Quand nos enfants prennent soudainement conscience de l’échéance de la mort

Les parents ont toujours noté précieusement dans leurs carnets, et aujourd’hui sur leur mur Facebook, les bons mots de leurs bambins. Des paroles d’enfants, prononcés sans préméditation, qui jaillissent souvent dans le prosaïsme du quotidien et nous subjuguent. Là où l’adulte esquive, relativise, aménage.. Les enfants, eux, vont à l’évidence et à l’essentiel.

En tant que maman chrétienne de quatre enfants, j’ai eu le privilège, au fur et à mesure que leur foi grandissait et que leur compréhension s’affinait, d’entendre à la volée quelques pensées théologico-spirituelles qui ne m’avaient jamais effleurées mais qui valaient le détour ! Parfois pour développer avec eux des sujets graves et difficiles, il a fallu réfléchir beaucoup ! Mais finalement, répondre aux questionnements existentiels de nos enfants, s’avère être une formidable école pour entrer soi-même dans des compréhensions nouvelles.

Je me souviens notamment d’un dialogue avec mon petit dernier… Il venait de réaliser qu’il allait mourir un jour et cela l’épouvantait. Ce petit bonhomme de trois ans et demi s’est donc tourné vers moi, sa maman, certain que j’allais lui dire que non, bien sûr, cela ne lui arriverait jamais.

– “Maman c’est vrai que je vais être mort ?”
– “ … Oui c’est vrai qu’un jour cela arrivera.”
– “Mais je ne veux pas !!!”

Cri indigné, faisant écho à celui de tous les humains confrontés à l’absurdité de la mort… Et pendant toute la semaine il n’a cessé de m’abreuver avec beaucoup d’inquiétude de questions lancinantes :

“Quand est-ce-que je serai mort ? Est-ce-que je pourrai parler quand je serai mort ? Et est-ce-que je pourrai manger ?”

Quelle épreuve de parler de ces questions avec son petit bout !

Quelle épreuve de parler de ces questions avec son petit bout ! Je lui ai expliqué que l’être humain image de Dieu n’était pas fait pour mourir mais qu’une rupture profonde avec Dieu avait changé sa destinée. Je lui ai parlé de la vie éternelle offerte par Jésus qui avait montré le chemin, lui le fils de Dieu, en mourant comme nous. Et qu’ensuite il était ressuscité de la mort et que nous aussi, nous allions mourir un jour, puis ressusciter comme Jésus pour vivre de nouveau avec lui. Mais les questions continuaient. Jusqu’à cette dernière :

– “Est ce que quand je serai avec Jésus je pourrai encore mourir ?”
– “Non parce que sur la nouvelle terre avec Jésus il n’y aura plus de maladies, plus de vieillesse, plus d’accidents, plus de pleurs… Et on sera vivants pour toujours.”

C’est alors qu’un immense soulagement s’est dessiné sur son visage… Et les questions ont cessé. Que s’est-il passé dans son petit cœur d’enfant ? Qu’a t-il compris de si capital pour que l’idée de la mort ne le pétrifie plus comme elle semblait le pétrifier jusqu’ici ? Mystère ! Mais moi, sa maman, j’ai compris bien des choses à force de cogiter à toute vitesse pour lui donner les réponses les plus inspirées possibles et ne pas le traumatiser encore plus.

Les miraculés à l’époque où Jésus était sur la terre, ont tous fini par mourir un jour, même Lazare qui le pauvre est mort deux fois ! Quand un humain naît on ne peut prédire avec certitude qu’une seule chose : un jour il mourra. Voilà la tragédie humaine : au bout du chemin il y a la mort. Il y a de quoi traumatiser un petiot pour un peu qu’il le réalise !

L’homme sait qu’il va mourir mais il n’y croit pas

Et d’ailleurs je n’ai jamais compris pourquoi l’homme moderne n’était pas si hanté que cela par la certitude inéluctable de sa propre mort. L’homme sait qu’il va mourir mais il n’y croit pas. Puis j’ai pensé à ce verset maintes fois cités de Jean 3:16… Ce que Jésus nous a offert de plus fou en venant nous rejoindre dans notre condition, ce ne sont pas les miracles pourtant extraordinaires qu’il a fait (et fait toujours) pour améliorer la vie terrestre. Le plus grand prodige, la plus grande promesse c’est sa propre résurrection qui préfigure la nôtre.

La vie après la mort pour quiconque croit. La vie d’une qualité supérieure, pleine et entière dans la présence divine, une vie où la mort sera définitivement vaincue. Quelle puissance dans l’Espérance chrétienne : la mort n’est pas la fin, c’est le début.

Pourquoi certains d’entres nous partent si tôt ? Pourquoi certains chemins de vie sont ils si difficiles ? Pourquoi le mal semble si souvent triompher alors que Jésus-Christ a vaincu ? J’ai, comme chacun, bien des questionnements… Mais quand le fracas des souffrances terrestres nous donne le vertige et que la tentation de la révolte couve, ne doutons pas qu’il a vaincu ! Mort où est ton aiguillon ? Un jour oui nous mourrons mais nous ressusciterons d’entre les morts et l’Amour sera total. Alors nous verrons face à face et tout ce que nous avons entrevu partiellement ici-bas sera manifesté.

“Merci Seigneur Jésus parce que tu es ressuscité sur la mort. Tu es un grand Dieu parce que tu nous fais des câlins. Amen.”

Telle a été la prière de mon petit gars pour conclure cette période une peu troublée de sa si jeune existence. Quant à moi, heureuse de cette paisible conclusion et des compréhensions nouvelles entrevues, j’ai aussi pu dire amen et merci.

M.R.

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