Noël dans le village de Bouassa, Burkina Faso

Dans les pays émergents, ce sont les femmes et les enfants qui assument la responsabilité d’aller chercher de l’eau pour le foyer.

Le temps consacré est pris sur celui d’une activité rémunératrice pour la maman et d’une activité scolaire pour l’enfant. Etienne ATGER œuvre avec une association ET’AL France pour que chaque village soit doté d’un puit évitant d’aller chercher l’eau dans une mare boueuse. Lié à cette action, il nous fait le récit d’un Noël au village africain.

« Il fait encore bien chaud, mais le soir tombe et bientôt, un semblant de fraîcheur bienvenue enveloppera le village. C’est encore le vent du nord qui souffle en cette saison, on l’appelle l’Harmatan, et il entraîne avec lui bien des maladies, aussi il faudra bien se couvrir cette nuit !

Mais pour le moment, chacun se prépare fiévreusement pour la fête. La mère de famille a sorti les plus beaux vêtements de sa famille. Elle remplit une grande bassine d’eau claire avec le bidon en plastique de 20 litres que son aîné  est allé remplir à la pompe. Les plus petits y sont lavés énergiquement par leurs grandes sœurs. Il faut faire vite car bientôt la messe à l’église catholique va débuter. Il en sera de même à l’église protestante. Les vieux chrétiens du village ont retrouvé de vieilles bibles poussiéreuses et se rendent à pied ou à bicyclette dans le bâtiment où l’on sonne déjà le rappel en frappant fort sur une vielle jante de voiture suspendue à un arbre. C’est la veillée de Noël et tout le monde se doit d’y participer.

C’est Noël, c’est la plus belle, et pour beaucoup la seule fête annuelle, alors il faut tout faire pour qu’elle soit un merveilleux souvenir.

Demain matin, toute la famille se lèvera de très bonne heure, vers 4 heures, afin de préparer une abondante nourriture. Elle sera partagée, plus tard dans la matinée, avec les voisins, mais aussi avec tous les visiteurs qui viendront souhaiter un joyeux Noël. Ces visites dureront toute la journée, ce sera la fête, on se saluera, on rira, on se souhaitera les plus belles choses pour l’année nouvelle qui ne tardera pas à venir. Même les enfants iront de cour en cour pour demander quelques sous qui seront leur unique cadeau.

En ce jour, on ne pensera plus trop aux difficultés de la vie, on ne pensera pas au dur labeur des champs, ou à l’école, ou encore au fait que l’on n’a pas d’avenir. C’est Noël, c’est la plus belle, et pour beaucoup la seule fête annuelle, alors il faut tout faire pour qu’elle soit un merveilleux souvenir. Et qui sait si l’an prochain à Bouassa, on ne pourra pas aussi se réjouir de ce qu’un château d’eau a été construit et que de belles latrines sont disponibles juste à côté de la place du marché ?

En attendant, les habitants de Bouassa vous souhaitent de très belles fêtes à vous aussi, qu’elles puissent être celles des rires et du partage, parce que finalement, c’est le plus important… une fois que l’on a de l’eau ! »

bouassa 2Savez-vous que :

  • Plus de 3,4 millions de personnes meurent chaque année à cause du manque d’eau potable, d’absence de sanitaires et de problèmes d’hygiène ?
  • 99% de ces décès le sont dans les pays émergents ?
  • 2,5 milliards d’habitants n’ont pas d’accès à un système de sanitaires satisfaisant et plus de la moitié d’entre eux n’ont pas d’accès du tout à des sanitaires ?
  • Le manque de sanitaires et d’accès à de l’eau potable tue autant d’enfants chaque année que tuerait de personnes un accident de Boeing 747 toutes les 4 heures ?
  • 443 millions de journées scolaires sont perdues chaque année à cause de problèmes de santé liés à l’eau ?

L’accès à l’eau est primordial et doit être accompagné aussi de mesures d’hygiène (latrines, gestion des ordures, etc…). L’accès à l’eau permet aussi de créer des activités : jardins, plantations d’arbres fruitiers… utiles aux familles et à toute la communauté.

« Autrement dit, l’accès à l’eau ne nous semble pas suffisant si nous ne cherchons pas de solutions aux problèmes d’assainissement, ni aux problèmes économiques des familles les plus pauvres. Ainsi notre « stratégie » est de travailler avec un groupe pilote, de mettre en place les actions à mener sur le terrain, puis de démontrer par ces actions le bienfait pour la population plus globalement. Tout cela pour vous expliquer que notre engagement à l’égard de ce village du Burkina Faso ne s’achèvera que lorsque nous aurons l’assurance que suffisamment de personnes auront adopté de nouvelles pratiques et pourront, par leur style de vie, transmettre un message d’espoir à leurs concitoyens » écrit Etienne Atger

Le développement des pays émergents passe aussi par ces solutions comme par un juste partage des ressources créées ou naturelles mises à disposition de tous par le Créateur. Alors souhaitons aux habitants de Bouassa, aux Burkinabés et à tous les Africains un très joyeux Noël !

Nathanaël Bechdolff

Source : Bouassa

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