfance, ils tombent aux mains de Boko Haram et sont réduits en esclavage. Certains parmi eux, parviennent à fuir l’organisation et à rejoindre des villages ou parfois des ONG. Commence alors pour eux une nouvelle épreuve, longue et difficile, pour retrouver leurs familles.

L’agence de presse Reuters a récemment fait le récit d’Usman, 13 ans, séparé de sa mère lors d’une attaque de Boko Haram sur son village du nord du Nigéria. Alors qu’il fuyait, des militants l’ont battu à terre et menacé avec leurs couteaux pour le contraindre à les suivre.

« J’avais peur de mourir… de ne plus jamais revoir ma mère. »

Usman a finalement réussi à s’échapper mais est resté sans nouvelles de sa maman pendant les 2 mois qui ont suivi l’attaque du village. Ces sont des travailleurs humanitaires de la Fondation Thomson Reuters, qui ont finalement retrouvé Biba, la maman, et permis leurs retrouvailles.

« Nous avons pleuré quand nous les avons vus ensemble, il y avait tant de joie. »

Le jeune adolescent conserve de larges cicatrices sur son genou et sur sa cuisse. Il boîte toujours un an après.

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Plus de 30 000 enfants comme Usman ont été séparés de leurs parents au cours de cette insurrection qui a causé la fuite de près de deux millions de personnes. Deux tiers de ces enfants sont pris en charge par un parent, mais les autres – environ 10 000 – sont obligés de se débrouiller par eux-mêmes. Selon Rachel Harvey, chef de la protection des enfants pour l’UNICEF.

« Les enfants peuvent même recourir à la mendicité, au colportage et à la prostitution pour survivre. »

Au milieu de la souffrance et de la violence quotidienne, toutes les initiatives soulagent les jeunes garçons victimes de Boko Haram. Dans une vidéo de l’Unicef, un jeune homme autrefois prisonnier des militants armés, raconte comment il a réussi à fuir ses bourreaux.

« Ils nous battaient tous les jours… Ils vous enseigneront comment tuer… J’ai échappé une fois, mais ils m’ont rattrapé… Ils m’ont enfermé dans une cellule… Nous étions 6, ils en ont tué 3… Ils ont dit qu’ils nous tueraient le lendemain… Par la grâce de Dieu, ils nous ont donné de l’eau. »

Les 3 jeunes garçons n’ont pas bu cette eau, ils l’ont jeté sur le mur pour l’attendrir et ont utilisé un tournevis pour creuser un trou. A 21h30, les 3 détenus étaient libres.

Aujourd’hui il consacre sa vie aux jeunes enfants et adolescents qui ont connu le rapt et la violence du djihad et qui ont besoin de réapprendre à vivre en paix.

Les garçons à qui j’enseigne ont été capturés par Boko Haram, je leur apprends à écrire, à lire, à chanter et à jouer. Parfois il s’assoit et leur dit

« Je sais que Boko Haram vous a capturés, vous vous êtes échappés et êtes venus là. Je vais vous enseigner beaucoup de bonnes choses, je peux faire en sorte que vous stoppiez les mauvaises choses. »

Selon l’organisation International Christian Concern, les enfants chrétiens sont les plus vulnérables et demeurent une cible privilégiée des djihadistes de Boko Haram. Une fois enrôlés, ils sont forcés à se convertir à l’Islam, puis endoctrinés jusqu’à ce qu’ils commettent le meurtre de chrétiens, parfois même dans leur propre famille.

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H.L.

 

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