Nouveau dimanche sanglant au Burkina Faso : un prêtre et cinq fidèles assassinés, leur église incendiée

« Ils sont venus à une vitesse infernale et quand ils sont arrivés, ils ont laissé tomber les motos et ils ont commencé à tirer. »

Il y a deux semaines, le pasteur, son fils et 4 autres fidèles étaient abattus pendant le culte, à l’église protestante de Silgadji. Cette semaine, c’est l’église catholique de Dablo qui a subi les assauts d’une trentaine d’hommes armés. Au Burkina Faso, les groupes armés prennent désormais pour cible les églises.

Il était 9 heures, la messe avait commencé, quand 17 motos sont arrivées devant l’église. Une trentaine d’hommes armés en sont descendus. Ils ont pénétré dans l’église et ont tiré en l’air, avant de menacer les fidèles. Ousmane Zongo, le maire de Dablo, racontait :

« Ils sont venus à une vitesse infernale et quand ils sont arrivés, ils ont laissé tomber les motos et ils ont commencé à tirer. »

Une source expliquait à RFI, que les fidèles avaient d’abord pensé à « une prise d’otages », expliquant que les assaillants avaient fait coucher le prêtre et 5 autres fidèles, avant de leur tirer dessus.

Ils ont ensuite fait sortir les autres fidèles, avant d’incendier l’église. Le maire rapporte à l’AFP les événements qui ont engendré un « climat de panique » :

« Ils ont incendié l’église, puis des boutiques et un maquis (petit restaurant ou bar) avant de se rendre au centre de santé où ils ont fouillé le local et incendié le véhicule de l’infirmier chef de poste. Dans la ville règne un climat de panique. Les gens sont terrés chez eux, aucune activité n’est fonctionnelle. Les boutiques et magasins sont fermés. C’est pratiquement une ville morte. »

Selon Ousmane Zongo, les assaillants voulaient la mort du prêtre :

« C’est la première fois que Dablo est attaquée. Mais on le pressentait parce que les communes voisines ont été attaquées. […] Ils sont arrivés à l’église. […] Ils ont dit ‘où est votre prêtre ? Lui, il faut qu’on le tue, il ne peut pas s’échapper.' »

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré condamne « énergiquement » cette attaque, la qualifiant d’ « inacceptable ». Il appelle à la « vigilance et au discernement face à ces attaques d’un genre nouveau » et affirme rester « debout » pour traquer « ces forces obscurantistes qui veulent mettre à mal notre vivre-ensemble et saper nos efforts de développement ».

M.C.

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